Beterbiev-Browne couronnera une grande soirée

Artur Beterbiev, ici lors d'un combat en mars 2021 à Moscou, sera le grand favori.
Photo: Olga Ivashchenko Associated Press Artur Beterbiev, ici lors d'un combat en mars 2021 à Moscou, sera le grand favori.

Il y a longtemps que le Centre Bell, voire le Québec, n’aura pas été l’hôte d’un gala de boxe aussi important, alors que pas moins de trois ceintures de championnat du monde ainsi qu’un titre mineur seront à l’enjeu, vendredi.

Artur Beterbiev (16-0, 16 K.-O.) mettra d’abord sa fiche immaculée et ses titres de l’international Boxing Federation (IBF) et du World Boxing Council (WBC) des mi-lourds à l’enjeu contre l’Américain Marcus Browne (24-1, 16 K.-O.), qui est son aspirant obligatoire à l’IBF. Ils sauteront sur le ring quelques minutes seulement après que Marie-Ève Dicaire (17-1) et la Mexicaine Cynthia Lozano (9-0, 7 K.-O.) auront tenté de mettre la main sur le titre vacant des super-mi-moyennes de l’IBF.

En sous-carte, le lourd-léger Yan Pellerin (12-1, 5 K.-O.) tentera de mettre la main sur le titre vacant de la North American Boxing Organization (NABO) face au Mexicain Francisco Rivas (15-2, 5 K.-O.).

 

Beterbiev s’amène pour ce combat à titre de grand favori. Mais Browne compte bien gâcher la fête. Celui qui a subi sa seule défaite en carrière face à Jean Pascal — un K.-O. technique inscrit au huitième round à la suite d’un coup de tête accidentel qui a ouvert l’arcade sourcilière gauche de l’Américain de 31 ans, en août 2019 — ne compte pas rater l’opportunité qui lui est de nouveau offerte de mettre la main sur un titre mondial.

Son entraîneur, Derrick James, compte d’ailleurs écrire une page d’histoire avec cette victoire, lui qui deviendrait le premier à diriger trois champions unifiés en même temps. James entraîne également le champion IBF et WBC des mi-moyens, Errol Spence fils, ainsi que Jermell Charlo, champion de l’IBF, du WBC et de la World Boxing Association des super-mi-moyens.

« Artur Beterbiev est un grand champion, mais vendredi, on change le cours de l’histoire », a affirmé Browne, qui a ajouté qu’il en avait marre de discuter et qu’il avait bien hâte d’en découdre avec le champion.

Ce qui tombe à merveille, car le clan Beterbiev a aussi bien hâte d’effectuer une première défense de titre à la maison.

« Si nous étions enthousiastes à l’idée de livrer une première défense à la maison, c’est encore plus vrai après la préparation que nous avons eue, a indiqué Marc Ramsay, l’entraîneur de Beterbiev. Ça faisait longtemps que nous n’avions pas pu faire un camp d’entraînement complet dans notre gymnase, que nous avons créé de toutes pièces pour avoir une préparation optimale.

« On connaît bien notre sujet : (Marcus Browne) est un boxeur que je suis depuis les niveaux amateurs et que j’ai déjà invité dans des camps d’entraînement. Je connais donc bien la’bibitte’avec laquelle nous allons boxer. Je connais bien ses forces et ses faiblesses. Pour moi, la conclusion de ce combat ne fait aucun doute », a-t-il dit sans prédire la façon dont le duel prendra fin.

Ramsay et Beterbiev ne sont toutefois pas tombés dans la complaisance.

 

« Ce n’est jamais personnel, on ne se prépare jamais en fonction d’un nom, a expliqué Ramsay. On veut offrir la meilleure performance possible. C’est certain qu’on doit mettre de l’avant un plan de match tactique et stratégique en fonction de Browne, mais ça s’arrête à ça. Tout le reste, le niveau d’intensité, c’est marqué par les réalisations qu’on veut accomplir et non par un seul combat de boxe. »

Beterbiev a souligné qu’il y avait plusieurs aspects de Browne à tenir compte, sans toutefois entrer dans les détails.

« Si je vous le dis, mon adversaire le saura aussi. »

Retrouver « sa » ceinture

Pour Dicaire, il s’agit de retrouver « sa » ceinture que lui a ravie l’Américaine Claressa Shields, en mars dernier. Shields, qui était devenue championne unifiée de la division après cette victoire, a depuis délaissé ces ceintures pour tenter de devenir la première de l’histoire à être championne unifiée dans trois divisions de poids depuis l’avènement des quatre organismes de sanction.

« C’est un combat qui est très important pour moi, a déclaré la boxeuse de St-Eustache. Ça permettra de retirer le mot’ex’lors des présentations. […] Cette ceinture, c’est la mienne, et elle restera au Québec », a-t-elle ajouté à l’endroit de Lozano.

Classée no 1 à l’IBF, Dicaire disputera un sixième championnat du monde. Si elle devait retrouver la ceinture des super-mi-moyennes de l’IBF, elle deviendrait la troisième boxeuse issue du Québec seulement à redevenir championne après avoir perdu le titre. Les deux autres sont Lou Brouillard (1933) et Jean Pascal (2019).

Lozano est quant à elle classée cinquième aspirante à l’IBF et no 1 de la World Boxing Association (WBA) à 154 livres, même si la fiche combinée de ses adversaires en neuf combats est de 5-13. Deux des pugilistes qu’elle a affrontées en étaient d’ailleurs à leurs premiers pas professionnels.

Dicaire ne sous-estime toutefois pas son adversaire : elle sait trop bien ce qu’elle a pu ressentir en se préparant pour son premier championnat.

« Je le sais trop bien à quel point ça me servait de motivation avant d’obtenir cette première chance. J’ai déjà été celle qui avait moins de vécu, qui était sous-estimée. je rentrais tous les jours au gymnase le couteau entre les dents. je me souviens que j’étais dangereuse dans cet état d’esprit : elle pourrait l’être aussi. »

« Je sais que Dicaire peut être battue, c’est un gros avantage, a-t-elle dit par le truchement d’un interprète. Elle devra être prête pour moi. […] Je ne compte pas rater cette grande opportunité de ramener le titre au Mexique. »

Le premier des huit combats de cette soirée de Groupe Yvon Michel est prévu pour 18 h 30.

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