Novak Djokovic obtient un sursis jusqu'à lundi en Australie

Novak Djokovic visait un 21e titre, un record, à Melbourne. Le Serbe a remporté son premier Grand Chelem à l’Open d’Australie en 2008 et y a depuis récolté neuf victoires.
Photo: Patrick Hamilton Agence France-Presse Novak Djokovic visait un 21e titre, un record, à Melbourne. Le Serbe a remporté son premier Grand Chelem à l’Open d’Australie en 2008 et y a depuis récolté neuf victoires.

Novak Djokovic, menacé d'expulsion par l'Australie après l'annulation de son visa à dix jours du premier tournoi du Grand Chelem de l'année, a obtenu un sursis jusqu'à lundi, mais s'apprêtait jeudi à passer sa deuxième nuit en rétention, nouvel épisode d'une saga rocambolesque teintée d'incident diplomatique.

Le Serbe, muet concernant son statut vaccinal par rapport à la CVID-19, a été refoulé mercredi soir à son arrivée à Melbourne où il comptait participer à l'Open d'Australie de tennis (17-30 janvier). Mais il a déposé un recours contre la décision des autorités de lui refuser l'entrée, faute de documents nécessaires pour obtenir une dérogation médicale à l'obligation vaccinale.

Au cours d'une première audience jeudi devant un juge de Melbourne, un avocat du gouvernement a indiqué que l'expulsion n'interviendrait pas avant une autre audience prévue lundi.

Le juge Anthony Kelly, devant lequel s'est déroulée l'audience de jeudi, a averti que la justice suivrait son cours sans précipitation et sans se laisser influencer par la polémique. « Le cavalier ne se laissera pas mener par sa monture », a-t-il averti.

Une poignée hétéroclite de supporters - des Serbes agitant des drapeaux, des anti-vaccins ou encore des défenseurs des migrants - se sont rassemblés jeudi devant le Park Hotel de Melbourne, utilisé par le gouvernement pour retenir des personnes en situation irrégulière, et où Djokovic se trouvait.

 

Asticots dans la nourriture

 

Cet hôtel, devant lequel se déroulent régulièrement des manifestations, a mauvaise réputation. Un incendie y a éclaté en décembre, forçant son évacuation. Des personnes retenues se sont plaintes sur les réseaux sociaux, photos à l'appui, de trouver des asticots et des moisissures dans la nourriture. En octobre, 21 personnes y ont contracté la COVID-19.

« Pourquoi ne lui avoir rien dit avant qu'il vienne en Australie? Pourquoi maintenant? (...) J'aime l'Australie mais ce que vous faites maintenant, c'est une honte pour vous », s'est emportée Gordana, une Serbe qui vit depuis 26 ans en Australie, auprès de l'AFP. 

Au moins une personne a été appréhendée alors que les forces de l'ordre tentaient de disperser les manifestants.

Le père du N.1 mondial, Srdjan Djokovic, a appelé à une autre manifestation de soutien pour « Nole » à Belgrade.

Djokovic avait annoncé, le sourire aux lèvres, son départ pour Melbourne sur Instagram mardi. Mais le Serbe, qui s'était opposé à la vaccination obligatoire et dont le statut vaccinal est inconnu, a finalement déchanté.

Son visa a été annulé, les autorités expliquant qu'il n'avait « pas fourni les éléments appropriés pour entrer en Australie » sans davantage de précision.

Le sort réservé à « Djoko » est très mal passé du côté de la Serbie. Son président Aleksandar Vucic a écrit sur Instagram que « toute la Serbie était avec lui (Djokovic) » et que « les autorités prenaient toutes les mesures nécessaires pour que le mauvais traitement du meilleur joueur de tennis du monde cesse aussitôt que possible ».

Le quotidien serbe Informer a titré en Une « une honte »: « Le plus grand scandale de tous les temps ! Le meilleur joueur de tennis de la planète sera expulsé d'Australie. »

Djokovic était déjà dans le collimateur de la classe politique australienne après l'annonce de sa dérogation médicale pour participer à l'Open d'Australie.

L'Espagnol Rafael Nadal, qui a contracté la COVID le mois dernier malgré deux doses de vaccin, a exprimé peu de sympathie pour son rival serbe.

« Si vous êtes vacciné, vous pouvez jouer l'Open d'Australie et partout, et à mon avis le monde a suffisamment souffert pour ne pas respecter les règles », a déclaré Nadal. Djokovic « a pris ses propres décisions, et tout le monde est libre de prendre ses propres décisions, mais ensuite il y a des conséquences », a-t-il ajouté.

 

« Pas pour les vaccins »

 

« S'il a une exemption, alors il devrait être ici. Si quelque chose a cloché avec ses papiers et qu'ils ne l'ont pas laissé entrer, eh bien cela arrive parfois », a pour sa part philosophé le Russe Daniil Medvedev. « J'ai eu beaucoup de problèmes de visa dans ma carrière », a-t-il confié.

Déjà vainqueur de 20 Grands Chelems, comme Roger Federer et Rafael Nadal, Novak Djokovic visait un 21e titre record à l'Open d'Australie, un tournoi qu'il a gagné neuf fois.

Depuis des mois, « Nole » laissait planer le doute sur sa participation en raison de l'obligation de se vacciner contre la COVID-19 pour entrer en Australie.

Djokovic s'était exprimé dès avril 2020 contre la vaccination obligatoire. « Personnellement, je ne suis pas pour les vaccins. Je n'aimerais pas que quelqu'un m'oblige à me faire vacciner pour voyager », avait-il affirmé.

Il avait finalement annoncé mardi avoir obtenu une dérogation médicale lui permettant de faire le voyage en Australie. La réglementation du pays prévoit ce type de dérogation dans de rares cas.

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