Le Montréalais Bennedict Mathurin choisi au sixième rang du repêchage de la NBA

Après qu’il ait entendu son nom venant du commissaire Adam Silver, on a vu l’émotion sur le visage de Mathurin quand sa mère l’a enlacé. Il a ensuite eu une accolade émouvante avec sa grande soeur, Jennifer.
John Minchillo Associated Press Après qu’il ait entendu son nom venant du commissaire Adam Silver, on a vu l’émotion sur le visage de Mathurin quand sa mère l’a enlacé. Il a ensuite eu une accolade émouvante avec sa grande soeur, Jennifer.

Partisans des Pacers, préparez-vous à encore plus de pep sur le parquet. Le Montréalais Bennedict Mathurin a été choisi sixième par l’Indiana lors du repêchage de la NBA, jeudi.

Le rêve est devenu réalité au Barclays Center, à Brooklyn. Un cadeau de fête tardif, mais somptueux pour le Québécois, qui a fêté ses 20 ans dimanche.

Après qu’il ait entendu son nom venant du commissaire Adam Silver, on a vu l’émotion sur le visage de Mathurin quand sa mère l’a enlacé. Il a ensuite eu une accolade émouvante avec sa grande soeur, Jennifer. L’athlète de six pieds six et 210 livres s’est illustré pendant deux saisons avec l’Université de l’Arizona.

Joueur de l’année de la section Pac-12, Mathurin a bonifié sa moyenne de points par match de 10,8 à 17,7, de sa saison recrue à la deuxième. Il a été nommé parmi les 10 joueurs d’élite Wooden All-American.

Mathurin a grandi dans le même coin de la métropole que son bon ami Luguentz Dort, joueur d’impact avec le Thunder, depuis trois ans. Les autres Québécois du circuit Silver sont Chris Boucher et Khem Birch, des Raptors. Du lot, seul Mathurin a été repêché.

Questionné au sujet des Pacers, le 16 juin, Mathurin avait dit qu’il se verrait bien avec eux, soulignant le talent de joueurs comme Tyrese Haliburton et Myles Turner, mais aussi la présence d’un entraîneur de renom comme Rick Carlisle. Les racines de Carlisle sont dans le nord de l’état de New York. Se trouvant 15 de l’histoire pour les victoires dans la NBA, l’homme de 62 ans est aussi le président de l’Association des entraîneurs de la NBA.

Depuis 2014, l’Indiana a été battu au premier tour cinq ans de suite, n’atteignant pas les séries lors des autres occasions. L’équipe vient de connaître sa pire saison depuis le milieu des années 1980, un rendement de 25-57. L’Indiana a connu beaucoup de succès dans les années 1990, avec notamment Reggie Miller et Mark Jackson. Les Pacers choisissaient dans le top 10 pour la première fois depuis 2010, où ils ont misé sur Paul George au 10e échelon.

Depuis une dizaine d’années, des noms comme Damian Lillard, Marcus Smart et Buddy Hield ont aussi été choisis au sixième rang. Le Magic a lancé la séance en repêchant Paolo Banchero, de Duke.Le Thunder a ensuite choisi Chet Holmgren de Gonzaga puis les Rockets se sont tournés vers Jabari Smith, d’Auburn.

Plusieurs experts ont noté le côté explosif de Mathurin, mais aussi sa confiance à tirer et le taux de succès des tirs, notamment dès qu’il saisit une passe. L’Université de l’Arizona a montré une fiche globale de 33-4. Dans le Sweet Sixteen du March Madness, les Wildcats ont été vaincus 72-60 par l’Université de Houston. Mathurin a obtenu 15 points dans ce match, après des récoltes de 18 et 30 points lors des deux premiers matchs du tournoi.

«Il possède tout ce dont vous avez besoin. Il peut se créer un tir et il excelle en défense, a dit l’entraîneur de l’Université de Houston Kelvin Sampson, au sujet de Mathurin. Sa vitesse d’accélération est dans une classe à part et il est redoutable comme tireur.»

Les Wildcats étaient dirigés par Sean Miller à sa première saison, et par Tommy Lloyd à sa deuxième. Mathurin a fait valoir que le premier étant plus axé sur la défense et le deuxième sur l’attaque, ç’a l’a aidé à devenir plus polyvalent. «Bennedict a toujours eu les atouts physiques et athlétiques pour faire partie de l’élite, a confié David DeAveiro, entraîneur-chef du basketball masculin à Ryerson depuis avril 2020, après neuf saisons avec l’Université d’Ottawa et 10 saisons avec McGill. «Avec l’Arizona, il a développé son tir et son maniement du ballon. Il a toujours été coriace en défense et à l’attaque, il a gagné en confiance. La NCAA l’a exposé à un plus haut niveau de compétition et il a répondu à l’appel. Il va continuer de grandir comme joueur.»

En 2018, le Canadien a opté pour la NBA Academy de l’Amérique latine, au Mexique, devenant le premier Canadien à faire partie du programme. On y trouve des entraîneurs ayant de l’expérience chez les pros, dans la NCAA et à l’international.

L’an dernier, Mathurin a aidé le Canada à mériter le bronze à la Coupe du monde U19 de la FIBA, en Lettonie. Pour Mathurin, la route vers le succès a été marquée d’une tragédie. Quand il avait 12 ans, son frère aîné Dominique a perdu la vie dans un accident de vélo, à 15 ans. «Il est la raison pourquoi je vais de l’avant, a dit Mathurin, récemment. Il est la raison pourquoi je veux être le meilleur dans ce que je fais.»

Mathurin et sa grande soeur Jennifer ont trouvé la force de traverser l’épreuve, notamment grâce au sport. Jennifer a joué au basket durant quatre ans avec North Carolina State. «Elle était mon idole et elle l’est encore, a déjà dit Mathurin. Elle m’a toujours poussé à m’améliorer. Elle a veillé à bien m’orienter pour que je puisse avoir du succès. C’est grâce à elle que je suis devenu quelqu’un de très confiant », a-t-il confié.

De racines haïtiennes, l’ancien Wildcat parle français, créole, anglais et espagnol. Le domicile des Nets a accueilli le repêchage chaque année depuis 2013 sauf en 2020, en raison de la pandémie. Un autre Canadien a été repêché tout de suite après Mathurin, l’Ontarien Shaedon Sharpe de Kentucky, par les Trail Blazers de Portland.

Au début de la saison dernière, il y avait 18 joueurs du Canada dans la NBA – un sommet pour les joueurs nés ailleurs qu’aux États-Unis, et ce pour la huitième année de suite.

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