Greenpeace s'offusque du logo de la RBC sur la Sainte-Fanelle

Les joueurs du Canadien porteront un chandail floqué du logo de la RBC à domicile.
Site officiel du Canadien de Montréal Les joueurs du Canadien porteront un chandail floqué du logo de la RBC à domicile.

Les Canadiens de Montréal et la RBC-Banque Royale ont annoncé lundi matin une entente de partenariat selon laquelle le logo de RBC figurera, dès la prochaine saison, sur les chandails des joueurs du Canadien portés à domicile, au Centre Bell.

« Nous sommes très fiers de nous associer à une marque aussi emblématique que RBC », a indiqué France Margaret Bélanger, présidente de la division sports et divertissement du Groupe CH, dans un communiqué.

Cette décision ne trouve pas le même écho chez Greenpeace Québec, qui la qualifie de honteuse. « C’est la pire banque canadienne, celle qui contribue le plus au changement climatique », s’est insurgé le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, en entrevue avec La Presse canadienne.

« On interpelle les fans qui comptent s’acheter un chandail et on leur demande de peinturer en noir le logo de la RBC, parce que c’est ce que fait cette entreprise, elle est en train de souiller littéralement la Sainte-Flanelle », a ajouté Patrick Bonin.

Parmi les plus grandes banques du monde, la Banque Royale du Canada est en cinquième position sur le plan des investissements dans les énergies fossiles, avec 160 milliards de dollars entre 2016 et 2020, selon le rapport Banking on Climate Chaos, publié par un consortium de groupes écologistes au printemps dernier.

Au Canada, la RBC figure en tête de liste du financement accordé à ce secteur, et elle a pratiquement doublé son aide à cette industrie de 2020 à 2021, qui est passée de 19 à 39 milliards, selon les données de Banking on Climate Chaos.

Paradoxalement, la même année qu’elle doublait son aide aux énergies fossiles, la RBC annonçait aussi son engagement à modifier son portefeuille de prêts et d’investissements en vue d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Le CH prétend être « vert »

Sur son site Internet, le CH se targue pourtant d’avoir lancé le programme « Vert le but ! », un projet « ambitieux et vaste ayant pour but de positionner le club comme chef de file en matière de gestion environnementale à travers le sport professionnel ».

Le club de hockey affirme vouloir « réduire son empreinte écologique en [soutenant] le virage écologique et le renouvellement de ses ressources en plus d’encourager son vaste bassin de partisans à suivre le pas ».

Parmi les actions entreprises par l’équipe dans le cadre de ce programme, selon son site Internet, « 95 % des ustensiles, verres et assiettes remis au Centre Bell sont biodégradables », et « des communications durant les matchs encourag [ent] les partisans à se déplacer en transport collectif ».

Ces « petits gestes » pour « [soutenir] le virage écologique » sont incompatibles avec la promotion de la RBC, selon Greenpeace.

« Ils [les dirigeants] veulent être verts, mais ils donnent une exposition incroyable à la pire des banques. C’est de toute évidence un problème de cohérence de la part du CH et aussi de crédibilité », a précisé Patrick Bonin, en ajoutant que cette décision aura un impact négatif chez des partisans, « particulièrement chez les jeunes, qui estiment que les banques doivent cesser de financer les énergies fossiles ​[…] il y a plusieurs jeunes qui seront déçus aujourd’hui ».

Greenpeace fait également un lien entre cette association commerciale et l’impact des changements climatiques sur les patinoires extérieures.

« La RBC, dans les faits, elle est probablement le plus gros risque au hockey extérieur au Canada en contribuant au changement climatique, alors que le Canadien est rendu à financer des patinoires réfrigérées en hiver, chose qu’on n’aurait jamais imaginée il y a quelques années, et, d’un autre côté, il fait exactement le contraire en soutenant la pire des banques. »

La Presse canadienne a tenté d’obtenir une entrevue avec un porte-parole de l’organisation, mais, lundi après-midi, l’agence de presse était toujours en attente d’une réponse.

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