Roland-Garros - Puerta et Davydenko en demi-finales pour la première fois de leur carrière

Paris — Pas très glamour sur le papier, les deux derniers quarts de finale du simple messieurs du tournoi de Roland-Garros ont donné lieu hier à des affrontements au long cours dont sont sortis vainqueurs l'Argentin Mariano Puerta et le Russe Nykolay Davydenko.

Privés d'affiche, les spectateurs du court central en ont eu pour leur argent et, pendant près de sept heures, ont pu découvrir toutes les facettes du jeu sur terre battue.

Puerta et Davydenko, qui n'avaient encore jamais atteint le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem, seront opposés demain. L'autre demi-finale mettra aux prises les deux meilleurs joueurs du moment, le numéro un mondial suisse Roger Federer et l'Espagnol Rafael Nadal (no 4).

Dopage et ascenseur

En ouverture, Puerta, âgé de 26 ans, a offert à l'Argentine une représentation en demi-finale pour la troisième année consécutive en battant son compatriote Guillermo Canas, tête de série no 9, 6-2, 3-6, 1-6, 6-3, 6-4, au terme d'un combat de 3h35. Puerta n'avait jamais dépassé les huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem avant son séjour à Paris.

L'Argentin, 37e joueur mondial, dispute son premier tournoi du Grand Chelem depuis sa suspension de neuf mois pour dopage au mois d'octobre 2003. Il avait été contrôlé positif au Clenbuterol, une substance aux effets proches de ceux des stéroïdes anabolisants. Des médecins lui avaient prescrit ce produit pour soigner une crise d'asthme aiguë.

Quelques jours après sa suspension, Puerta, vainqueur de trois titres sur le circuit principal, frôlait la mort. Un soir en rentrant chez lui, il se retrouvait coincé dans l'ascenseur entre le 18e et le 19e étage de son immeuble. Puerta, véritable boule de muscles, réussissait à s'extraire de la cabine. Quelques secondes après, l'ascenseur lâchait et dévalait les 18 étages.

«J'ai eu vraiment peur», s'est-il souvenu hier. «Je traversais alors une période très difficile. C'était encore un truc de plus à supporter. Pendant longtemps, j'ai eu peur de prendre l'ascenseur. Maintenant, ça va mieux.»

Hier, sur la balle de match, le gaucher de Buenos Aires a remporté un échange de 14 coups du fond du court, après une dernière faute en coup droit de Canas. Le genre de points que les deux hommes ont multiplié tout au long de leur marathon.

Classé 440e mondial au mois d'août, Puerta s'est hissé à la 37e place du classement ATP après avoir travaillé son physique pendant six mois.

Dans le dernier set, l'ancien finaliste du tournoi junior de Roland-Garros, qui a réussi 58 coups gagnants mais a aussi commis 70 fautes directes, a fait le bris pour mener 3-2 et a ensuite conservé son avance. Canas a réussi deux coups droits croisés spectaculaires pour sauver deux balles de match avant de s'incliner.

Davydenko dans le Top 10

Davydenko, tête de série no 12, réalise lui aussi Porte d'Auteuil le meilleur tournoi de sa carrière. Face au mur Tommy Robredo (no 15), le tombeur de Marat Safin, le Russe de 23 ans a dû lutter pendant 3h18 avant de conclure, à sa quatrième balle de match, 3-6, 6-1, 6-2, 4-6, 6-4.

«Je suis très fatigué après ce match, a-t-il commenté. Je me sens très heureux, c'est la première fois que je me retrouve en demi-finale d'un Grand Chelem et la semaine prochaine, je serai dans le Top 10. C'est très important pour moi.»

Davydenko, qui fêtera son 24e anniversaire demain, s'est détaché dans le cinquième set en sortant un magnifique revers court croisé qui lui a permis de mener 4-3, puis a remonté un handicap de 0-30 dans le dernier jeu avant de s'imposer.

Davydenko, récent vainqueur du tournoi de Saint-Poelten, reste sur une série de dix victoires consécutives. En huitièmes de finale, il a créé l'une des sensations du tournoi en éliminant le finaliste de l'an passé, l'Argentin Guillermo Coria.