Dans la mire des Alouettes, les Tiger-Cats avant les honneurs individuels

Trevor Harris a été récompensé pour son mois d'octobre spectaculaire: 88 passes complétées en 115 tentatives.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Trevor Harris a été récompensé pour son mois d'octobre spectaculaire: 88 passes complétées en 115 tentatives.

Le quart Trevor Harris a été nommé joueur du mois d’octobre dans la Ligue canadienne de football, mercredi ; le receveur de passes Eugene Lewis et le demi défensif Najee Murray ont été élus au sein de l’équipe d’étoiles de la section Est ; 24 heures auparavant, Lewis, Tyson Philpot et Chandler Worthy avaient été sélectionnés finalistes aux différents prix du circuit Ambrosie. Mais tous ces porte-couleurs des Alouettes de Montréal préféraient parler, mercredi après-midi, d’une éventuelle victoire contre les Tiger-Cats de Hamilton en demi-finale de l’Est que d’honneurs individuels.

« Je suis heureux de me retrouver finaliste, mais j’aimerais encore mieux que l’équipe connaisse du succès sur le terrain », a noté Philpot, recrue par excellence dans l’Est, après l’entraînement de l’équipe.

Et le succès passe par les victoires en novembre. Lewis, dont le contrat viendra à échéance une fois la saison terminée, aimerait bien remporter un premier match éliminatoire avec les Alouettes.

« Je ne sais pas pourquoi nous n’avons pas pu franchir un tour éliminatoire depuis que je suis ici. L’exécution et le manque de finition, peut-être », a-t-il avancé aux abords du terrain du stade Percival-Molson, tout en précisant qu’il avait convenu avec le directeur général Danny Maciocia d’attendre la fin de la saison avant de négocier une éventuelle prolongation de contrat.

Les Alouettes se sont inclinées au premier tour en 2019 (contre les Eskimos d’Edmonton), et l’an dernier, face aux Tiger-Cats, mais à Hamilton. Harris est d’avis que de jouer à la maison a un réel impact dans un match éliminatoire.

« Il y a une raison pour laquelle les équipes luttent pour obtenir l’avantage du terrain et même lors du dernier match de la saison, des partants se retrouvent sur le terrain pendant toute la rencontre, a noté Harris. C’est pour dormir dans son lit et s’entraîner dans le stade où sera jouée la partie. Je sais que le “Nid” sera survolté dimanche. »

Harris a été récompensé pour son mois d’octobre spectaculaire : 88 passes complétées en 115 tentatives (76,5 %), 1172 verges de gains et cinq passes de touché. Il a ainsi franchi le cap des 4000 verges de gains par la passe cette saison, devenant ainsi seulement le troisième quart de l’histoire des Alouettes à atteindre cette marque, après Sam Etcheverry et Anthony Calvillo.

Son brio a aidé les Alouettes à gagner deux matchs tard dans la campagne et à ainsi consolider leur deuxième place dans la section Est. Le no 7 croit que l’attaque montréalaise arrive à maturité au bon moment.

« On semble avoir atteint notre vitesse de croisière. On veut jouer notre meilleur football en fin de saison : nous avons terminé l’année 7-3. On aurait préféré 10-0, alors ce n’était pas assez bon à notre goût. Mais comme je le dis souvent : c’est du football professionnel, et nos adversaires sont aussi payés pour nous battre. »

Dans l’esprit de Maciocia, Harris se trouve dans de bonnes dispositions, mentalement et physiquement.

« On regarde aussi son leadership sur le terrain et tout ce qu’il nous offre à l’extérieur du terrain […], c’est tout un meneur pour nous. Les joueurs aiment jouer avec lui. Où il en est dans sa carrière, avec la saison qu’il vient de connaître […] je suis convaincu qu’il va “livrer la marchandise” dans les prochains matchs. »

Seulement deux ?

Si on prend les honneurs individuels avec un grain de sel, les Alouettes se demandaient tout de même pourquoi seulement deux joueurs de leur formation ont été élus au sein de l’équipe d’étoiles dans l’Est. Un total qui semble aberrant compte tenu du fait que l’équipe a terminé au deuxième rang dans l’Est et que trois de ses joueurs sont finalistes à un titre de joueur par excellence.

Pourtant, ce sont les mêmes personnes — les membres de l’Association des chroniqueurs de football du Canada ainsi que les entraîneurs-chefs des équipes de la LCF — qui votent pour ces honneurs individuels.

« C’est complètement fou. Il faut parfois en prendre et en laisser avec ces récompenses, a déclaré Lewis. Il y a plusieurs gars qui le méritent qui sont snobés. […] Je pense que c’est particulier que nous n’ayons que deux joueurs au sein de cette équipe d’étoiles. Pourtant, les gens qui votent pour ces équipes sont les mêmes qui votent pour les joueurs par excellence. »

Maciocia a quant à lui pris bien soin de peser ses mots.

« J’ai une opinion là-dessus… Voici ce que je vais vous dire : nous aimerions gagner le trophée pour lequel personne ne vote. »

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