La moitié des billets pour les JO de Paris coûteront 50 euros ou moins

Des billets à 69,40 dollars canadiens et moins seront mis à la vente au cours de l’année 2023.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse Des billets à 69,40 dollars canadiens et moins seront mis à la vente au cours de l’année 2023.

Les organisateurs des JO de Paris 2024 ont dévoilé lundi leur stratégie de billetterie, proposant notamment une moitié des billets à la vente à moins de 50 euros (environ 70 $CA) au cours de l’année 2023, une manne financière indispensable pour boucler leur budget.

Après avoir dévoilé en décembre, à grand renfort de visuels, une cérémonie d’ouverture inédite hors stade entièrement sur la Seine — dont la facture n’a pas encore été affichée —, le comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) s’est penché sur la billetterie.

Bien sûr, le scénario pandémique rôde toujours, après le huis clos à Tokyo et le nombre très réduit de spectateurs à Pékin. Il y a un an, le patron du COJO, Tony Estanguet, avait d’ailleurs confié aux parlementaires français que le comité travaillait sur plusieurs modèles pour cette raison.

Plus de 13,4 millions de billets seront disponibles à la vente : 10 millions pour les JO et 3,4 millions pour les Paralympiques. Tout sera vendu en 2023, par un système de tirage au sort qui générera des créneaux d’achats en février, en mai, puis à la fin de l’année.

« Ouverts au plus grand nombre »

Sur le plan des tarifs, un million de billets olympiques seront vendus à 20 euros (un peu plus de 30 $CA), et ce, pour tous les sports. Et 50 % des billets olympiques seront vendus à 50 euros ou moins. Pour le patron du COJO, l’idée est d’avoir des « Jeux ouverts au plus grand nombre, populaires, fédérateurs », avec « un grand volume de billets à des tarifs accessibles ».

Le budget du COJO, qui s’établit désormais à près de 4 milliards d’euros (près de 5,5 milliards de dollars canadiens), repose sur les recettes de commandite, celles de la billetterie et une contribution du Comité international olympique (CIO). Du côté des commanditaires, le tour de table — 1,1 milliard d’euros (environ 1,5 milliard de dollars canadiens) — n’est pas encore bouclé.

Le délégué interministériel aux JO, Michel Cadot, a récemment accordé un satisfecit au COJO : « Sur le plan de l’avancée en termes de respect du calendrier […] comme sur le plan budgétaire, les dossiers sont très correctement maîtrisés », a-t-il expliqué à l’Assemblée nationale française.

Après la révision de 2020, qui avait débouché sur 300 millions d’euros (plus de 415 millions de dollars canadiens) d’économies, les dépenses et les recettes vont être une nouvelle fois passées au peigne fin. La prochaine révision budgétaire est en effet prévue pour la fin 2022. L’exécutif a demandé aux organisateurs de saisir son comité d’audit pour passer en revue le budget d’ici l’été. D’autant que le COJO pourrait voir ses prévisions percutées par le contexte inflationniste ou par d’éventuelles conséquences économiques liées à la guerre en Ukraine.

Quelques fausses notes

 

Parallèlement, les organisateurs gèrent d’autres questions sensibles comme celle du relais de la flamme. Plus d’une dizaine de départements ont publiquement refusé le ticket d’entrée à 150 000 euros (plus de 200 000 $CA) hors taxes pour le passage de la flamme, le jugeant prohibitif. Le COJO insiste sur le fait qu’il ne gagne pas d’argent avec l’opération et qu’il en prend en charge une partie. Tous les départements n’ont pas encore répondu.

Certains sites d’épreuves font aussi parler d’eux.

Après le site du tir à La Courneuve, en bonne voie pour rester là, c’est désormais le site des épreuves de qualifications de basketball, un des halls du Parc des expositions de la porte de Versailles, qui fait couler beaucoup d’encre — en particulier sur Twitter. « Comment peut-on accepter de voir le basket, le sport collectif le plus populaire aux JO, être envoyé dans le Parc des Expos ? » s’est insurgé la semaine dernière Evan Fournier, vice-champion olympique avec l’équipe de France à Tokyo.

« Certes, ce ne sont sans doute pas les standards d’une salle de NBA, mais c’est aussi ce qu’on aime aux Jeux olympiques, avoir une “horizontalité” entre tous les sports », a répondu le quintuple champion olympique de biathlon, désormais membre de la commission des athlètes du CIO, Martin Fourcade. De son côté, le COJO explique que des réunions sont en cours avec la Fédération internationale de basketball pour trouver des « solutions techniques ».

Mais tout cela n’a pas apaisé le basketteur, qui a essayé d’entraîner le handball, qui jouera à Lille, dans son combat sur Twitter : « Sérieusement, je suis handballeur : on me dit que je vais vivre les Jeux olympiques de Paris à Lille. JE PÈTE UN PLOMB. C’est une honte. Faut pas vous laisser faire. Combien de médailles d’or avez-vous ramenées à la France ? Quel manque de respect. »

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