Les mascottes des Jeux de Paris sont… des bonnets phrygiens

Le comité organisateur a choisi de miser sur un symbole qui représente « un idéal ». Il a précisé avoir choisi le bonnet phrygien « comme allégorie de la liberté ».
Franck Fife Agence France-Presse Le comité organisateur a choisi de miser sur un symbole qui représente « un idéal ». Il a précisé avoir choisi le bonnet phrygien « comme allégorie de la liberté ».

Les Jeux olympiques (JO) de Paris 2024 ont dévoilé lundi leurs mascottes : deux bonnets phrygiens dénommés Phryges, un symbole républicain par excellence, pour incarner la peluche emblème de l’édition olympique française.

Ces peluches de couleur rouge ont été présentées officiellement lundi et arriveront cette semaine dans la boutique officielle des produits dérivés qui ouvre ses portes le même jour dans le quartier des Halles au coeur de Paris.

 

Ces peluches sont fabriquées en Chine pour la quasi-totalité, « comme la très grande majorité des peluches vendues en France », soulignent les organisateurs des JO de Paris.

Le marché a été confié aux entreprises françaises Gipsy et Doudou et Compagnie, qui se le partagent respectivement à 60 % et 40 %. Doudou et Compagnie prévoit de produire 15 % de son quota dans son usine à La Guerche-de-Bretagne, qui s’agrandira pour l’occasion.

Pour cette partie de la production française, le rembourrage, l’assemblage et la couture seront réalisés en Bretagne, mais les matières premières et les préparations des pièces détachées viendront de Chine. Au total 8 % des peluches devraient être fabriquées en France, a précisé le comité d’organisation des JO (COJO) au cours de la conférence de presse lundi.

Le COJO table sur deux millions d’exemplaires vendus, a indiqué le patron de l’organisation, Tony Estanguet. Financièrement, cela représente « entre 20 et 25 % » des revenus des produits sous licence, dont elles seront l’élément phare.

Au total, les revenus de merchandising sont censés rapporter 127 millions d’euros, selon les chiffres du budget 2021 du COJO. Une révision budgétaire doit intervenir d’ici fin décembre pour trouver des économies, le budget global du COJO étant touché par l’inflation.

« L’esprit français »

Outre la boutique en ligne officielle et celle des Halles, les mascottes seront vendues dans les hypermarchés de Carrefour, qui est un des commanditaires des JO, mais aussi dans les magasins de jouets spécialisés.

 

Les Phryges des Jeux olympiques portent des chaussures de sport. La mascotte se décline aussi en version paralympique, avec une des deux jambes constituée d’une lame, prothèse caractéristique de certains athlètes paralympiques. D’après les chiffres donnés par le comité d’organisation, 65 % des mascottes sont des figures animales et, quand c’est le cas, ce sont majoritairement des ours.

« C’est un jour spécial pour Paris-2024, c’est toujours un temps fort de la vie d’un comité olympique et paralympique », a affirmé Tony Estanguet.

Le bonnet phrygien est « connu dans le monde entier » et il est présent « dans l’art, dans les mairies, sur les timbres… », a-t-il ajouté. « Phrygian cap is a symbol of liberty » (le bonnet phrygien est un symbole de liberté), a expliqué Tony Estanguet aux télévisions internationales qui se pressaient dans le hall du siège du COJO à Saint-Denis.

Point d’animal cette fois, comme le panda, qui avait fait un tabac aux derniers JO d’hiver de Pékin. « On a eu envie de se démarquer et de ne pas choisir un animal, mais un idéal », a souligné Tony Estanguet.

En choisissant le bonnet phrygien qui coiffe Marianne, le comité d’organisation a une nouvelle fois enfourché la rhétorique républicaine et révolutionnaire, comme il l’avait fait pour le tracé du marathon qui emprunte le trajet de la marche des femmes du 5 octobre 1789.

« On veut que ces mascottes incarnent l’esprit français », explique le comité d’organisation. Ses yeux sont bleus et, de l’un d’eux, partent deux rubans aux couleurs du drapeau français façon cocarde.

Ces derniers mois, les organisateurs ont expliqué qu’ils avaient consulté des historiens pour le « récit qu’ils construisent » autour des JO, également en vue de la cérémonie d’ouverture inédite sur la Seine sur laquelle le comité mise beaucoup. C’est ainsi qu’on peut voir défiler à toute vitesse dans leur dernier clip, sur le slogan des JO (« Ouvrons grand les Jeux »), l’histoire du XXe siècle cette fois-ci : Simone Veil à la tribune de l’Assemblée ou encore aussi des étudiants lançant des pavés en mai 68, images glissées entre deux exploits sportifs.

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