La joueuse de tennis russe la mieux classée au monde dévoile son homosexualité

Lors d’une entrevue, la joueuse de tennis Daria Kasatkina a dévoilé être en couple avec une femme.
Jean-Francois Badias Associated Press Lors d’une entrevue, la joueuse de tennis Daria Kasatkina a dévoilé être en couple avec une femme.

Dans un contexte où l’homosexualité est durement réprimée en Russie, la douzième raquette mondiale et joueuse russe la mieux classée au monde, Daria Kasatkina, a dévoilé être en couple avec une femme.

Dans une entrevue avec le youtubeur Vitia Kravtchenko réalisée en Espagne, elle a révélé l’existence de son couple : « C’est difficile et cela ne sert à rien de rester longtemps au placard. Tu auras des noeuds au cerveau tant que tu ne le diras pas. Après, c’est clair que chacun doit choisir comment il veut s’ouvrir et jusqu’à quel point. Le plus important, c’est d’être bien avec soi-même. »

Elle a également dit regretter que ce sujet soit « interdit » en Russie. « Il y a des sujets encore plus importants qui sont interdits, donc cela n’a rien d’étonnant », a-t-elle remarqué. La joueuse a aussi soutenu que « choisir d’être homosexuelle » rend la vie plus difficile, « en particulier en Russie ».

Quelques heures après la diffusion de la vidéo, la joueuse a publié une photo sur son compte Instagram en compagnie de sa copine, la patineuse artistique russo-estonienne Natalia Zabiiako. Cette dernière a représenté la Russie aux Jeux olympiques d’hiver de 2018 dans la catégorie des couples.
 


Sur son compte Twitter, l’amoureuse de la joueuse de tennis y est allée d’un commentaire subversif pour accompagner une photo d’elle en compagnie de sa douce moitié. « Maman, je suis une criminelle », a-t-elle écrit.


Les droits des membres de la communauté LGBTQ+ sont mis à mal depuis plusieurs années en Russie. Une loi controversée à teneur homophobe a notamment été adoptée par le parlement russe en 2013. Elle interdit la « propagande » homosexuelle — souvent, le seul fait d’aborder l’homosexualité — auprès de personnes mineures.

L’homosexualité a d’ailleurs été considérée comme un crime en Russie jusqu’en 1993 et comme une maladie mentale jusqu’en 1999. Le mariage homosexuel y est pour sa part interdit depuis des modifications apportées à la Constitution en 2020.

Selon l’Agence France-Presse, des députés russes ont proposé lundi un nouveau projet de loi qui doit interdire la diffusion d’informations « sur les relations sexuelles non traditionnelles » auprès de tout type de public.

Avec l’Agence France-Presse

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