Le froid extrême complique la tâche des athlètes

Le froid extrême et les vents violents ont été une constante dans la zone de la montagne, réduisant la capacité des athlètes à offrir des performances optimales.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le froid extrême et les vents violents ont été une constante dans la zone de la montagne, réduisant la capacité des athlètes à offrir des performances optimales.

Les skieurs et les planchistes n’ont habituellement pas froid aux yeux. Mais dans la zone montagneuse des Jeux olympiques de Pékin, le vent et la neige les font frissonner.

Zhangjiakou, une ville située à 200 kilomètres au nord-ouest de Pékin, accueille les épreuves de ski acrobatique, certaines disciplines de surf des neiges et les sports nordiques aux Jeux d’hiver de 2022. Le froid extrême et les vents violents ont été une constante dans la zone de la montagne, réduisant la capacité des athlètes à offrir des performances optimales.

Les températures diurnes au Parc à neige Genting, le principal site de la zone montagneuse, ont oscillé autour de -15 degrés Celsius, sans tenir compte du refroidissement éolien, la plupart des jours de la semaine dernière.

« C’est un facteur qui complique les choses. La neige est plus ferme, votre équipement est plus rigide, votre planche, vos bottes, tout, a expliqué le planchiste Sébastien Toutant de L’Assomption. Une fois que vos orteils sont froids ou que votre corps est froid, vous n’avez plus l’impression d’avancer aussi bien dans les figures que vous faites.

« Vous devez garder votre souplesse. »

Toutant et son coéquipier en surf des neiges Mark McMorris, de Regina, ont affirmé que les conditions étaient parfaites, lundi, alors que les températures ont atteint -5 le matin lorsqu’ils ont pris part à la finale du slopestyle.

Mais se familiariser avec le parcours de slopestyle avant les Jeux olympiques et participer à la ronde de qualification ont été pénibles, car le temps glacial a fait la vie dure à leur équipement.

« Heureux qu’il n’ait pas fait si froid aujourd’hui, a reconnu McMorris après avoir remporté le bronze en slopestyle. Mon matériel a été mis à rude épreuve hier (lors des qualifications). Je suis un peu courbaturé. »

McMorris a gardé ses lunettes et sonun masque de ski tout au long de l’entrevue en plein air pour se protéger du vent et du froid.

Les températures à Zhangjiakou chutent lorsque le soleil se couche, la finale masculine des bosses s’est déroulée par une température de -24 avant de tenir compte du vent. La finale féminine s’est tenue par un temps un peu plus clément, à -20.

Les bosseurs attendent dans une petite salle maintenue à une température relativement douce de 22 degrés avant de faire leurs courses, mais la qualité de la neige est affectée par les conditions glaciales. Sa surface très glacée peut rendre plus difficile pour les athlètes d’effectuer les mouvements précis sur lesquels ils sont jugés.

« (Les bosses sont) très abruptes, a mentionné la Britanno-Colombienne Sofiane Gagnon, qui a chuté lors de la finale féminine des bosses. Cela signifie qu’elles ne sont pas très inclinées, elles sont très carrées et difficiles à négocier. Je pense que cela rend les choses un peu plus difficiles. »

Toutant est d’accord avec Gagnon et explique que les carres métalliques des skis et des planches à neige adhèrent davantage à la neige, ce qui modifie la sensation. Il a ajouté que les chutes sont plus sévères parce que la neige glacée a moins de souplesse que la poudreuse ordinaire.

« Lorsque vous chutez, c’est plus dur pour le corps, a noté Toutant, qui a dû se couvrir le visage en écoutant les questions des journalistes. Les meilleures conditions sont quand il ne fait pas trop chaud, pas trop froid, un fond de neige ferme, mais qui vous permet de mordre dedans. »

Il a ajouté que les vents violents et imprévisibles qui balayaient les montagnes représentaient également un défi pour le slopestyle et d’autres sports qui reposent sur des figures aériennes.

« Quand (le vent est) constant, comme en descente, on peut s’en accommoder, a dit Toutant. Mais quand ça bouge, c’est vraiment délicat parce que parfois vous avez beaucoup de vitesse, parfois vous n’avez pas de vitesse. »

« C’est une chose de faire les figures que nous faisons, mais de les faire dans le vent, le risque est un peu plus élevé. »

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