La NFL à l'heure des bilans

À l'heure des bilans, une seule question se pose: quel a été l'événement, le souvenir, le record, le fait d'armes ou le geste le plus marquant de l'année qui s'achève?

Dans la NFL, les choix sont nombreux, comme d'habitude. L'appréciation et la perception de la performance peuvent toutefois varier d'un amateur à l'autre.
- Le titre des Patriots: Pour ceux dont le triomphe ultime demeure la seule unité de mesure, la victoire de 32-29 des Patriots de la Nouvelle-Angleterre au Super Bowl face aux Panthers de la Caroline aura laissé un souvenir impérissable.

Une rencontre exceptionnelle, rayon divertissement, avec 37 points marqués au quatrième quart. Un record de passes complétées (32) pour Tom Brady, des Panthers féroces et un troisième match du Super Bowl en six ans dont l'issue se joue avec moins de cinq secondes à écouler au cadran. Fabuleux.
- 21 de suite: Amorcée en 2003, les Patriots ont mis sur pied une séquence de 21 victoires qui s'est terminée à la suite d'un revers de 34-30 face aux Steelers de Pittsburgh, le 31 octobre dernier. Vingt-et-un gains de suite, calendrier régulier et séries incluses. Du jamais vu! On risque de ne pas s'en souvenir autant que la saison parfaite des Dolphins de 1972 (17 victoires), mais à l'ère de la parité et de l'autonomie, cette marque d'excellence est proprement stupéfiante.
- Les Chargers: Pire équipe de la NFL en 2003 avec une fiche de 4-12, les Chargers (12-3) ont remporté le titre de la section Ouest de l'AFC il y a 10 jours. Revirement majeur.
- Peyton et Ben: Pour certains, les exploits individuels demeurent les faits marquants. En 2004, deux noms se détachent du lot, ceux de Peyton Manning et Ben Roethlisberger.

Avec ses 49 passes de touché, le premier, quart des Colts d'Indianapolis, a battu en fin de semaine le record (48) établi par Dan Marino des Dolphins il y a 20 ans. Avec un match à disputer, le fils d'Archie et le frère d'Eli, des Giants, pourrait porter ce total à 50.

Le second, qui dirige l'attaque des Steelers de Pittsburgh, va remporter le titre de recrue de l'année sans opposition. Appelé à remplacer Tommy Maddox, blessé, Roethlisberger vient de mener les Steelers (14-1) à 13 victoires de suite et à une qualification en séries. Il faudra apprendre à épeler son nom.
- Les transferts: On oublie parfois les acquisitions et les échanges, mais ceux concoctés par les Eagles de Philadelphie et les Patriots durant la saison morte auront été cruciaux.

Les Eagles, battus chez eux en finale d'association pour une deuxième année de suite, ont été chercher le meilleur receveur disponible. Quant aux Pats, ils ont mis la main sur le meilleur demi à l'attaque sur le marché. Il est rare de voir de tels joueurs d'impact joindre des clubs qui ne sont pas réputés pour leurs masses salariales ronflantes.

De bonnes acquisitions? Owens a amassé 1200 verges de gains aériens et 14 touchés avant sa blessure, alors que Dillon a franchi le plateau des 1500 verges au sol. Ah oui... Les Eagles et les Patriots ont perdu un total combiné de trois matches depuis le début de la saison.
- Huit milliards: Ce chiffre-là, colossal, est passé à peu près inaperçu en novembre. C'est pourtant la somme que les réseaux de télévision FOX et CBS ont accepté de verser à la NFL afin de prolonger le contrat de diffusion actuel jusqu'en 2011. Signée en 1998 pour une période initiale de huit ans (fin 2005), cette entente se montait au départ à 17,2 milliards $US.

Tout ces chiffres, records et triomphes ont toutefois été relégués au second plan derrière la controverse de l'année: le sein de Janet Jackson, dévoilé par Justin Timberlake lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl (3 février).

Si les réactions d'indignation provoquées par ce geste déplorable lors de la retransmission d'un événement familial planétaire étaient pleinement justifiées, les retombées, près d'un an plus tard, semblent démesurées.

Depuis lors, tous les réseaux de télévision américains ont décidé d'imposer un délai de quelques secondes lors d'événements supposément présentés en direct: la remise des Oscars, des Golden Globes, des Grammys, etc.

Au lieu de privilégier la liberté d'expression, les réseaux américains ont préféré remettre la censure à l'ordre du jour au XXe siècle...

La NFL aura fait l'événement en 2004, mais pas comme elle le souhaitait.