Les joueurs de pétanque prennent Legault au mot et réclament un boulodrome

Selon la Fédération de pétanque du Québec, qui compte environ 3500 membres à travers le Québec, la forte demande aurait tôt fait de rentabiliser l’investissement de fonds publics.
Photo: Joseph Nair Associated Press Selon la Fédération de pétanque du Québec, qui compte environ 3500 membres à travers le Québec, la forte demande aurait tôt fait de rentabiliser l’investissement de fonds publics.

La Fédération de pétanque du Québec (FPQ) prend le premier ministre François Legault au mot : l’aide financière du gouvernement pour la construction de boulodromes produirait des retombées économiques, soutient un de ses représentants.

Bernard Aurouze, un administrateur de l’organisme sportif, a souligné le manque d’infrastructures pour la pratique hivernale du sport.

« Le sport serait plus développé si on avait des boulodromes de qualité, a-t-il dit cette semaine dans une entrevue au Devoir. Ça se rentabiliserait beaucoup mieux qu’un salon de quilles parce que c’est beaucoup plus populaire que les quilles aujourd’hui. »

La semaine dernière, M. Legault a fait une déclaration qui n’est pas passée inaperçue chez les amateurs de pétanque.

« Si, demain, il y a un projet pour une équipe professionnelle de pétanque qui a des retombées économiques importantes, on va l’étudier pour voir si ça améliore les revenus nets du gouvernement du Québec », a affirmé le premier ministre.

M. Legault a fait cette déclaration en Chambre, pour illustrer son raisonnement au sujet d’une éventuelle demande de financement pour le retour d’une équipe de baseball professionnel à Montréal.

M. Aurouze est bien conscient que le premier ministre a fait une boutade en donnant l’exemple de la pétanque.

« Ça ne nous choque pas », a-t-il dit.

Mais la FPQ a voulu profiter de l’occasion pour suggérer la construction d’au moins un boulodrome digne de ce nom à Montréal ou à Québec.

« Quand on a vu ça, c’est une boutade de plus, on s’est dit que c’était peut-être à nous, le milieu, à avoir le courage de déposer un projet pour établir une infrastructure internationale, a dit M. Aurouze. Mais ça ne veut pas dire le Stade olympique. »

Il évalue entre trois et quatre millions le coût de construction d’un boulodrome satisfaisant aux normes internationales, à l’intérieur duquel seraient aménagés 16 courts de pétanque en terre battue de 3 mètres sur 14 mètres.

Selon la FPQ, qui compte environ 3500 membres à travers le Québec, la forte demande aurait tôt fait de rentabiliser l’investissement de fonds publics. De plus, l’organisation de compétitions internationales générerait des retombées économiques grâce au tourisme qu’elle susciterait.

« Il y a moyen de rentabiliser très facilement ces infrastructures, mais pas au point d’intéresser une entreprise privée », poursuit-il.

La FPQ n’entrevoit pas de possibilité de création d’une équipe professionnelle sans des revenus tirés de droits de diffusion à la télévision. À ce jour, les seuls droits de diffusion télévisée sont versés pour des compétitions qui se tiennent en France, indique M. Aurouze, également administrateur de la Fédération internationale de pétanque.

« Ça ne veut pas dire qu’on aurait une équipe professionnelle, mais ce serait plein tous les jours. Il y a un besoin d’infrastructures pour jouer adéquatement à la pétanque. »

Le représentant de la FPQ croit qu’un programme gouvernemental pourrait également être mis en place pour soutenir des projets de boulodrome dans plusieurs villes du Québec.

Enjeu électoral

 

Électeur dans la circonscription de Marie-Victorin, M. Aurouze a affirmé que la prochaine élection partielle, dont la date n’a pas encore été annoncée par le gouvernement, pourrait être l’occasion de faire de la construction de boulodromes un enjeu électoral.

« J’ai le dossier de la problématique à Longueuil, qui est la ville la plus pétanque de la province. »

Selon lui, cette approche pourrait servir de banc d’essai en vue de la campagne qui mènera aux prochaines élections générales, en octobre.

Passionné de pétanque depuis l’enfance, M. Aurouze n’est pas à court d’idées pour promouvoir son sport. Il imagine même une partie entre M. Legault et le premier ministre français, Jean Castex, lors de leur prochaine rencontre, qui pourrait avoir lieu au Québec en 2022.

« M. Castex, c’est certain qu’il connaît la pétanque », a-t-il dit.

Au Cabinet du premier ministre, l’attaché de presse Ewan Sauves n’a pas fait de commentaires sur le sujet.

« Au-delà de cette boutade, comme pour tout projet, on invite les promoteurs à le présenter et à le déposer, et les ministères concernés pourront l’évaluer au mérite et selon les critères établis », a-t-il répondu.

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