Guy Lafleur, une légende «comme nous»

À la fois héros mythique et Québécois comme les autres, Guy Lafleur aura marqué les partisans de la Sainte Flanelle par son accessibilité et par sa proximité avec la communauté.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À la fois héros mythique et Québécois comme les autres, Guy Lafleur aura marqué les partisans de la Sainte Flanelle par son accessibilité et par sa proximité avec la communauté.

Des partisans se sont réunis toute la journée vendredi devant la statue de Guy Lafleur au Centre Bell pour honorer la mémoire du Démon blond, qui a été emporté par la maladie à 70 ans.

Arborant avec fierté son chandail des Canadiens, Alain Plouffe, 60 ans, a souri en évoquant le souvenir du hockeyeur qui a marqué sa jeunesse. « Ti-Guy, c’est une grosse perte. Ce dont on va se souvenir de lui, c’est sa simplicité et sa gentillesse », a déclaré le partisan venu lui rendre hommage en matinée.

L’humanité de Guy Lafleur, c’est d’abord ce qu’ont mentionné les admirateurs de tous âges venus se recueillir tout au long de la journée de vendredi devant la statue à l’effigie du numéro 10, au pied de laquelle ils ont déposé des fleurs, des photos et même une paire de gants de hockey. Tout près, un écran géant diffusait les hommages de partisans et de politiciens qui défilaient sans cesse sur les réseaux sociaux.

« C’était vraiment une personne qui prenait le temps d’être proche de ses fans et de ceux qui l’entourent », a rappelé Julie Leblanc, une employée du Centre Bell présente en soirée, bouquet de fleurs à la main. Elle espère d’ailleurs que le joueur de hockey aura droit à des funérailles nationales, comme l’a proposé François Legault vendredi. « Je pense que le Québec a vraiment besoin de quelque chose comme ça pour lui rendre hommage. »

« Une grande étoile de même, ça vaut la peine de l’honorer », a souligné Gabriel Drouin, qui voit d’un bon œil l’idée évoquée par le premier ministre de rebaptiser l’autoroute 50 en l’honneur de Guy Lafleur.

Pour Jean-Pierre, venu de Rimouski pour un bref séjour à Montréal avec sa conjointe, Danièle, Guy Lafleur revêt tout simplement le statut d’idole. « Il fait partie de notre histoire, il a marqué celle du Québec pour les siècles à venir », déclare-t-il, avant d’ajouter, sourire nostalgique aux lèvres, qu’il a grandi à l’époque de la gloire du joueur au regard guerrier. « Il était capable de prendre position de façon indépendante, même si cette position allait à l’encontre de celle de son équipe. »

Le départ de Guy Lafleur, une semaine jour pour jour après celui de l’ancien joueur étoile des Islanders de New York Mike Bossy, lui aussi emporté par le cancer du poumon, laisse ainsi un grand vide dans le cœur de ses admirateurs.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

« Pour moi, quand j’ai entendu ce matin qu’il était décédé, ç’a été un gros coup. C’était dur parce que pour moi, c’était un héros », a confié Rémi Menes, qui a puisé sa motivation pour apprendre le hockey, quand il était jeune, en l’image de Guy Lafleur. Une passion qu’il a depuis transmise à son fils.

Le mythe, la réalité

 

À la fois un héros mythique et un Québécois comme les autres, Guy Lafleur aura ainsi marqué les partisans de la Sainte-Flanelle par son accessibilité et par sa proximité avec la communauté.

« C’était un gars humble et un gars du peuple. […] C’est pour ça qu’on l’aime, justement », a précisé Gabriel Drouin.

Un constat que partage Alain Plouffe. « Il est resté simple. C’est pour ça que le peuple l’a adulé », a-t-il soulevé vendredi.

Le partisan relève également l’attitude de Lafleur pendant les controverses liées à son fils Mark. Le jeune homme a été aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie, puis a plaidé coupable à des accusations de conduite avec les facultés affaiblies, en 2015. « Il a toujours été là pour son fils, comme un bon papa. C’est là que tu vois la valeur d’un homme. »

« Aujourd’hui est une journée mémorable », a conclu le partisan, les yeux fixés sur la statue du Démon blond, un sourire triste mais paisible au visage.



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