Dopage - BALCO: les charges ne seront pas levées

San Francisco — Le juge fédéral chargé de l'affaire BALCO dans laquelle plusieurs athlètes de haut niveau ont été impliqués a refusé de lever les charges retenues contre trois accusés, dont le patron du laboratoire, Victor Conte.

Mais le juge Susan Illston a estimé que les trois hommes pouvaient essayer de la convaincre qu'un vice de procédure entourait leurs déclarations aux enquêteurs et qu'elles ne devaient donc pas être utilisées contre eux.

Ces déclarations mettent notamment en cause les vedettes du sport Barry Bonds, Marion Jones et Tim Montgomery, qui sont accusés de se doper. Dans cette affaire de distribution de produits dopants, aucun athlète n'a encore été poursuivi.

Le juge a expliqué qu'une querelle opposait l'accusation aux trois hommes, Victor Conte, James Valente et Greg Anderson, à propos de leur premier interrogatoire, qui a eu lieu le 3 septembre 2003 lors des perquisitions au laboratoire BALCO. Le laboratoire est dirigé par Conte. Anderson est l'entraîneur personnel de Bonds tandis que Valente est vice-président de BALCO. Un quatrième accusé, l'entraîneur d'athlétisme Remi Korchemny, n'est pas concerné par la décision rendue mardi.

Si Illston établit que les trois hommes étaient en état d'arrestation pendant les perquisitions, comme ils l'affirment, alors les avocats de la défense pourront plaider la nullité de leurs déclarations car leurs clients auront été privés de leur droit à consulter leur avocat. L'accusation affirme au contraire que les suspects étaient libres de s'en aller pendant leur audition.

Le mois dernier, un agent du fisc (IRS), Jeff Novitzky, a écrit que pendant les perquisitions de l'affaire BALCO «Conte avait ouvertement reconnu avoir donné une crème à base de testostérone à de nombreux athlètes professionnels et identifié ces athlètes». Dans la note rédigée par l'agent de l'IRS se trouvaient notamment les noms de Bonds, Jones et Montgomery.

Ces athlètes ont témoigné l'an dernier devant le grand jury qui a mis en accusation les quatre hommes. On leur reproche d'avoir illégalement distribué à des athlètes de premier plan des produits dopants et des stéroïdes comme la THG, une substance longtemps restée indécelable.

Illston a par ailleurs estimé que tous les mandats gouvernementaux avaient été obtenus légalement. Ils ont permis aux enquêteurs de saisir les dossiers financiers de BALCO et certains couriels de Conte. Le juge a également affirmé dans sa décision que la force n'avait pas été utilisée de manière excessive pendant les perquisitions, contrairement à ce que prétendait Conte.