Le propriétaire des Suns de Phoenix suspendu un an pour racisme et misogynie

Selon un rapport, Robert Sarver a notamment prononcé au moins cinq fois le « mot en n » et dit à une de ses employées enceinte qu’elle ne pourrait plus faire son travail correctement si elle devenait mère.
Ross D. Franklin Archives The Associated Press Selon un rapport, Robert Sarver a notamment prononcé au moins cinq fois le « mot en n » et dit à une de ses employées enceinte qu’elle ne pourrait plus faire son travail correctement si elle devenait mère.

La NBA a annoncé mardi avoir suspendu un an le propriétaire des Suns de Phoenix, Robert Sarver, et lui avoir infligé une amende de dix millions de dollars pour comportements racistes et misogynes.

Il ne peut plus diriger de franchise et il lui est interdit d’assister à des rencontres, comme de fréquenter les installations des équipes de la NBA et de la WNBA.

Une enquête indépendante mandatée par la NBA a permis de prouver que M. Sarver avait « clairement enfreint » les règles de bonne conduite du monde professionnel mais aussi de la ligue, a annoncé cette dernière.

Il lui est reproché d’avoir traité ses employées de manière inéquitable, utilisé des « mots ne tenant pas compte des sensibilités raciales », un langage sexuellement connoté et d’avoir eu une attitude relevant du harcèlement.

Selon le rapport, Robert Sarver a notamment prononcé au moins cinq fois « le mot en n » et dit à une de ses employées enceinte qu’elle ne pourrait plus faire son travail correctement si elle devenait mère.

« Je suis désolé d’avoir causé du mal et ces erreurs de jugement ne correspondent pas à ma philosophie ni à mes valeurs », a réagi l’homme d’affaires, qui s’est toutefois dit « en désaccord avec certains éléments » exposés par la NBA.

Le propriétaire des Suns, mais aussi du Mercury, franchise de la ligue féminine WNBA, était sous le coup d’une enquête depuis la publication en novembre d’un article d’ESPN mettant en lumière, à travers les témoignages de plus de 70 employés des Suns, son comportement inapproprié.

Les dix millions dollars d’amende demandés à M. Sarver, qui représentent par ailleurs la sanction financière maximale autorisée par le code de la NBA, seront reversés à des organisations luttant contre les discriminations de « race et de genre », précise la ligue.

Son patron, Adam Silver, a qualifié les révélations sur le comportement de M. Sarver « troublantes et décevantes ».

Robert Sarver échappe à l’excommunication de la ligue américaine, infligée par exemple en 2014 à l’ancien propriétaire des Clippers de Los Angeles, Donald Sterling, qui avait été banni à vie pour avoir tenu des propos racistes lors d’une conversation privée enregistrée.

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