Le talent local, une priorité pour les Alouettes

Les Alouettes détiennent le quatrième rang au premier tour du repêchage canadien de la LCF.
Cole Burston La Presse canadienne Les Alouettes détiennent le quatrième rang au premier tour du repêchage canadien de la LCF.

À la veille du repêchage canadien de la Ligue canadienne de football (LCF), le plan des Alouettes de Montréal est clair : à talent égal, le talent local sera privilégié.

Et pour le directeur général, Danny Maciocia, l’organisation montréalaise n’a pas à être gênée de le faire.

« Les gens disent que nous priorisons les joueurs locaux. Nous les priorisons, car nous croyons qu’ils sont très bons, a-t-il souligné lors d’une visioconférence tenue la semaine dernière. Depuis 2009, à l’exception de deux saisons, une équipe du RSEQ [Réseau du sport étudiant du Québec] a toujours atteint la finale de la Coupe Vanier. Notre philosophie est toujours de repêcher le meilleur joueur disponible. Mais à talent égal, nous allons privilégier "l’achat local". »

« Il y a de grands talents ici, a poursuivi Maciocia. De plus en plus, des joueurs du Québec obtiennent des bourses pour aller étudier aux États-Unis. Depuis deux ou trois ans, plusieurs joueurs quittent même dès la fin du secondaire pour se joindre à des prep school américaines. »

Maciocia souligne que le premier critère d’évaluation sera évidemment le talent. Il ne laissera pas de côté un joueur d’ailleurs au pays pour faire de la place à un Québécois moins talentueux. Il s’est toutefois dit étonné que la philosophie des Alouettes de miser sur des joueurs locaux ne soit pas la norme dans tous les marchés du circuit Ambrosie.

« Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas applicable dans tous les marchés d’acheter local. La fierté de porter le chandail de ton équipe préférée est indescriptible, a-t-il ajouté. Si je prends notre exemple ici : tout le monde a vu jouer Anthony Calvillo. Alors une fois que ces joueurs [locaux] ont écoulé leur premier contrat, nos chances de les retenir ici sont supérieures à celles d’un joueur de l’ouest du pays, par exemple. »

« Et j’espère que cette réalité est la même pour tous les marchés de la ligue. Je pense donc qu’il faut en tenir compte. Je me répète : à talent égal, on achète local, mais quand on établit nos listes pour mardi prochain, le talent et cet aspect seront discutés », a-t-il rappelé.

Maciocia a par ailleurs raconté un cas bien précis où l’aspect géographique a pesé dans la balance pour le recrutement. « Je ne vais pas donner de nom, mais il y avait un jeune joueur de l’ouest du pays qui nous intéressait beaucoup. Ingénieur de formation comme son père, il rêvait de travailler avec lui. On s’est demandé : “Est-ce qu’on repêche ce jeune ?” Pourquoi resterait-il avec nous à long terme, alors qu’il pourrait se trouver un club de l’Ouest après son premier contrat et travailler comme ingénieur en même temps ? Il faut y penser quand vient le temps de choisir ce type de joueurs », a expliqué Maciocia.

À talent égal, on achète local, mais quand on établit nos listes pour mardi prochain, le talent et cet aspect seront discutés

 

Avantage

Le directeur général est arrivé à la tête des opérations football des Alouettes après avoir dirigé le programme des Carabins de l’Université de Montréal pendant de nombreuses années, ce qui, estime-t-il, lui procure un avantage sur ses collègues de la LCF quand vient le temps d’évaluer les joueurs issus du réseau québécois.

« C’est tout un avantage, que j’aurai peut-être encore pour quelques années, a-t-il dit. Même s’ils ne sont pas venus jouer à l’Université de Montréal, je me suis retrouvé dans leur salon, autour de leur table à dîner, à discuter avec leurs parents, donc je les connais. Ça me permet de voir de quelle façon ils ont progressé. Ç’a aussi été un avantage pendant la pandémie, alors que nous ne pouvions pas les voir jouer. Je les connaissais. »

Bien évidemment, l’objectif de Maciocia et de son groupe sera de sélectionner les meilleurs joueurs disponibles à compter de 20 heures, mardi. Les Alouettes détiennent le quatrième rang de ce premier tour. Ils sélectionneront aussi aux rangs numéros 13, 24, 33, 42, 51, 60 et 69.

Trois Québécois se retrouvent parmi les 20 meilleurs espoirs recensés par la LCF en vue de ce repêchage : le demi défensif Enock Makonzo (8e rang, Université Coastal Carolina), le receveur de passes Samuel Émilius (11e, Université Louisiana Tech), ainsi que le joueur de ligne offensive Cyrille Hogan-Saindon (18e, Université Laval).

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