Novak Djokovic n’est pas vacciné mais peut rester en Australie

Des Australiens membres de la communauté serbe ont manifesté leur appui à Novak Djokovic, lundi, à Melbourne.
Photo: William West Agence France-Presse Des Australiens membres de la communauté serbe ont manifesté leur appui à Novak Djokovic, lundi, à Melbourne.

La vedette serbe de tennis Novak Djokovic a remporté sa bataille juridique visant à rester en Australie pour participer aux Internationaux d’Australie. Mais l’affaire est loin d’être terminée puisque le gouvernement menace d’annuler son visa une seconde fois et de le renvoyer du pays.

« Je suis heureux et reconnaissant que le juge ait infirmé la décision d’annuler mon visa, a écrit Novak Djokovic sur son compte Twitter. Malgré tout ce qui s’est passé, je veux rester et essayer de concourir à l’Open d’Australie. »

Le juge Anthony Kelly, de la Cour fédérale, a rétabli le visa de Djokovic, qui avait été révoqué après son arrivée la semaine dernière parce que les autorités avaient décidé qu’il ne remplissait pas les critères d’exemption de l’exigence selon laquelle tous les non-citoyens devaient être complètement vaccinés. Les avocats de Djokovic avancent que, depuis qu’il s’est récemment rétabli d’une infection, il n’avait pas besoin d’être vacciné selon les règles australiennes.

Le juge a statué que le numéro un mondial n’avait pas eu suffisamment de temps pour parler à ses avocats avant que la décision concernant son visa ne soit prise et a ordonné au gouvernement de le libérer immédiatement de l’hôtel de quarantaine de Melbourne où il a passé les quatre dernières nuits.

Lundi, l’avocat du gouvernement Christopher Tran a toutefois informé le juge que le ministre de l’Immigration « examinera s’il faut exercer un pouvoir personnel d’annulation ».

Cela signifierait que le nonuple vainqueur des Internationaux d’Australie et champion en titre pourrait être expulsé de nouveau et rater le tournoi, qui commence le 17 janvier. Cela pourrait également l’empêcher de revenir au pays pendant trois ans.

Cette affaire a retenu l’attention partout et provoqué le mécontentement en Australie, où beaucoup ont d’abord décrié le fait que Djokovic, connu pour être sceptique au sujet des vaccins, avait reçu une exemption aux règles strictes pour jouer à Melbourne. Beaucoup ont estimé que le joueur vedette, dont les documents judiciaires indiquent qu’il n’est pas vacciné contre la COVID-19, recevait un traitement spécial, car les Australiens qui ne sont pas vaccinés font face à de strictes restrictions de voyage et de quarantaine.

Mais lorsque la police des frontières l’a ensuite arrêté à son arrivée, d’autres ont crié au scandale, affirmant qu’il était le bouc émissaire d’un gouvernement australien critiqué pour sa récente gestion de la pandémie.

S’adressant à la chaîne de télévision Prva à Belgrade, en Serbie, le frère cadet du joueur, Djordje Djokovic, a qualifié la décision du juge de « grande défaite pour les autorités australiennes ».

« Pour moi, c’est la plus grande victoire de sa carrière, plus grande que tous ses Grands Chelems », a renchéri sa mère, Dijana.

Mais Djordje Djokovic a ajouté que la famille avait entendu dire que son frère pourrait encore être détenu, bien qu’il n’ait donné aucun détail. « C’est assurément de la politique, tout cela était de la politique », a-t-il dit.

Un « cirque »

Le bureau de la ministre de l’Intérieur, Karen Andrews, a confirmé que Novak Djokovic n’avait pas été arrêté. On ne sait trop où il se trouve pour l’instant, bien que des centaines de spectateurs se soient rassemblés lundi soir devant le bureau de son avocat à Melbourne, beaucoup portant des drapeaux serbes et les couleurs rouge, blanc et bleu de la Serbie. Ils ont scandé « Free Nole » (« Libérez Nole », le surnom de la vedette). La police les a ensuite dispersés lorsqu’ils ont encerclé une voiture qui tentait de quitter la zone.

L’Espagnol Rafael Nadal a qualifié la controverse de « cirque » et a confié qu’il soutenait la décision autorisant son rival à participer au prochain tournoi.

C’est assurément de la politique, tout cela était de la politique

 

« Au-delà d’être d’accord ou non avec Djokovic sur certaines choses, il ne fait aucun doute que la justice a parlé et a dit qu’il avait le droit de participer aux Internationaux d’Australie », a mentionné Nadal, lundi, lors d’une entrevue avec la radio espagnole Onda Cero.

Djokovic a remporté les Internationaux de tennis d’Australie neuf fois, dont à chacune des trois dernières années. En simple masculin, il détient vingt titres de Grand Chelem, ce qui le place à égalité avec Roger Federer et Rafael Nadal.

Avec l’Agence France-Presse

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