Tous contre Pogačar

Le Slovène Primoz Roglic, à droite, et le Danois Jonas Vinegaard, deuxième à droite, ainsi que d’autres coureurs de l’équipe Jumbo Visma lors de la présentation de l’équipe mercredi, à Copenhague
Daniel Cole Associated Press Le Slovène Primoz Roglic, à droite, et le Danois Jonas Vinegaard, deuxième à droite, ainsi que d’autres coureurs de l’équipe Jumbo Visma lors de la présentation de l’équipe mercredi, à Copenhague

C’est le temps des déclarations d’intentions et des premières apparitions : à deux jours du grand départ du Tour, la concurrence s’imagine avoir la peau de Pogačar, attendu comme un prince pour la présentation des équipes, mercredi, dans les Jardins de Tivoli bondés.

« Nous pensons que nous pouvons le battre », a fait savoir mercredi l’autre Slovène, Primoz Roglic. « Nous espérons que nous pourrons défier [Tadej] Pogačar », a rajouté le Danois Jonas Vingegaard.

Jumbo compte sur ses duettistes, respectivement deuxièmes des éditions 2020 (Roglic) et 2021 (Vingegaard), pour détrôner le double vainqueur, qui n’a jamais été aussi impressionnant.

En plus des courses à étapes — victoires dans l’UAE Tour et Tirreno-Adriatico —, « Pogi » a brillé aussi dans les classiques cette année en écrasant les Strade Bianche et en signant deux places parmi les cinq premiers dans des monuments (5e de Milan-Sanremo puis 4e du Tour des Flandres).

Pour autant, il n’a pas l’ascendant sur son compatriote, puisque les deux Slovènes n’ont jamais été au même départ, à l’exception de la Primavera.

Tous les rêves sont encore permis avant vendredi et le commencement de cette odyssée s’ouvrant par une rencontre avec une sirène. Celle d’Andersen toisera les coureurs du bord de la partie la plus technique du contre-la-montre inaugural (13,2 km).

Roglic et Vingegaard coleaders

 

Pour rejoindre Paris en jaune, Jumbo compte jouer plusieurs cartes. Comme Sky après les grandes années de Chris Froome. Quand la formation britannique avait ravi le Tour de France 2018, remporté par Geraint Thomas devant « Froomey » (3e), puis la Grande Boucle 2019, conquise par Egan Bernal aux dépens de Geraint Thomas (2e).

« Il faut que tout le monde soit à son meilleur niveau, et nous avons de toute évidence besoin d’une stratégie à deux leaders », a expliqué le directeur sportif de Jumbo Grischa Niermann.

Il faudra « survivre à la première semaine » d’abord, ont répété tour à tour Roglic et Vingegaard. La formule a fait sourciller Niermann : « Je n’aime pas le mot “survivre”, ça sonne comme si on ne dormait pas de la nuit à cause de cette première semaine », a soutenu l’Allemand.

Les possibles bordures au Danemark puis en France ainsi que les pavés de la cinquième étape, entre Lille et Arenberg, ne troublent peut-être pas les sommeils, mais font beaucoup parler. « Ce sera chacun pour soi », a prédit Adam Yates, propulsé coleader d’Ineos avec le Colombien Daniel Martinez. « Adam et Dani sont les leaders de l’équipe, et je veux les aider », a lâché le lauréat de la Grande Boucle 2018, Geraint Thomas, dont les 36 ans pèsent, sans l’avoir empêché de remporter le Tour de Suisse il y a moins de deux semaines.

La menace de la COVID-19 avant la fièvre jaune

 

Ce statut surprise survivra-t-il à la première semaine ? D’ici là, les rêves sont permis. Ceux du Russe Aleksandr Vlasov aussi : « La course est longue, et si je joue intelligemment, je pense que j’ai une petite chance », affirme l’un des hommes en forme de la première partie de saison.

Contraint à l’abandon alors qu’il menait le Tour de Suisse en raison d’un test de dépistage de la COVID-19 positif, le leader de Bora paraît à l’abri d’un forfait de dernière minute, en pleine recrudescence des contaminations dans le peloton.

« La COVID-19 est toujours autour de nous », a lancé Roglic, privé pour le début de la course de son autre directeur sportif, Merijn Zeeman, infecté. Son rival Pogačar a, lui, perdu définitivement l’Italien Matteo Trentin, remplacé à la dernière minute par Marc Hirschi. Pendant encore quelques heures, le peloton retient son souffle. Place ensuite à la fièvre jaune.

Trois Québécois seront du départ au Tour de France

Trois Québécois seront au départ du Tour de France cette année. Israël – Premier Tech (IPT) a annoncé mercredi que Guillaume Boivin a été retenu pour remplacer l’Israélien Omer Goldstein, jugé comme « contact à haut risque » par la direction après avoir côtoyé une personne atteinte de la COVID-19. Il s’agira de la deuxième participation de l’athlète de 33 ans. Il avait terminé au 105e rang du classement général l’an dernier. Il se joint ainsi à son compatriote chez IPT, Hugo Houle, qui en sera à une quatrième participation. Quant à Antoine Duchesne (Groupama-FDJ), il s’agit d’une seconde participation à la prestigieuse épreuve.

Le Devoir



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