La Serbie mobilisée derrière Djokovic 

Les parents de Djokovic, Srdan Djokovic (à droite) et Dijana Djokovic (à gauche), assistaient à un rassemblement devant l’Assemblée nationale de Serbie à Belgrade, jeudi, pour protester contre l’annulation du visa.
Photo: Andrej Isakovic Agence France-Presse Les parents de Djokovic, Srdan Djokovic (à droite) et Dijana Djokovic (à gauche), assistaient à un rassemblement devant l’Assemblée nationale de Serbie à Belgrade, jeudi, pour protester contre l’annulation du visa.

Novak Djokovic passe sa deuxième nuit en Australie dans un centre de rétention de Melbourne, après l’annulation de son visa : le meilleur joueur de tennis de la planète devrait être fixé sur son sort lundi, alors qu’en attendant, en Serbie, le président et Djokovic père dénoncent une « chasse politique ».

À dix jours du coup d’envoi de l’Open d’Australie (17 au 30 janvier), dont il est le triple tenant du titre, Djokovic vit un cauchemar. Il doit passer jeudi soir une deuxième nuit dans une chambre exiguë du Park Hotel de Melbourne, utilisé par le gouvernement australien pour retenir des personnes en situation irrégulière.

Le « Djoker », resté muet sur son statut vaccinal par rapport à la COVID-19, y a été conduit après l’annulation de son visa par les douaniers australiens, qui lui ont refusé l’entrée en Australie parce qu’il n’avait pas les documents nécessaires pour obtenir une dérogation médicale à l’obligation vaccinale.

Le no 1 mondial attend l’issue de sa bataille judiciaire visant à rester sur le territoire australien dans cet hôtel qui a mauvaise réputation. Un incendie y a éclaté en décembre, forçant son évacuation. Des personnes retenues se sont plaintes sur les réseaux sociaux, photos à l’appui, de trouver des asticots et des moisissures dans la nourriture, et en octobre, 21 personnes y ont contracté la COVID-19.

« Cet hôtel est infâme au sens propre du terme », a affirmé le président serbe, Aleksandar Vučić.

« Il tiendra bon »

« Ce qui n’est pas fair-play, c’est la chasse politique [contre Djokovic] à laquelle tous participent, à commencer par le premier ministre de l’Australie, qui prétend que les règles sont valables pour tous », a-t-il déclaré à la presse de son pays. Les autorités serbes, a-t-il souligné, font « tout leur possible » pour aider Djokovic.

Le ministère des Affaires étrangères serbe a précisé dans un communiqué diffusé jeudi en fin d’après-midi avoir exprimé une « protestation orale » à l’ambassadeur d’Australie à Belgrade en raison du « traitement inapproprié » que Djokovic doit subir.

« Novak Djokovic n’est ni un criminel, ni un terroriste, ni un migrant illégal, mais il a été traité de la sorte par les autorités australiennes, ce qui provoque l’indignation de ses supporters et des citoyens de la Serbie », indique le communiqué.

À Belgrade toujours, la famille de Djokovic a organisé une manifestation de soutien au joueur vedette.

 

« Il a rempli toutes les conditions nécessaires à son entrée et à sa participation au tournoi, qu’il aurait remporté, bien sûr. Car il s’agit de Novak, le meilleur joueur de tennis et sportif du monde », a déclaré son père, Srdjan, lors d’une conférence de presse.

« Jésus a été crucifié et soumis à beaucoup de choses, mais il a tenu et est encore vivant parmi nous. Novak est lui aussi crucifié de la même manière, lui, le meilleur sportif et homme au monde. Il tiendra bon », a estimé Djokovic père.

La communauté serbe de Melbourne s’est aussi mobilisée, manifestant aux côtés de pourfendeurs des vaccins ou encore de défenseurs des migrants, devant le Park Hotel.

« Pourquoi ne lui avoir rien dit avant qu’il vienne en Australie ? Pourquoi maintenant ? […] J’aime l’Australie, mais ce que vous faites maintenant, c’est une honte pour vous », vocifère Gordana, une Serbe qui vit en Australie depuis 26 ans, dans un échange avec l’AFP.

Audience prévue lundi

 

Au cours d’une première audience devant un juge de Melbourne, jeudi, un avocat du gouvernement a indiqué que l’expulsion ne surviendrait pas avant la tenue d’une autre audience, prévue lundi.

Déjà présent en Australie, l’Espagnol Rafael Nadal, qui a contracté la COVID-19 le mois dernier malgré deux doses de vaccin, a exprimé peu de sympathie pour son rival serbe.

« Si vous êtes vacciné, vous pouvez jouer l’Open d’Australie et jouer partout, et à mon avis, le monde a trop souffert pour qu’on ne respecte pas les règles », a-t-il déclaré.

Déjà vainqueur de 20 titres de Grand Chelem, comme Roger Federer et Rafael Nadal, Novak Djokovic visait un 21e titre, un total record, à l’Open d’Australie, un tournoi qu’il a gagné neuf fois.

Depuis des mois, Djokovic laissait planer le doute sur sa participation en raison de l’obligation d’être vacciné contre la COVID-19 pour entrer en Australie.

À voir en vidéo