Dernier tour de piste pour Charles Hamelin

Charles Hamelin effectuera son dernier tour de piste dans le cadre des Championnats mondiaux de patinage de vitesse courte piste, présentés du 8 au 10 avril à l’aréna Maurice-Richard de Montréal.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Charles Hamelin effectuera son dernier tour de piste dans le cadre des Championnats mondiaux de patinage de vitesse courte piste, présentés du 8 au 10 avril à l’aréna Maurice-Richard de Montréal.

Charles Hamelin a résumé sa carrière en un mot : famille.

Et c’est devant parents et amis, dont sa fille, Violette, qu’il effectuera son dernier tour de piste, dans le cadre des Championnats mondiaux de patinage de vitesse courte piste présentés du 8 au 10 avril à l’aréna Maurice-Richard de Montréal.

« Ce sera la première et la dernière fois qu’elle [sa fille, qui aura deux ans plus tard en avril] pourra me voir en compétition », a raconté Hamelin, qui accrochera ses patins au terme de l’événement.

« Nous avons acheté des cache-oreilles pour que le bruit de la foule ne la dérange pas trop, a-t-il ajouté en conférence de presse, mercredi. J’ai hâte de l’avoir avec moi durant la compétition, qu’elle puisse ressentir l’ambiance. Elle me voit à la télévision et elle sait que je fais du patin, parce qu’elle dit “Papa ! Papa ! Let’s go ! Let’s go !” Mais je veux qu’elle ressente l’énergie de la foule durant une compétition. J’ai très hâte. »

Hamelin devait prendre sa retraite au terme de la saison 2018. Il vivait alors une séparation d’avec sa compagne et coéquipière de longue date, Marianne St-Gelais. Il a raconté qu’il ne voulait pas conclure sa carrière avec le goût amer des Jeux olympiques de Pyeongchang en bouche, même s’il avait remporté quelques semaines plus tard le titre cumulatif aux Mondiaux, présentés également à Montréal.

Cette fois, Hamelin est serein à l’approche de ses derniers coups de patin en compétition.

« Nous avons eu tellement de plaisir à Pékin, malgré la COVID, les masques et les tests », a-t-il déclaré.

Au cours des Jeux olympiques de Pékin, Hamelin a remporté l’or en compagnie de Pascal Dion, Steven Dubois, Jordan Pierre-Gilles et Maxime Laoun au relais masculin 5000 mètres. Celui qui est surnommé « la locomotive de Sainte-Julie » a ainsi rejoint la patineuse de vitesse longue piste Cindy Klassen au sommet des athlètes canadiens les plus décorés aux Jeux d’hiver. La nageuse Penny Oleksiak est l’athlète canadienne qui compte le plus de médailles aux Jeux olympiques, avec sept.

Hamelin, qui célébrera son 38e anniversaire de naissance le 14 avril, a aussi rejoint les hockeyeuses Caroline Ouellette, Jayna Hefford et Hayley Wickenheiser au sommet dans la colonne des gagnants de médailles d’or du Canada, avec quatre.

Au cours de sa longue carrière, qui a commencé sur le circuit de la Coupe du monde en 2003, Hamelin a également remporté 37 médailles aux Mondiaux et bien au-delà d’une centaine de médailles en Coupe du monde, devenant l’une des grandes étoiles de son sport.

« Charles a été un modèle pour tellement d’athlètes, a souligné Kim Boutin, contenant difficilement ses émotions. C’est grâce à lui que j’ai cru en mes rêves, que j’ai cru que je pouvais écrire ma propre histoire. »

« Il y a une jeune équipe derrière lui, et c’est spécial de voir un grand athlète qui continue à inspirer des jeunes en restant lui-même. »

Hamelin a aussi eu de la difficulté à retenir ses larmes lors des témoignages de ses coéquipiers, mercredi.

« Ça me rend émotif, a admis Hamelin. Ce que j’aime le plus de ça, c’est que je crois fermement que cette gang-là va perpétuer ce que j’ai fait avec les autres qui ont déjà pris leur retraite. Ce sont eux qui vont mener le groupe, et derrière, il y a des jeunes qui poussent et qui ont le goût de gagner, d’écrire eux aussi leur propre histoire. »

Hamelin a raconté qu’il aurait dû cette semaine être à Punta Cana, au Mexique, avec sa conjointe, Geneviève Tardif, et leur fille. Il a dû remettre le projet quand les Mondiaux de courte piste ont été repoussés de trois semaines afin d’être présentés comme prévu à Montréal devant des spectateurs.

Il n’aurait jamais raté cette occasion de conclure sa carrière en famille.

« Le patinage de vitesse, c’est la famille, a dit Hamelin. Vous faites partie d’une équipe. Je dis toujours que les membres de l’équipe nationale vont faire partie de ma famille pour le reste de ma vie. Dès que j’ai commencé, à Sainte-Julie, je sentais que j’avais une deuxième famille — tout le monde à l’aréna, les patineurs, les entraîneurs, les parents. C’est encore comme ça 30 ans plus tard. »

« Il faut avoir des rêves et y croire, croire en soi et travailler fort tout en ayant du plaisir. Sans plaisir, je ne serais pas ici. C’est essentiel dans tous les aspects de la vie, d’avoir du plaisir. »

Hamelin, qui participera uniquement à l’épreuve de relais au cours des Mondiaux, promet donc de profiter pleinement de ses derniers moments en tant qu’athlète. Peu importe le résultat, il n’aura qu’à regarder sa famille et sa fille dans les gradins pour garder le sourire.

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