Kent Hughes en quête d'une nouvelle identité pour le Canadien de Montréal

À la fin de la conférence de presse que Kent Hughes a donnée mercredi, il a laissé pressentir que Dominique Ducharme pourrait être remplacé à titre d’entraîneur-chef du Canadien.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À la fin de la conférence de presse que Kent Hughes a donnée mercredi, il a laissé pressentir que Dominique Ducharme pourrait être remplacé à titre d’entraîneur-chef du Canadien.

Le nouveau directeur général du Canadien de Montréal, Kent Hughes, a exposé mercredi sa vision pour l’avenir du Bleu-blanc-rouge. Beaucoup de ficelles restent à attacher, mais le « caractère » et l’« identité » des joueurs joueront un rôle « très important » dans la reconstruction de l’équipe.

Sur la glace du Centre Bell, devant des dizaines de journalistes, l’ancien agent de joueurs semblait prendre conscience de l’ampleur de ses nouvelles tâches. L’encre sur son contrat venait tout juste de sécher. Sa nomination a été confirmée lundi.

« J’ai pas mal plus rêvé de jouer ici, mais [de devenir directeur général], c’est la deuxième meilleure option », a-t-il déclaré en français.

Tout au long de son premier bain médiatique, Hughes n’a pas voulu parler de « reconstruction ». Le renouveau s’annonce pourtant incontournable. Le Canadien a touché le fond du classement de la LNH, et le pilier de l’équipe depuis une décennie, Carey Price, se fait vieillissant.

Sa première tâche consistera ainsi à dénicher un nouveau responsable du recrutement. Le Canadien de Montréal n’a plus de recruteur en chef depuis le congédiement de Trevor Timmins. Les dépisteurs seront « extrêmement importants », a indiqué Hughes. « Sur le plan du dépistage, je crois en certaines choses. Qu’est-ce qu’on veut dans un joueur du Canadien ? Le caractère et l’identité sont quelque chose de très important », a-t-il souligné.

J’ai pas mal plus rêvé de jouer ici, mais [de devenir directeur général], c’est la deuxième meilleure option

 

« Il y a des pièces intéressantes ici autour desquelles nous pouvons construire, a mentionné Hughes lorsque questionné sur les éléments à conserver. Il y a de jeunes joueurs excitants comme [Nick] Suzuki et [Cole] Caufield ainsi que des joueurs établis. Mais je ne peux pas répondre à cette question sans apprendre à connaître les gens, parce que pour moi, le caractère et le leadership sont des éléments clés d’une organisation qui a du succès. Je dois rencontrer les joueurs et comprendre la dynamique dans le vestiaire. »

Interrogé sur le rôle des Québécois dans le prochain chapitre de l’histoire des Glorieux, le nouveau directeur général a répondu en exposant sa connaissance du hockey d’ici. « J’ai passé une bonne partie de ma carrière, en particulier les dix premières années, au Québec. J’ai représenté de très bons joueurs québécois, comme Vincent Lecavalier, Kristopher Letang ou Patrice Bergeron. Je suis familier avec la LHJMQ. On va utiliser les contacts que j’ai développés pendant 15-20 ans pour aller chercher les meilleurs joueurs du Québec. »

Changement de cap

Au-delà des joueurs comme tels, toute « l’identité » du club devra aussi changer, croit le nouveau visage du Canadien. « Une équipe victorieuse a une culture, un environnement dans lequel les gens veulent participer. Il faut que tout le monde rame dans la même direction au meilleur de ses capacités. Je ne parle pas que des joueurs, tout le personnel de l’organisation doit ramer dans la même direction. »

Ce changement de cap s’accorde avec les volontés de ses collègues présents à ses côtés mercredi, soit Jeff Gorton, le vice-président des opérations hockey du Canadien, et Geoff Molson, le président et propriétaire de l’équipe. « Quand je lui posais des questions sur ses priorités, j’écoutais les réponses d’un côté humain », a spécifié ce dernier, en référence aux entretiens d’embauche qu’il a menés.

Il faut que tout le monde rame dans la même direction au meilleur de ses capacités. Je ne parle pas que des joueurs, tout le personnel de l’organisation doit ramer dans la même direction.

 

Hughes a expliqué que son objectif principal était de faire en sorte que le Canadien puisse gagner à long terme. « Je ne veux pas bâtir pour l’an prochain, deux ans, ou une année en particulier. On veut bâtir une organisation capable de compétitionner chaque année. »

« Idéalement », le style de la formation sera axé sur l’offensive. « On veut une équipe qui joue vite, sans et avec la rondelle. »

En toute fin de conférence, Kent Hughes a laissé pressentir que les jours de l’entraîneur-chef, Dominique Ducharme, derrière le banc du Canadien pourraient être comptés. Les deux hommes ne se connaissent pas personnellement. « Je sais ce qu’un entraîneur moderne doit être. On va choisir un entraîneur qui doit être capable d’entraîner cette équipe », a-t-il dit sans s’avancer davantage.

Hughes prévoit également rencontrer tout le personnel des autres divisions de l’organisation afin d’être prêt pour la période des échanges. La date limite des transactions est le 21 mars.

« Pas mon meilleur ami »

Geoff Molson a précisé que le Canadien avait rencontré 11 candidats pour le poste de directeur général. Le président et son équipe ont fait passer une deuxième entrevue à un groupe de trois finalistes avant que l’organisation arrête son choix sur Hughes.

Hughes et Gorton se connaissent depuis des années, et plusieurs voix ont récemment décrié que la décision était arrêtée depuis longtemps. Jeff Gorton a tenu à remettre les pendules à l’heure concernant son lien d’amitié avec Hughes. « Sans vouloir manquer de respect, il n’est pas mon meilleur ami », a-t-il déclaré.

Pourtant, Gorton a déjà tenté d’embaucher Hughes lorsqu’il était chez les Rangers de New York. Il a même mentionné que lui et Hughes se parlaient au téléphone « quelques fois par semaine depuis des années ».

« Si je n’étais pas le meilleur candidat, je ne serais pas là », a déclaré le principal intéressé pour trancher sur la question.

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