Nadal déjà éliminé aux Internationaux de tennis des États-Unis

L’Espagnol de 36 ans devra lui attendre pour porter à 23 son record de titres de Grand Chelem.
Julia Nikhinson Associated Press L’Espagnol de 36 ans devra lui attendre pour porter à 23 son record de titres de Grand Chelem.

Rafael Nadal, 3e joueur mondial et quadruple vainqueur de l’épreuve, a été éliminé dès les 8e de finale des Internationaux des États-Unis, battu 6-4, 4-6, 6-4, 6-3 par l’Américain Frances Tiafoe (26e), lundi à New York.

Le joueur de 24 ans, qui atteint pour la première fois ce stade à Flushing Meadows, tentera de faire encore mieux contre le Russe Andrey Rublev (11e).

L’Espagnol de 36 ans devra lui attendre pour porter à 23 son record de titres de Grand Chelem. Il avait remporté au premier semestre des Internationaux d’Australie et Roland-Garros, avant de déclarer forfait avant sa demi-finale à Wimbledon contre Nick Kyrgios, en raison d’une déchirure abdominale.

Contraint de s’éloigner des courts pendant six semaines — ce qui n’a pas favorisé sa préparation sur dur, puisqu’il a été sorti dès son entrée en lice à Cincinnati par le revenant Borna Coric.

Difficile à dire, car rien dans son langage corporel n’a trahi de signe de souffrance.

Pour autant, Nadal n’est jamais apparu dans son assiette dans ce match, moins mobile que d’habitude, moins enclin aussi à se battre sur toutes les balles comme il ne manque pourtant presque jamais de le faire. Et son passage au vestiaire, durant pas moins de neuf minutes, une éternité, après la perte du premier set, a aussi suscité des interrogations.

Quelque peu évaporées dans la seconde manche, puisqu’il l’a remportée en retrouvant un peu de solidité dans son jeu, certes aidé dans sa conclusion par une double-faute de Tiafoe.

« Je n’y crois pas »

Pas de quoi faire douter cependant l’Américain, qui a redoublé d’agressivité dans le troisième set. Il a continué de pratiquer un tennis de rêve par instants, tout lui réussissant, de l’attaque de revers long de ligne à l’amorti croisée, qui ont mystifié Nadal, quand ce n’était pas ses coups droits en contre flirtant avec la ligne, presque toujours du bon côté.

Sous les yeux de l’acteur et réalisateur Ben Stiller, célébrité au milieu de quelque 23 800 spectateurs à la fois emballés et stupéfaits par le scénario, Nadal s’est ressaisi à l’entame de la quatrième manche, en breakant le premier pour s’échapper 3-1. Il a serré le poing y allant d’un « Vamos ! » de circonstance.

Mais Tiafoe a serré les dents et a répondu en champion — qu’il n’est certes pas encore, son meilleur parcours en Majeur s’étant arrêté en quarts à Melbourne en 2019 —, assénant parpaings sur parpaings, presque tous dedans, qui ont fini d’écoeurer Nadal une nouvelle et dernière fois poussé à la faute, pour s’incliner sur la deuxième balle de match de son rival au bout de 3 h 30.

Presque KO de joie, réalisant à peine la mesure de son exploit, certainement un des plus beaux de sa carrière, Tiafoe peinait à réprimer des larmes.

« Je ne sais pas quoi dire, je n’y crois pas… J’ai joué un tennis incroyable, je ne sais pas ce qui s’est passé », confiait-il à chaud, sur un nuage.

À voir en vidéo