Un hommage à l’image du Démon blond

Au terme de la cérémonie hommage à Guy Lafleur, dimanche, au Centre Bell, les spectateurs ont scandé «Guy! Guy! Guy!» et «Go Habs Go!», et célébré la vie d’une des légendes de l’équipe pendant plus de neuf minutes.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au terme de la cérémonie hommage à Guy Lafleur, dimanche, au Centre Bell, les spectateurs ont scandé «Guy! Guy! Guy!» et «Go Habs Go!», et célébré la vie d’une des légendes de l’équipe pendant plus de neuf minutes.

Guy Lafleur a passé les 50 dernières années de sa vie à faire preuve de générosité avec les partisans du Canadien de Montréal partout à travers le Québec et le Canada. Les spectateurs réunis au Centre Bell, dimanche soir, lui ont rendu la pareille avec une généreuse ovation avant le match face aux Bruins de Boston.

Au terme d’une cérémonie simple, à l’image de l’homme décrit par ses coéquipiers au cours des derniers jours, les spectateurs ont scandé « Guy ! Guy ! Guy ! » et « Go Habs Go ! », chanté « Olé ! Olé ! Olé ! » et célébré la vie d’une des légendes de l’équipe pendant plus de neuf minutes.

L’annonceur officiel, Michel Lacroix, a dû s’y prendre à trois reprises pour que les spectateurs le laissent finalement poursuivre le programme avec un moment de silence.

Lafleur est décédé à l’âge de 70 ans, vendredi, d’un cancer du poumon. Au cours d’une carrière de 17 saisons dans la LNH, dont 14 avec le Canadien, il est devenu le meilleur pointeur dans l’histoire de l’équipe et l’a menée vers cinq conquêtes de la coupe Stanley.

 

Le natif de Thurso, en Outaouais, a inspiré une génération de Québécois par son brio sur la glace et sa disponibilité hors de la patinoire.

Des émotions toujours vives

 

Plus de 48 heures après avoir appris la nouvelle, certains des anciens coéquipiers de Lafleur étaient toujours submergés par les émotions.

« Vendredi a été une journée très, très difficile, a raconté Réjean Houle. Ça m’est revenu immédiatement, tout le bon temps passé ensemble. Mais plus je prends de recul, et j’ai parlé avec son fils Martin, je vois qu’il était très malade à la fin. Il était tanné de souffrir et il a décidé de partir. »

Yvon Lambert a également parlé d’un choc, tandis que Guy Lapointe a affirmé que c’était comme un mauvais rêve.

« C’est difficile de s’imaginer qu’on est rendu là », a dit Lapointe, en rémission d’un cancer de la gorge.

 

« On l’aime. Il va nous manquer beaucoup. C’était comme un frère, a ajouté Lapointe. Il était tellement généreux et bon pour le public. Il avait du temps pour tout le monde. Il était un exemple pour ses coéquipiers par son effort dans sa façon de travailler, de se présenter aux matchs. Il n’y avait pas de journées de congé pour Guy Lafleur. Il était aussi intense dans les pratiques que dans les parties. Il va nous manquer énormément. »

« J’ai été choyé de jouer avec un gars comme Guy Lafleur », a renchéri Lambert.

Une célébration simple

 

Avant la longue ovation du public, un montage photo sur L’essentiel, de Ginette Reno, présenté sur la patinoire, puis un montage vidéo sur My Way, de Frank Sinatra, diffusé sur l’écran géant avaient servi à relater les grands moments de la carrière de Lafleur. Des extraits d’entrevues et de discours de Lafleur ont servi de narration pendant le montage vidéo.

Il n’y avait pas de journées de congé pour Guy Lafleur. Il était aussi intense dans les pratiques que dans les parties. Il va nous manquer énormément.

 

La foule a notamment réagi lorsque Lafleur a été aperçu marquant son plus célèbre but, lors du septième match de la demi-finale de la Coupe Stanley en 1979, face aux Bruins.

Sur la patinoire du Centre Bell, le « 10 » de Lafleur avait été ajouté derrière les filets. Les publicités avaient été retirées sur la bande. Elles avaient été remplacées par un « 10 », les années « 1951-2022 » marquant la naissance et la mort de Lafleur, son autographe et son nom.

À voir en vidéo