Yesenia Gomez a mis le feu aux poudres en insultant l’équipe de Kim Clavel

Kim Clavel (à droite) lors de son combat contre Natalie Gonzalez en juillet 2020 à Las Vegas.
Photo: Mikey Williams / Top Rank via La Presse canadienne Kim Clavel (à droite) lors de son combat contre Natalie Gonzalez en juillet 2020 à Las Vegas.

Si Yesenia Gomez voulait motiver Kim Clavel, elle n’aurait pu faire mieux. En insultant son équipe, elle a mis le feu aux poudres en vue du combat de championnat du monde des mi-mouches du World Boxing Council (WBC) du 29 juillet prochain.

« Vous connaissez Kim la gentille, Kim l’infirmière, Kim l’aidante. Aujourd’hui ça ne me tente pas pantoute !, a lancé l’aspirante au titre de Gomez, lundi, en conférence de presse au Casino de Montréal. Elle a dit des choses sur mon équipe… Tu peux dire des choses sur moi, mais dire que mon équipe est formée de clowns, qu’elle n’est pas sérieuse, que j’ai fait semblant d’avoir la COVID : ça n’a pas passé du tout. »

Questionnée sur ses propos litigieux, la boxeuse mexicaine (19-5-3, 6 K.-O.), qui tentera de défendre son titre une cinquième fois sur le ring du Casino de Montréal, n’a pas voulu rajouter de l’huile sur le feu.

« Je sais que j’étais très fâchée, car nous étions trois jours avant le combat et j’étais prête, s’est-elle excusée. Je me concentre maintenant sur l’instant présent. Le passé, c’est du passé. »

Pas pour Clavel (15-0, 3 K.-O.), qui en a rajouté avec les médias montréalais.

 

« Je ne suis pas de bonne humeur contre elle ! Si vous me voyiez à l’entraînement. On dirait que c’est allé chercher quelque chose à l’intérieur de moi : je me pousse comme jamais. […] Je veux devenir championne du monde. Ça suffit ! Ça fait trois fois que c’est remis, rien ne va m’empêcher de devenir championne. Je ne m’arrêterai jamais. »

Le combat devait initialement être disputé le 17 décembre dernier, mais une blessure a empêché Clavel, 31 ans, de monter dans le ring.

En mars, Gomez a demandé plus de temps de préparation et le combat a donc été reporté à avril. Cette fois, Clavel a contracté la COVID-19 et a dû déclarer forfait. La championne ne l’a pas crue.

« Je peux comprendre la frustration. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire et surtout, ne parle pas de mon équipe, a dit Clavel. Dire que je faisais semblant d’avoir la COVID, moi, je savais à quel point je me sentais mal. J’ai fait de la fièvre à en passer près de perdre conscience. […] Je ne lui en veux pas, mais ça va se régler dans le ring, le 29 juillet. »

La Montréalaise a d’ailleurs eu besoin de temps pour se remettre. Du coronavirus, mais aussi mentalement.

« J’ai pris un bon deux semaines de congé quand j’ai eu la COVID. J’ai pensé à moi, j’ai mangé, j’ai vu ma famille. J’avais tout fait pour ne pas l’attraper : je me lavais les mains, je m’isolais, je me faisais livrer mes trucs, et je l’ai eu quand même. Cette fois-ci, les mercredis, je déjeune avec ma grand-mère. Les week-ends, je vais voir ma mère à l’écurie. Je prends le temps de faire certaines choses que j’aime, qui me font du bien. »

Clavel avait tant besoin de se vider l’esprit qu’Yvon Michel, son promoteur, a craint de ne pouvoir tenir ce combat.

« Jusqu’en avril, malgré les deux reports, j’ai senti Kim d’humeur égal, a noté le président de Groupe Yvon Michel. J’ai vraiment été craintif après l’annulation du 21 avril, car elle a eu besoin de faire une transition, de se ressourcer pendant un certain temps. Je ne savais pas comment nous allions la récupérer pour tenir ce combat. On avait d’abord trouvé une date en juin, mais son équipe m’a rapidement dit que ce ne serait pas possible. »

Ce qui a forcé Michel à faire des concessions.

« Le clan de Gomez avait déjà des plans pour elle. Il a fallu qu’on la dédommage pour ses entraînements. Nous avions un combat revanche à deux volets, peu importe qui l’emportait, au Canada. Cette fois, c’est seulement si Kim l’emporte et ce combat aurait lieu au Mexique.

« D’un côté, j’avais ces contraintes et Kim, ça a été long avant qu’elle récupère de la COVID et que mentalement, elle puisse s’en remettre. Je pense qu’elle s’est bien servie des commentaires de Gomez à son sujet. Après l’avoir vue à l’entraînement — elle pète le feu, littéralement — je suis plus confiant que jamais. »

Ce n’est donc pas en juillet que le promoteur va passer à la caisse.

« C’est comme lorsqu’on a fait le combat de championnat du monde (des super-lourds-légers) d’Oscar Rivas : c’est un investissement. C’est certain que celui-là, l’investissement n’a cessé de croître en raison de la situation ! Je crois cependant que Kim Clavel peut devenir une grande vedette internationale de boxe. Je pense qu’elle peut battre Gomez, unifier les ceintures et que sa popularité transcendera le Québec, le Canada. Je suis convaincue qu’elle sera très en demande une fois que les gens découvriront la personne derrière la boxeuse. »

Première pour GYM

 

Cette soirée de boxe marquera l’histoire du promoteur québécois, qui présentera trois combats féminins pour la première fois.

En plus du choc Clavel-Gomez, la mi-moyenne Marie-Pier Houle (6-0-1, 2 K.-O.) affrontera la Brésilienne Halanna Dos Santos (14-9, 9 K.-O.). La soirée marquera également les débuts professionnels de Caroline Veyre, qui affrontera la super-plume mexicaine Wendy Cruz Castro (0-2).

 

« On est bien fiers de ça, a avancé le promoteur. Quand on a commencé, au début des années 2000, on a déjà eu Crystelle Samson sur nos cartes. Mais à l’époque, c’est parce qu’on voulait donner une place. Ce n’était pas un ajout important à une carte. Aujourd’hui, c’est le contraire. […] On se vante d’avoir trois combats féminins sur le gala ; dans le passé, ça aurait été différent. »

À voir en vidéo