Accord «historique» pour l’égalité salariale dans les équipes nationales de soccer aux États-Unis

Margaret Purce et Kristie Mewis dans un match de l’équipe nationale américaine de soccer, en janvier 2021
Photo: John Raoux Associated Press Margaret Purce et Kristie Mewis dans un match de l’équipe nationale américaine de soccer, en janvier 2021

La fédération américaine de soccer a annoncé mercredi avoir conclu un accord, qualifié d’« historique » et de « premier du genre », avec les associations de joueurs et joueuses de ses sélections, qui formalise des salaires égaux entre l’équipe féminine et l’équipe masculine.

« Les deux conventions collectives, qui courront jusqu’en 2028, permettent d’atteindre des salaires égaux à travers des termes économiques identiques », détaille U.S. Soccer dans un communiqué.

L’annonce intervient quelques mois après une entente préliminaire avec un groupe de joueuses, dont la vedette Megan Rapinoe, qui avait entamé des poursuites contre la fédération sportive en 2019. U.S. Soccer s’était alors déjà engagée à payer l’équipe nationale féminine au même niveau que l’équipe masculine.

La convention collective désormais ratifiée, l’accord devra être approuvé par un tribunal pour mettre fin aux poursuites.

Avec quatre titres en Coupe du monde — et autant de médailles d’or aux Jeux olympiques —, l’équipe nationale féminine de soccer des États-Unis est la plus titrée de l’histoire de ce sport chez les femmes. Son palmarès est ainsi bien plus étoffé que celui de son pendant masculin, qui n’a jamais fait mieux qu’une troisième place… en 1930. « C’est véritablement un moment historique. Ces accords changent ce sport pour toujours ici aux États-Unis, et ils ont le potentiel de changer ce sport à travers le monde », a affirmé dans le même communiqué la présidente de U.S. Soccer, Cindy Parlow Cone.

Selon les termes de ces conventions collectives, le système de primes sera identique entre la sélection masculine et la sélection féminine « pour toutes les compétitions, y compris à la Coupe du monde de la FIFA », et introduit pour la première fois un mécanisme analogue de partage des revenus commerciaux. « Les accords garantiront que les joueurs de l’équipe nationale de football des États-Unis demeureront parmi les mieux payés au monde », soutient la fédération dans son communiqué.

La présidente de l’association de joueuses de l’équipe nationale (USWNTPA), Becky Sauerbrunn, a également salué l’accord. « Les succès de cette convention collective sont un reflet du travail réalisé par les joueuses de l’équipe nationale sur et en dehors du terrain », a déclaré la défenseure de 36 ans, internationale aux 202 sélections.

« Éveiller » les consciences

Côté masculin, un des membres du conseil de direction de l’association des joueurs de l’équipe nationale (USNSTPA), Walker Zimmerman, a dit espérer que l’accord « éveillera les autres au besoin de ce type de changement, et inspirera la FIFA et d’autres à travers le monde à se diriger dans cette direction ».

« Ils disaient que l’égalité salariale entre les hommes et les femmes n’était pas possible, mais cela ne nous a pas empêchés d’avancer et de parvenir » à cette égalité, a déclaré le défenseur du Nashville SC.

Cindy Parlow Cone avait dit en septembre espérer « harmoniser » les primes liées à la Coupe du monde pour les équipes masculine et féminine américaines, afin de régler le contentieux opposant l’instance aux joueuses de l’équipe nationale. La question de ces primes a constitué un volet important du procès intenté par l’équipe féminine américaine en 2019, notamment porté par Megan Rapinoe, accusant la fédération de « refuser obstinément » de payer ses joueuses et ses joueurs de manière équitable.

La FIFA a par exemple octroyé une prime équivalant à 43 millions de dollars canadiens à la France lors de son succès planétaire en 2018 chez les hommes, alors que les Américaines en ont reçu seulement le dixième lors de leur titre mondial de 2019. Et en 2014, les joueurs américains, éliminés en huitièmes de finale, avaient reçu l’équivalent de 6 millions de dollars canadiens, tandis que leurs homologues féminines n’avaient perçu que le tiers de cette somme pour avoir remporté leur compétition.

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