Marion Thénault obtient l’argent au Relais

Marion Thénault a réussi un double périlleux arrière avec trois vrilles en super finale, ce qui lui a valu un pointage de 93,41.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Marion Thénault a réussi un double périlleux arrière avec trois vrilles en super finale, ce qui lui a valu un pointage de 93,41.

La Québécoise Marion Thénault ne croyait plus pouvoir passer en finale après avoir raté l’atterrissage lors de son saut de qualification.

Thénault s’est finalement faufilée à l’étape suivante et a pleinement profité de cette deuxième chance, remportant finalement la médaille d’argent lors de la Coupe du monde de saut acrobatique présentée mercredi au centre de ski Le Relais.

La Sherbrookoise a réussi un double périlleux arrière avec trois vrilles en super finale, ce qui lui a valu un pointage de 93,41. L’ex-gymnaste n’a été devancée que par la Chinoise Mengtao Xu, qui a reçu une note de 103,92. Le podium a été complété par une autre sauteuse chinoise, Fanyu Kong (92,70).

Chez les hommes, le Chinois Jiaxu Sun s’est imposé avec une note de 120,81, devant son compatriote Longxiao Yang (119,91) et le Suisse Nicolas Gygax (119,91). Yang a eu l’avantage sur son rival au bris d’égalité grâce à une note de 13,70 pour la posture, contre 12,50 pour Gygax.

Il s’agit de la troisième apparition de Thénault parmi les cinq premières cette saison, et de son troisième podium en carrière sur le circuit de la Coupe du monde. L’athlète de 21 ans avait notamment triomphé à Almaty, au Kazakhstan, le 13 mars 2021.

« Ça a été une journée forte en émotions, a admis Thénault. J’ai eu des problèmes en qualification et j’ai été chanceuse de pouvoir faire la finale. Je l’ai pris comme une deuxième chance, et je voulais tout donner pour me rendre jusqu’à la fin. »

« Je voulais tellement un podium. Je suis vraiment contente », a-t-elle ajouté.

Les compatriotes de Thénault, Flavie Aumond, de Lac-Beauport, Naomy Boudreau-Guertin, de Boischatel, et Justine Ally, de Lac-Supérieur, ont suivi aux 6e, 11e et 12e échelons, respectivement.

Thénault avait peine à croire qu’elle avait gagné l’argent devant quelques-uns de ses proches, qui étaient bénévoles pour l’événement. Aucun spectateur n’était admis en raison des restrictions liées à la pandémie de COVID-19.

La journée de Thénault avait bien mal commencé : l’athlète avait perdu l’équilibre à l’atterrissage après avoir tenté un double périlleux arrière avec deux vrilles en qualification. Elle s’était contentée d’un score de 69,30 et avait dû attendre jusqu’à la fin de cette étape pour savoir si elle ferait partie des 12 skieuses accédant à la finale.

Elle avait finalement obtenu son billet pour la finale quand la dernière skieuse à s’élancer, la Kazakhe Anhelina Brykina, avait reçu une note de 68,64m qui la plaçait au 13e rang, tout juste derrière Thénault et ses 69,30 points.

« J’étais certaine que c’était fini. C’est mon entraîneur qui m’a dit de rester là et qu’on ne savait pas encore. Je l’ai regardé avec un air disant “es-tu sérieux ?” a raconté Thénault. Finalement, je suis passée en 12e place. J’ai pu rentrer chez moi et faire un “reset” complet. J’avais une deuxième chance et je voulais en tirer le maximum. »

Lors de la finale, Thénault a pris le sixième et dernier rang donnant accès à la super finale. Même si elle admet ne pas avoir été parfaite en super finale, son saut lui a néanmoins permis de monter sur la deuxième marche du podium.

Thénault a avoué qu’elle était un peu plus stressée qu’à l’habitude avant de s’exécuter pour une première fois devant ses proches en Coupe du monde. Elle croit cependant que cette expérience sera bénéfique en prévision des Jeux olympiques de Pékin, qui se tiendront le mois prochain.

« Je dirais que de sauter à la maison, c’était vraiment un stress auquel je n’étais pas habituée. Évidemment, je voulais un podium, mais j’avais beaucoup d’encouragements. Tout le monde voulait aussi que je gagne. D’avoir tout ça aussi proche de moi, c’était vraiment inhabituel. Je n’ai pas été capable de bien gérer la pression. »

« C’est ça que Jeff (Bean, son entraîneur) dit. Il ne veut pas me protéger de cette pression-là, parce que c’est une pression que je vais vivre tout le temps. Il faut que je m’y habitue et que je fasse du mieux possible », a poursuivi Thénault.

Fontaine et Nadeau sont déçus

 

Chez les hommes, Victor Primeau, de Lac-Beauport, et Alexandre Duchaine, de Québec, ont été les seuls à se qualifier pour la finale. Ils ont terminé respectivement 11e et 12e.

Pierre-Olivier Côté et Miha Fontaine, tous deux de Lac-Beauport, Duchaine ainsi qu’Émile Nadeau, de Prévost, tentaient des sauts périlleux triples pour une première fois en compétition individuelle.

Grâce à un saut périlleux triple avec trois vrilles bien exécuté, Duchaine a terminé en cinquième position des qualifications. Il a cependant raté la manœuvre en finale.

« Je suis vraiment content d’avoir atterri mon premier triple en qualification, a déclaré Duchaine. J’ai commis une petite erreur à la fin [en finale], mais je suis super content. »

Côté a terminé en 13e position lors des qualifications, à près de neuf points du 12e rang et d’une place en finale. Fontaine et Nadeau ont pris respectivement les 17e et 30e rangs et étaient particulièrement déçus de leur résultat, alors qu’ils luttent pour une qualification olympique.

« J’ai manqué mon départ et j’étais un peu trop vers l’avant. Mes genoux ont plié dans le saut, et ça m’a fait aller plus loin dans la zone d’atterrissage », a expliqué Nadeau, qui est âgé de 17 ans.

« C’est plus difficile de s’ajuster dans les airs, et c’est pour ça que j’ai atterri un peu plus vers l’arrière et que j’ai manqué mon atterrissage », a-t-il ajouté.

Fontaine, Nadeau et les autres sauteurs auront l’occasion de se reprendre la semaine prochaine lors de la Coupe du monde présentée à Deer Valley, dans l’Utah.

« Il y en aura un peu plus [de pression], mais je me concentre sur chaque saut et je prends les choses un jour à la fois », a souligné Fontaine, qui a célébré son 18e anniversaire de naissance lundi.

Fontaine et Nadeau espèrent terminer parmi les huit premiers pour améliorer leurs chances de se qualifier pour les Jeux olympiques de Pékin.

 

Nicolas Martineau, de Mirabel, a terminé en 14e position. Anthony Noël, de Québec, a conclu la compétition en 20e position.

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