Le sacre de Verstappen au bout du suspense salué malgré la polémique

Max Verstappen l’a emporté en dépassant dans le dernier tour Lewis Hamilton, dont l’écurie Mercedes multiplie les recours contre cet incroyable dénouement.
Photo: Andrej Isakovic Agence France-Presse Max Verstappen l’a emporté en dépassant dans le dernier tour Lewis Hamilton, dont l’écurie Mercedes multiplie les recours contre cet incroyable dénouement.

Le sacre de Max Verstappen comme champion du monde de F1 au bout du suspense, après une fin de course folle dimanche à Abou Dhabi, a enchanté de nombreux fans dans le monde, malgré la polémique autour des circonstances de sa victoire.

C’est un sacre à son image : avec un panache frôlant l’inconscience et un soupçon de controverses, Max Verstappen l’a emporté en dépassant dans le dernier tour Lewis Hamilton, dont l’écurie Mercedes multiplie les recours contre cet incroyable dénouement.

Est-ce que cette controverse gâche la fête pour le Néerlandais ? « Non, pas du tout. Je suis bien sûr très heureux d’avoir gagné », a-t-il estimé lors d’un point presse lundi après-midi. « C’était une saison de folie en général, et personne n’aurait pu l’écrire, même cette course finale encore plus folle. Ça résume bien la saison entière. »

Sans surprise, c’est aux Pays-Bas que les réactions et les commentaires étaient les plus enthousiastes : « Super Max », pour le quotidien populaire néerlandais Telegraaf, « Le meilleur du monde », pour NRC, « Courte mais grandissime victoire » pour le quotidien de référence De Volkskrant. Le sacre de Verstappen, qui a remporté sa dixième victoire de la saison à Abou Dhabi, devenant champion du monde à 24 ans seulement, a fait la une de la presse lundi.

Mais de l’autre côté de la Manche, cette folle fin de championnat a laissé un goût amer : « Vol à 200 km/h », lance le tabloïd Daily Mail ; « Vol au dernier tour », ajoute le Sun, quand Metro dénonce une « mascarade ».

D’autant plus que, selon un message radio capté dans la voiture d’Hamilton et retransmise par F1TV, à quatre virages de la fin de la course, le Britannique a lâché : « tout ça est manipulé, mec ».

Avant cette dernière manche de la saison, l’équation était relativement simple : à égalité de points, ce qui n’était arrivé qu’une fois dans l’histoire de la F1, en 1974, celui qui de Verstappen ou de Hamilton terminait la course devant l’autre serait champion.

Si beaucoup d’observateurs avaient redouté un accrochage entre les deux prétendants à l’ego XXL qui ne s’apprécient guère, personne n’avait pu échafauder l’improbable scénario des derniers tours de la 22e manche de la saison.

En moins de dix minutes, l’histoire de la F1 a été réécrite : Hamilton a vu s’envoler son rêve de décrocher un huitième titre mondial, ce qui en aurait fait le pilote le plus titré de l’histoire devant la légende Michael Schumacher.

« Coup de main des dieux »

« J’avais dit qu’on allait avoir besoin d’un coup de main des dieux de la course automobile dans les dix derniers tours, et Dieu merci, il y a eu la voiture de sécurité », a résumé le patron de l’écurie Red Bull, Christian Horner.

Jusqu’à cette fameuse « safety car », la couronne mondiale semblait promise à Lewis Hamilton, en tête depuis le premier tour et loin devant Verstappen, parti pourtant en pôle, à ce moment de la course. Mais une sortie de piste du Canadien Nicholas Latifi (Williams) a changé la donne à six tours de l’arrivée.

Le temps que sa monoplace soit dégagée, le GP a été neutralisé. Verstappen s’est arrêté pour changer de pneus, pas Hamilton, plusieurs voitures se sont intercalées entre eux.

Deux issues devenaient possibles : si la course reprenait, le Néerlandais aurait l’avantage au redémarrage ; si elle se terminait derrière la voiture de sécurité, sans possibilité de doubler, c’était bon pour l’Anglais.

Et finalement, la course a repris, pour un tour seulement — et avec Verstappen juste derrière Hamilton, après que le directeur de course a autorisé les pilotes retardataires à reprendre leurs positions d’origine.

Et le fougueux « Mad Max » n’a pas laissé passer sa chance d’être sacré : sous les vivats du public, il a bénéficié de l’aspiration et a pris le meilleur sur Hamilton.

96 heures pour faire appel

« Je n’aurais pu imaginer une dernière course plus folle, c’était comme être sur des montagnes russes, un moment, je n’avais plus aucun espoir de gagner et je me suis imposé dans le dernier tour », a raconté Verstappen, fils d’un ancien pilote de F1 et d’une mère qui s’est fait un nom dans le karting.

Estomaqué, mais beau joueur, Hamilton l’a félicité : « Max a fait un boulot fantastique cette année », a lâché le pilote Mercedes, avant de disparaître rapidement dans le paddock.

Son écurie a aussitôt déposé deux réclamations, rejetées par les commissaires de course, mais Mercedes a immédiatement fait part, comme l’autorise le règlement, de son intention de faire appel.

L’écurie germano-britannique qui, piètre consolation, a remporté le titre des constructeurs pour la huitième fois de suite, dispose de 96 heures pour formaliser son appel ou renoncer.

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