Les Alouettes sont-elles aussi bonnes qu’elles croient l’être?

Bien des joueurs des Alouettes cherchaient à comprendre comment les Alouettes ont pu laisser filer cette rencontre.
Photo: Nick Iwanyshyn La Presse canadienne Bien des joueurs des Alouettes cherchaient à comprendre comment les Alouettes ont pu laisser filer cette rencontre.

Depuis le début du camp, le message est clair chez les Alouettes de Montréal : la direction estime avoir les éléments pour faire un long bout de chemin. Le directeur Danny Maciocia a même congédié son entraîneur-chef Khari Jones et son coordonnateur en défense Barron Miles la semaine dernière car il estimait que l’équipe n’offrait pas les performances escomptées.

Mais après avoir laissé filer une avance de 19 points au troisième quart pour s’incliner 32-31 devant les Elks d’Edmonton, que plusieurs considéraient la pire équipe de la LCF avant cette rencontre, une question s’impose : les Alouettes (1-4) sont-elles l’équipe qu’elles prétendent être ?

« Je ne crois pas que notre personnel ne soit pas aussi bon qu’on le croit, a affirmé Danny Maciocia, qui devra patienter avant de savourer sa première victoire comme entraîneur-chef intérimaire. Notre personnel doit trouver une façon de ne pas gaspiller une avance de 19 points cependant. On veut jouer rapidement, de façon disciplinée et intelligente. Nous n’avons pas été intelligents (jeudi). »

Maciocia faisait notamment référence aux revirements (trois) et aux nombreuses pénalités dont ont écopé les Alouettes dans ce match : 13 pour 193 verges, dont trois pour 108 verges sur des obstructions contre la passe imposées à Wesley Sutton.

« Ce ne sont pas des punitions de rudesse, mais ça reste que ce sont des punitions », a laissé tomber Maciocia.

Bien des joueurs des Alouettes cherchaient à comprendre comment les Alouettes ont pu laisser filer cette rencontre.

« C’est le pire des sentiments. Nous avions le vent dans les voiles puis, pfft ! Juste à la fin, tout foutre en l’air comme ça, a commenté le plaqueur Almondo Sewell. On ne peut pas faire ça. On doit se retrousser les manches et trouver une façon que ça n’arrive plus. »

« C’est frustrant de se retrouver dans cette bonne position et de se tirer dans le pied encore une fois, a pour sa part indiqué le quart Trevor Harris, victime de deux interceptions dans ce match. Les pénalités et les revirements : c’est ce qui nous a coûté le match encore une fois.

« Je crois que ce soir, on a manqué d’instinct du tueur. Aucune avance n’est assez élevée, c’est cliché, mais vous l’avez vu ce soir. On doit marquer des touchés ; ils ont marqué 20 points et nous n’en avons marqué aucun. »

Le match semblait pourtant bouclé : en avance par 19 points, les Alouettes avaient programmé un jeu truqué sur un botté d’envoi qui a fonctionné, le botté court se retrouvant dans les mains du botteur David Côté.

« On se retrouve hors-jeu et on est victime d’un revirement sur le jeu suivant, a noté Maciocia. À ce point-là, je ne pense pas qu’on a été capable de récupérer ce match. Quand tu mènes par 19 points, il faut trouver une façon de finir le match. »

Son équipe est-elle trop faible mentalement ?

« Je ne sais pas si elle plus fragile, c’est une bonne question, a admis Maciocia. Je ne pense pas qu’elle soit fragile, mais je pense que parfois, les joueurs prennent les choses pour acquis. Ça, on va s’occuper de ça cette semaine. Quand je parle de jouer avec une certaine intelligence, malheureusement, ce n’était pas le cas (jeudi).

« Peut-être qu’il faut aller chercher cette force mentale. On avait bien joué, mis à part la première série du match. Il faut être capable de finir ces matchs. On sort fort au troisième quart — notre problème depuis le début de la saison — on réussit un jeu truqué sur le botté et on n’est pas capable de capitaliser. C’est ça qui me fatigue. »

Avec une fiche de 1-4 et 13 matchs encore à disputer, les Alouettes peuvent-elles faire tourner le vent ?

« C’est encore tôt, a souligné Harris. J’ai vu des équipes, comme les Lions en 2011, partir à 0-5 et gagner. De l’autre côté, en 2017 à Ottawa, nous avons commencé la saison à 6-1 et avons terminé à 8-9-1. Il peut se passer encore bien des choses, il suffit de s’améliorer tous les jours dans cette adversité. »

« Nous allons voir de quel bois on se chauffe, a pour sa part imagé Maciocia. On va être de retour au travail dimanche et nous allons obtenir quelques réponses. Défensivement, nous avons réinventé notre façon de jouer en cinq ou six jours. Espérons que nous deviendrons meilleurs. Offensivement, on doit protéger le ballon, on ne peut pas donner le ballon comme ça. »

Seul point positif : alors qu’elles étaient incapables de produire de la ligne de 20 adverse, les Alouettes ont inscrit quatre touchés et un placement en pareilles situations face aux Elks (2-4).

« Je pense que notre jeu dans la zone payante, c’est quelque chose de positif sur lequel on peut bâtir, a dit Maciocia. Par contre, on avait des opportunités d’aller chercher plus de points, mais on a lancé des interceptions, ce qu’on ne peut pas se permettre. »

« Nous avons marqué 31 points, je pense que ce n’est pas si mal, même si vous ne pouvez vous contenter de cela, a ajouté Harris. Je crois cette attaque capable de jouer à deux ou trois niveaux de plus et vraiment dominer pendant 60 minutes, mais ça prend la bonne mentalité pour cela. Nous devons nous assurer de l’avoir, pas seulement lors des matchs, mais dans les entraînements, les réunions. Vous allez toujours jouer comme vous vous entraînez. »

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