Le lockout du baseball devient bien réel alors que les camps sont déserts

On a souligné le 77e jour du lockout qui en fait le deuxième plus long conflit de travail de l’histoire du baseball professionnel.
Ross D. Franklin Associated Press On a souligné le 77e jour du lockout qui en fait le deuxième plus long conflit de travail de l’histoire du baseball professionnel.

Le lock-out qui paralyse les activités du Baseball majeur est devenu beaucoup plus concret, mercredi, alors que les terrains sont demeurés vides au premier jour prévu de l’arrivée des receveurs et des lanceurs.

Dans l’espoir de dénouer l’impasse, les propriétaires et le syndicat des joueurs doivent reprendre les négociations jeudi. L’association des joueurs a fait savoir à la ligue qu’elle répondrait à la plus récente offre patronale reçue le week-end dernier. Une proposition décrite comme un mince progrès par les joueurs.

La rue qui borde le complexe d’entraînement des Giants de San Francisco était dépourvue de son agitation habituelle en ce mercredi matin frisquet.

Le barman Sean Ramirez empilait des assiettes et nettoyait des verres avant le début du service du midi au Los Olivos Mexican Patio, en constatant les effets du lockout du Baseball majeur.

 

« C’est habituellement notre gros moment de l’année, a reconnu Ramirez, le fils du propriétaire qui s’occupe du bar depuis 15 ans. C’est ici “la place”, c’est le lieu de rencontre des partisans des Giants. On est habituellement rempli de partisans arrivant de Sacramento et San Francisco. »

Les sons du baseball du printemps — du craquement des bâtons de bois à la musique qui résonne dans les haut-parleurs et aux cris des partisans qui réclament des autographes — étaient totalement absents en ce jour où receveurs et lanceurs devaient se rapporter à leur équipe pour commencer leur préparation en vue de l’ouverture de la saison prévue le 31 mars.

Le Baseball majeur paralysé

 

On a souligné le 77e jour du lockout qui en fait le deuxième plus long conflit de travail de l’histoire du baseball professionnel. De nombreux joueurs des ligues mineures convergent vers les camps respectifs de leur organisation, en Arizona ou en Floride, à diverses dates déterminées par les équipes. Toutefois, les joueurs dont le nom apparaît sur l’alignement de 40 joueurs de leur équipe ne sauteront pas sur le terrain jusqu’à ce que les propriétaires et les joueurs s’entendent sur une nouvelle convention collective.

« Je suis vraiment déçu parce qu’il n’y a personne ici et on aura un camp très court », a commenté Johnny Rivero, un partisan de 59 ans des Yankees de New York qui espérait glaner quelques nouveaux autographes pour sa collection au centre d’entraînement de l’équipe à Tampa.

« On verra ce qui va arriver », a-t-il ajouté.

Pour l’instant, il ne se passe pas grand-chose.

Un développement désolant pour les partisans est le fait qu’il n’y a justement pas eu de réel développement pour dénouer les principaux désaccords financiers. Aucune des deux parties n’a fait de déclaration publique cette semaine pour admettre que les camps ne pourront pas s’ouvrir comme prévu pour la première fois depuis la saison 1995.

En Floride, mercredi matin, le monument à l’effigie du défunt propriétaire des Yankees, George Steinbrenner, faisait face à un stationnement presque vide devant le complexe d’entraînement de l’organisation. Les guichets étaient fermés et une brise fraîche balayait le terrain vide où les joueurs auraient dû s’entraîner.

En Arizona, le silence régnait à l’extérieur du Salt River Fields, où s’entraînent normalement les Diamondbacks et les Rockies. La température fraîche et humide semblait ajouter au malaise alors qu’un gardien de sécurité patrouillait les lieux déserts en cherchant quoi faire.

De difficiles dernières saisons

 

C’est la troisième saison de suite que les camps d’entraînement sont perturbés. Après une fin abrupte des camps en 2020 avec le début de la pandémie, puis des camps 2021 avec des restrictions sur le nombre de partisans, voilà qu’un conflit de travail vient se mêler de la partie.

Ramirez dit n’avoir aucune idée quand le Los Olivos ressemblera enfin à ce qu’il est normalement en février et mars s’il n’y a pas de baseball. Il espère simplement qu’une entente survienne bientôt.

« Je suis un optimiste et je crois qu’on aura une entente à temps pour le début de la saison régulière, a commenté le commissaire de la ligue, Rob Manfred, lors d’une conférence de presse jeudi dernier. Manquer des matchs serait désastreux pour notre industrie et on est dévoué à tout faire pour obtenir une entente et éviter que cela se produise. »

La saison régulière 2020 n’a compté que 60 parties jouées devant des gradins vides. L’an dernier, seuls les Rangers du Texas jouaient dans un stade au maximum de sa capacité en début de saison. D’autres équipes américaines leur ont emboîté le pas au fil des mois. L’assistance a chuté drastiquement de 68,5 millions de partisans en 2019 à 45,3 millions en 2021.

Et maintenant, la ligue a décrété un lockout.

 

Manfred a indiqué la semaine dernière qu’environ quatre semaines d’entraînement sont nécessaires avant d’entreprendre le calendrier. Un délai auquel il faut ajouter quelques jours pour permettre aux joueurs de se rapporter à leur équipe.

À quel moment cela se produira, les paris sont ouverts. En attendant, les partisans et les travailleurs qui comptent sur le baseball, comme Ramirez, sont coincés dans les limbes.

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