Prudence, dit le président des Expos

Les propriétaires et les joueurs des ligues majeures de baseball ont évité un neuvième conflit de travail en 30 ans à la toute dernière heure hier, mais qu'en est-il pour les supporteurs des Expos?

Beaucoup de questions demeureront sans réponse, pour encore quelques semaines à tout le moins.

D'ailleurs, le président de l'équipe, Tony Tavares, a invité les amateurs à la prudence.

«Je serais très prudent avant de trop me réjouir, a-t-il déclaré hier en conférence de presse. Nous ne connaissons pas encore tous les détails. Nous ne savons pas encore comment sera distribué l'argent dans le cadre du nouveau partage des revenus.»

«Il y a certes des obstacles ici. Les salaires augmenteront de façon significative. Ce sera une question de choix. Il s'agira de savoir quel marché pourra accepter de subir des pertes.»

Tavares a mentionné qu'il ne savait pas encore comment allait fonctionner l'arbitrage salarial au cours des prochaines années. Mais il s'attend à une hausse importante de l'assiette salariale des Expos, de toute façon.

«En gardant les mêmes joueurs, la même formation, nous devrons supporter des augmentations importantes, a dit Tavares. Vladimir Guerrero, Jose Vidro, Fernando Tatis sont sous contrat et auront de bonnes hausses de salaire l'an prochain. Nous avons neuf joueurs qui sont admissibles à l'arbitrage. En faisant un calcul rapide, je me dis que notre masse salariale augmentera de quelque 20 millions la saison prochaine.»

C'est donc dire qu'il faudra environ 60 millions en devises américaines pour faire fonctionner cette équipe la saison prochaine. C'est à se demander si, même avec les paiements de péréquation, il sera possible de garder cette équipe à Montréal.

«Il ne faut jamais oublier qu'une partie importante du problème réside dans le fait que la plupart des revenus des Expos sont en devises canadiennes et que les dépenses se font en devises américaines.»

Par ailleurs, Tavares, comme tous ceux qui sont impliqués dans le monde du baseball, se réjouissait qu'on en soit venu à une entente sans conflit.

«La grève de 1994 a fait mal. Je sais que celle-ci aurait fait très mal également. Au cours des derniers jours, nous avons vu les réactions des amateurs un peu partout. Nous avons vu les pancartes dans tous les stades, nous avons vu hier à Anaheim les amateurs relancer les fausses balles sur le terrain et lancer de la monnaie aux joueurs. Les amateurs ne l'auraient pas acceptée.»

Tavares a mentionné qu'il en saurait plus long, comme tous les autres dirigeants d'équipe la semaine prochaine.

«Le commissaire Bud Selig réunira tous les dirigeants en début de semaine, soit à New York, soit à Chicago pour nous faire part de tous les détails de l'entente. Nous en saurons alors beaucoup plus. Mais pour l'instant, il faut se réjouir du fait que nous pourrons terminer la saison.»

«Nous ne savons pas par exemple comment les revenus seront partagés. Dans le passé, ce sont les équipes les plus pauvres qui recevaient le plus d'argent. Ce fut notre cas. Mais cela ne veut pas dire que ce sera nécessairement le cas cette fois-ci.»

«Mais je suis par ailleurs fier de ce que nous avons réalisé ici cette saison. Nous avons présenté du bon baseball. Nous avions la palette de prix les plus bas du baseball et ce fut un défi.»

Claude Delorme, vice-président aux opérations, se disait par ailleurs fier du fait que les Expos aient bien performé.

«Nous avons déjà attiré plus de spectateurs que la saison dernière. Nous pourrons compléter la saison et présenter les 17 derniers matchs locaux. Pour ce qui est du reste, tous les scénarios sont encore possibles. Il faudra attendre quelques jours encore.»

Pour ce qui est de l'avenir des dirigeants, Tavares a été très clair.

«Je sais que Frank Robinson a une offre sur la table pour retourner au bureau du commissaire. Quant à Omar Minaya, il devrait toujours être directeur général de cette équipe puisqu'elle ne devrait pas être dissoute. Pour ce qui est de moi, je n'ai pas reçu d'offre et je n'y ai pas pensé non plus. Je suis un mauvais perdant. Je m'attarde à ce qui se passe au présent.»