Masquées ou pas, les hockeyeuses canadiennes enchaînent les victoires

Les joueuses canadiennes ont choisi de garder le masque jusqu’à la fin du match.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les joueuses canadiennes ont choisi de garder le masque jusqu’à la fin du match.

Les Canadiennes ont remporté un « match masqué » face aux hockeyeuses du ROC. Arrivés sur la glace avec une heure de retard, les deux équipes, les entraîneurs et les arbitres portaient des masques KN95.

Ceux-ci n’ont pas empêché les joueuses d’assurer leur troisième victoire d’affilée, en battant le ROC par la marque de 6-1.

Peu de détails ont été fournis sur la raison du port du masque et du retard. Quatre heures après le début prévu du match, la Fédération internationale de hockey sur glace a indiqué sur Twitter que la décision avait été prise « par prudence et par souci de la santé et de la sécurité des joueuses », sans préciser quelle équipe ne répondait pas aux mesures sanitaires requises.

« Avec des informations limitées, notre équipe est parvenue à un accord avec le ROC pour retarder le début du match d’aujourd’hui, a expliqué dans un communiqué Gina Kingsbury, directrice générale du hockey féminin pour Hockey Canada. Il a également été convenu que, par excès de prudence, toutes les joueuses porteraient un masque pour le match. »

Tests négatifs manquants

 

L’attaquante Emily Clark, qui a présenté « un test non concluant avant le début du match » selon les dires de Gina Kingsbury, a été placée en isolement juste après l’échauffement.

Les Russes avaient passé deux jours en isolement à leur arrivée à Pékin la semaine dernière en raison d’une éclosion de coronavirus au sein de l’équipe. Elles ont disputé hier soir un troisième match de suite en sous-effectif.

Avant la troisième période, les deux équipes ont reçu les résultats négatifs nécessaires, a indiqué Mme Kingsbury. Le ROC et les officiels sur la patinoire ont retiré leur masque, mais les Canadiennes ont porté le leur jusqu’à la sirène finale.

« On nous a juste dit à notre retour sur la patinoire que [les résultats des tests des joueuses russes] étaient négatifs et qu’elles n’allaient pas jouer avec les masques, a précisé l’attaquante canadienne Natalie Spooner. Nous leur avons répondu : “Eh bien, nous les avions pour les deux premières périodes, pourquoi ne pas simplement les garder ?” Nous étions déjà sur la patinoire, alors nous les avons gardés et nous avons fait avec. »

Pendant leur préparation olympique, les Canadiennes se sont habituées à jouer avec des masques chirurgicaux, mais pas avec des KN95. « Nous avons toujours porté les bleus auparavant, a ajouté Spooner. [Les KN95] sont en fait beaucoup mieux. C’est juste un peu plus difficile de bien voir la rondelle. »

« Si les Canadiennes peuvent, tu peux »

Si le masque n’a pas semblé déranger les joueuses, il a fait réagir loin de la bulle olympique. En Belgique et en France, notamment, les médias ont relayé l’histoire de cette « scène surréaliste ».

Sur Twitter, des utilisateurs ont souligné la victoire des athlètes masquées, et en ont profité pour critiquer les opposants à cette mesure sanitaire, qui se plaignent souvent de difficultés respiratoires.

« Après avoir vu l’équipe de hockey féminine canadienne battre les Russes 6-1 en portant des masques N95, je pense qu’on peut dire que les “défenseurs de la liberté” antimasques stationnés à Ottawa n’ont comme plus vraiment de pertinence », a écrit sur Twitter Mathieu Ferron, professeur au Département de médecine de l’Université de Montréal.

Un avis partagé par Jeff Courteau. Non scientifique, cet utilisateur de Twitter, qui se décrit comme « papa, chasseur, sportif », estime que « si les Canadiennes peuvent clancher les Russes au hockey en portant un masque N95 pendant tout le match, toi aussi tu peux porter un ti masque pour aller chercher ta booze à la SAQ pis tes king cans au dépanneur. »

De l’autre côté, le Parti populaire du Canada de la circonscription de Pierrefonds–Dollard a plutôt considéré la mesure comme « de la pure #Propagande du #ChinaCommunistParty », se demandant « comment le Comité olympique canadien et Hockey Canada peuvent accepter une telle absurdité qui va à l’encontre des recommandations de base de l’Organisation mondiale de la santé ».

L’équipe canadienne affrontera les États-Unis ce soir, à 23 h 10, heure de Montréal, pour le premier rang du groupe A.

Avec La Presse canadienne.



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