Maxence Parrot mise sur la prudence et gagne le bronze au grand saut

Avec cette nouvelle médaille, Maxence Parrot possède maintenant trois médailles olympiques, dont une d’argent gagnée à Pyeongchang en 2018.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Avec cette nouvelle médaille, Maxence Parrot possède maintenant trois médailles olympiques, dont une d’argent gagnée à Pyeongchang en 2018.

Maxence Parrot a conclu ses Jeux olympiques, marqués par l’or et la controverse à Pékin, avec une deuxième médaille, cette fois à l’épreuve du grand saut en surf des neiges.

Après avoir raté l’atterrissage du premier de ses trois sauts en grande finale mardi, le champion québécois a été forcé de penser stratégie. « C’est là que j’ai sorti ma calculatrice, a-t-il raconté en point de presse après la compétition. Mon premier réflexe était d’y aller pour l’or, mais il aurait fallu tenter une figure que je ne réussis pas à tous les coups. J’ai choisi d’y aller avec quelque chose que je réussis presque tout le temps et qui devait être suffisant pour faire un podium. »

Et le pari a fonctionné. L’athlète de Bromont semblait même en voie de finir en deuxième position, derrière le Chinois de 17 ans Su Yiming, intouchable mardi, jusqu’à ce qu’au dernier saut de la compétition, le Norvégien Mons Roisland le fasse reculer d’une place.

Cela donne au Québécois de 27 ans une troisième médaille olympique, après celle d’or remportée une semaine plus tôt à l’épreuve de descente acrobatique (slopestyle) en surf des neiges, et la médaille d’argent gagnée à cette même épreuve aux Jeux d’hiver précédents, à Pyeongchang. Difficile d’espérer mieux pour un athlète qui se battait encore, il y a seulement trois ans, contre un lymphome de Hodgkin.

Le principal intéressé mesurait sa chance. « Mon rêve, quand j’étais jeune, a-t-il raconté, c’était juste de voyager dans le monde, faire du snowboard, gagner de l’argent et ne pas aller à l’école. Ce n’était même pas de gagner une compétition. C’était juste de vivre de mon sport. » Quant à son retour à la compétition après la maladie, il l’a qualifié de travail d’équipe. « Il y a beaucoup de monde qui m’a aidé à passer à travers ça. »

« Je ne changerais rien à mon parcours de vie, a-t-il toutefois précisé. Même les bouts les plus difficiles. Parce qu’ils te font grandir. Toutes les victoires, toutes les défaites, c’est ce qui fait la personne que je suis aujourd’hui. »

Ses coéquipiers de l’équipe canadienne Mark McMorris et Darcy Sharpe ont eu un peu moins de succès à la finale du grand saut, mardi, terminant le concours respectivement en 10e et en 12e place. Autre espoir québécois de médaille, le champion olympique en titre au grand saut, Sébastien Toutant, n’était pas parvenu à se qualifier pour la finale.

Je ne changerais rien à mon parcours de vie. Même les bouts les plus difficiles. Parce qu’ils te font grandir. Toutes les victoires, toutes les défaites, c’est ce qui fait la personne que je suis aujourd’hui. 

 

Plus tôt dans la journée, la Québécoise Laurie Blouin était aussi de la finale du grand saut en surf des neiges, dans le volet féminin. Elle a raté deux atterrissages sur trois, terminant le concours au 8e rang, tout juste derrière l’autre Canadienne, Jasmine Baird. « Je préférais tout essayer et tomber que de finir quatrième », a expliqué l’athlète de 25 ans de Stoneham, qui avait justement terminé l’épreuve de descente acrobatique au pied du podium la semaine d’avant, après avoir remporté l’argent dans cette discipline à Pyeongchang.

Controverse chez les Canadiens

 

Mark McMorris était monté sur le même podium que Parrot au terme de l’épreuve de descente acrobatique, la semaine dernière, pour y recevoir la médaille de bronze. C’était sa troisième de la même couleur en trois Jeux olympiques.

Plus tard durant la semaine, l’athlète de la Saskatchewan avait semé la controverse en déclarant sur les médias sociaux que Parrot ne méritait pas la victoire parce qu’il n’avait réussi que partiellement l’une des figures de sa dernière descente et que les juges s’en seraient rendu compte s’ils avaient pris le temps de regarder les reprises comme le règlement le leur permet. Parrot avait répliqué qu’il avait quand même eu la meilleure descente en dépit de cette erreur. McMorris s’est finalement excusé vendredi, regrettant d’avoir laissé ses « émotions prendre le dessus ».

Au terme de l’épreuve du grand saut, mardi, Mark McMorris s’est dit content d’avoir eu la chance de participer à deux finales aux Jeux de Pékin et « de revenir à la maison avec une médaille au cou ».

Questionné par les journalistes sur la qualité des juges aux JO, il a estimé qu’à mesure que le niveau du sport augmente, les performances deviennent de plus en plus difficiles à évaluer, surtout par des juges olympiques, qui ne font pas cela à plein temps et qui sont soumis, comme les athlètes, à beaucoup de pression.

« Ce n’est pas la première controverse sur le travail des juges, a dit Maxence Parrot, qui estime que la question est soulevée à deux compétitions sur trois. C’est un sport jugé. Parfois, cela tourne en ta faveur ; parfois, ça ne l’est pas. Si ça ne te plaît pas, va dans un sport chronométré. Moi, j’aime le surf des neiges, et cela fait partie de ce sport. »

Il assure toutefois ne pas s’être trop laissé distraire par toute cette affaire. « C’est sûr que c’était un défi pour moi d’oublier tout ce drame qu’on en a fait. Et c’est une autre chose dont je suis fier, d’être parvenu à ne pas laisser toute cette négativité m’affecter durant les Olympiques, parce qu’ils ne viennent que tous les quatre ans. »

Et maintenant, Max, qu’est-ce qui vous attend ? « Il m’attend beaucoup de champagne, et il m’attend aussi un nouveau chapitre dans ma vie. Je vais être papa dans quelques mois, a annoncé le futur père d’un garçon. Je suis extrêmement heureux de ça, et je vais surtout me concentrer là-dessus durant les prochaines semaines. Mais le snowboard n’est pas fini, c’est ma passion. »

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

 

Une version précédente de ce texte, qui nommait Laurie Blouin comme Laurie Blondin, a été corrigée.



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