Bruny Surin prédit une mission «magique» aux JO de Paris

Ancien sprinter médaillé d'or olympique, Bruny Surin est aujourd’hui entrepreneur, conférencier et philanthrope.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ancien sprinter médaillé d'or olympique, Bruny Surin est aujourd’hui entrepreneur, conférencier et philanthrope.

L’ancien sprinteur Bruny Surin agira à titre de chef de mission d’Équipe Canada pour les Olympiques de 2024, à Paris. Il espère puiser dans une expérience personnelle s’étirant sur trois décennies pour accompagner, au-delà de leur sport, les quelque 225 athlètes canadiens qui iront y représenter leur pays.

Le Comité olympique canadien (COC) a présenté vendredi celui qui chaussera pour les deux années à venir des souliers (de course, sans doute) portés avant lui par Catriona Le May Doan pour les Jeux de Pékin. Tout sourire, l’athlète à la barbe argentée n’a pas besoin d’être trop explicite concernant son propre bagage sur la scène internationale. Il est déjà bien connu du public québécois et canadien.

Ce sera donc à lui durant les prochains mois de se familiariser avec la nouvelle génération d’athlètes qui espèrent décrocher à leur tour une médaille aux Jeux olympiques. « Pour moi, la priorité, ce sont les athlètes, dit-il. Je veux connaître leur histoire. Je veux aller dans toutes les compétitions où ils se trouvent, je veux les rencontrer. Je veux qu’ils sachent que Bruny Surin est là pour eux. »

Chose sûre, le médaillé d’or olympique en 1996 n’attendra pas longtemps avant de s’impliquer. Il s’envolait pour Paris quelques heures seulement après sa présentation aux médias, faite dans le hall du bureau montréalais du COC.

« Le timing pour moi ne pouvait pas être meilleur », dit celui qui a agi une première fois comme chef de mission lors des Jeux olympiques de la jeunesse en 2018, à Buenos Aires. « J’adore Paris. J’y ai fait toutes les compétitions que je pouvais. Ma fille [Katherine, elle aussi sprinteuse de calibre international] s’est entraînée à Montpellier. Et je prévois assister dans quelques jours aux Internationaux de tennis à Roland-Garros, qui [sont] sur ma bucket list depuis longtemps. »

Question d’équilibre

Le rôle de chef de mission olympique est d’apporter encouragement et soutien à la délégation canadienne. C’est aussi un peu le « cheerleader en chef » de l’équipe nationale, pour reprendre l’expression de Tricia Smith, ex-rameuse olympique et désormais membre du COC, qui a officiellement annoncé la nomination de Bruny Surin à Montréal vendredi. « Ça doit être une personne qui est respectée, non seulement pour ce qu’elle a fait dans le sport, mais aussi pour ses accomplissements personnels. »

Bruny Surin en est bien conscient. Il est lui-même passé à travers toute la gamme des émotions en participant à quatre reprises aux Jeux olympiques. Très nerveux et un peu déboussolé lors de sa première présence, en 1988 (saut en longueur), il y est retourné en 1992 (100 m et relais 4 x 100 m), puis il a connu l’euphorie d’une médaille d’or au relais 4 x 100 mètres à Atlanta, quatre ans plus tard. Il effectuera un dernier tour de piste en tant qu’athlète aux Jeux en 2000, à Sydney.

« J’ai été dans le sport pendant 18 ans et j’ai tout vu. J’ai beaucoup appris et j’ai surtout réussi à garder mon équilibre grâce à l’appui des gens de mon entourage. Je veux aider les jeunes grâce à cette expérience », a-t-il déclaré lors de sa présentation officielle. « Je sais comment ça fonctionne avant et pendant les compétitions, avec les commanditaires, avec la pression. »

Grosse mission pour un chef d’expérience, donc. Ça ne l’empêchera pas de savourer chaque moment de cette expérience. « Ça va être magique », promet-il.

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