L’équipe de hockey féminin de Montréal sera la Force

Les hockeyeuses Samantha Isbell, Brigitte Laganière, et Jade Downie-Landry ont dévoilé le chandail de la nouvelle équipe féminine professionnelle de hockey, la Force, qui sera basée à Montréal.
Premier Hockey Federation (Faceb Les hockeyeuses Samantha Isbell, Brigitte Laganière, et Jade Downie-Landry ont dévoilé le chandail de la nouvelle équipe féminine professionnelle de hockey, la Force, qui sera basée à Montréal.

Le Québec en entier aura une Force féminine sur la glace cet hiver.

La Premier Hockey Federation (PHF) a dévoilé, mardi, à Montréal, le nom, le logo et le chandail de la nouvelle équipe féminine professionnelle de hockey, la Force, qui sera basée à Montréal, mais dont les matchs seront joués dans de nombreuses villes de la province.

Pour sa saison inaugurale, la Force jouera ses matchs à domicile à travers la province. Ainsi, Montréal, Gatineau, Québec, Rimouski, Rivière-du-Loup, Saint-Jérôme et Sept-Îles accueilleront chacune deux matchs, selon un calendrier qui sera dévoilé en septembre.

« Oui, on va voyager beaucoup, mais ce sont des sacrifices qu’on est prêtes à faire pour faire découvrir le sport féminin, le hockey professionnel », a déclaré l’attaquante Anne-Sophie Bettez.

Elle-même originaire de Sept-Îles, elle s’est réjouie de cette itinérance volontaire : « Les gens des régions n’ont pas nécessairement les moyens ou l’opportunité de venir à Montréal, pour venir voir du hockey professionnel », a-t-elle fait valoir, se disant heureuse « de pouvoir se rendre dans ces régions-là et de faire découvrir ce sport qui est extraordinaire ».

La Force devient ainsi la deuxième équipe canadienne après le Toronto Six.

 

Fleur de lys

Le logo risque de marquer l’imaginaire, puisqu’il s’agit de la lettre F dans laquelle est incrustée une fleur de lys. La couleur principale de l’équipe est le marron, qui rappelle l’équipe historique des Maroons de Montréal.

Le président de l’équipe, Kevin Raphaël, a ainsi expliqué le choix du nom : « On ne voulait pas être un animal, on n’est pas des pandas ! »

« Une force c’est intérieur, c’est aussi extérieur. On veut être une force sur la patinoire et aussi dans la communauté », a-t-il affirmé.

La Force sera basée à Montréal, plus précisément à Verdun au Centre 21.02, le centre de hockey de haute performance pour les athlètes féminines dirigé par l’ex-entraîneuse de l’équipe canadienne, Danièle Sauvageau.

Celle-ci a insisté sur la nécessité d’avoir un circuit comme celui mis sur pied par la PHF pour faire le pont entre le hockey universitaire féminin et l’équipe nationale du Canada : « C’est comme d’avoir la Ligue junior majeure du Québec et la Ligue nationale et rien entre les deux », a-t-elle imagé.

« Plus jamais au Québec un cas comme Anne-Sophie Bettez ne doit se reproduire », a-t-elle lancé, rappelant que l’attaquante n’avait trouvé sa place au sein de l’équipe canadienne qu’à l’âge de 31 ans, sans autre possibilité de jouer à un niveau aussi élevé entre-temps.

Bettez elle-même a bien illustré ce qu’était le sort des joueuses : « J’étais tannée de jouer professionnellement bénévolement. Pour la première fois, on a signé des contrats professionnels. »

Jusqu’ici, 16 joueuses ont signé des contrats avec l’équipe, soit les attaquantes Ann-Sophie Bettez, Kim Deschênes, Jade Downie-Landry, Catherine Dubois, Alyssa Holmes, Samantha Isbell, Alexandra Labelle, Sarah Lefort, Kristina Shanahan et Brooke Stacey, les défenseuses Catherine Daoust, Christine Deaudelin, Kaity Howarth et Brigitte Laganière, ainsi que les gardiennes Tricia Deguire et Marie-Soleil Deschênes. Le reste de la formation et les entraîneurs ne sont pas encore connus.

ESPN détient les droits de diffusion de la ligue pour deux ans aux États-Unis et des droits internationaux pour les parties qui incluent TSN au Canada. La couverture en français du PHF et de la Force doit être annoncée avant le début de la saison.

 

La ligue PHF est composée de la Boston Pride, des Buffalo Beauts, du Connecticut Whale, des Metropolitan Riveters, des Minnesota Whitecaps, de la Force de Montréal et des Toronto Six qui concourent tous chaque année pour la Coupe Isobel.

Un milieu divisé

 

Le milieu du hockey professionnel féminin demeure toutefois profondément divisé, alors que l’Association des joueuses de hockey professionnelles (PWHPA) regroupe toujours la majorité des étoiles canadiennes et américaines. Elle continue de travailler sur un projet de ligue avec des appuis possibles de Billie Jean King et Mark Walter, copropriétaire des Dodgers de Los Angeles.

Le hockey féminin est toujours à la recherche d’une ligue financièrement profitable à long terme pour mettre en vedette ses grandes étoiles en tant que véritables professionnelles.

Une tentative d’unification des deux projets — encouragée par la LNH — a échoué plus tôt cette année.

Le Championnat du monde de hockey féminin se déroule présentement au Danemark et 34 joueuses de la PWHPA y participent — 21 avec le Canada, 13 avec les États-Unis. Seulement sept membres de la PHF y participent avec la Finlande, la Suisse, la République tchèque et la Hongrie.

La PWHPA compte sur les plus grands noms nord-américains du hockey féminin — dont les médaillées d’or olympiques Kendall Coyne Schofield, Hilary Knight, Amanda Kessel, Marie-Philip Poulin, Sarah Nurse et Brianne Jenner.

Kevin Raphaël n’a d’ailleurs pas hésité à remercier les joueuses d’accepter de se lancer dans cette aventure de la PHF : « Je sais que ça n’a pas été facile pour aucune des joueuses. Ce sont de grosses décisions. Oui, il y a des discussions, des fois des chicanes, mais à la fin de la journée, c’est du hockey et c’est ça qu’on va faire ensemble cette année. On va jouer au hockey. »

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