L’UE partagée sur un boycottage diplomatique

Les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni ont décidé d’un «boycottage diplomatique» des JO de Pékin pour dénoncer les violations des droits de la personne en Chine.
Photo: Noel Celis Agence France-Presse Les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni ont décidé d’un «boycottage diplomatique» des JO de Pékin pour dénoncer les violations des droits de la personne en Chine.

L’Union européenne va tenter lundi de dégager une position commune sur l’appel des États-Unis à un boycottage diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, mais les positions semblaient très partagées au début d’une réunion de ses ministres des Affaires étrangères à Bruxelles.

Le chef de la diplomatie lituanienne, Gabrielius Landsbergis, a annoncé qu’il ne se rendra pas à Pékin, mais il s’est dit dubitatif quant à une position commune européenne.

« Je suis toujours partisan d’une approche européenne, mais parfois, elle est difficile à trouver », a-t-il regretté avant le début de la réunion.

Interrogé sur sa position si l’UE ne parvient pas à s’entendre, il a affirmé : « je n’y vais pas ». Les relations entre Vilnius et Pékin se sont tendues depuis la décision d’ouvrir une représentation de Taïwan en Lituanie.

Son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, a jugé un boycottage diplomatique peu utile. « Je partage la position de la France », a-t-il déclaré. Le président français, Emmanuel Macron, a jugé qu’un boycottage purement diplomatique serait « une mesure toute petite et symbolique ». « Les Jeux olympiques sont toujours politiques, il n’y a pas de Jeux olympiques politiquement neutres. En tant que citoyen européen, je me demande s’il est juste d’envoyer des athlètes en Chine et que les dirigeants politiques regardent à la télévision », a expliqué Jean Asselborn.

L’Autrichien Alexander Schallenberg s’est également déclaré dubitatif sur une « politisation artificielle des Jeux olympiques ». « J’ai un point de vue similaire à celui du président Macron, mais il serait bon que l’Europe adopte une ligne unifiée à ce sujet », a-t-il déclaré.

« Les Jeux olympiques sont une fête du sport. Il ne faut pas en profiter pour faire de la politique », avait pour sa part déclaré dimanche la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

Les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Royaume-Uni ont décidé d’un « boycottage diplomatique » des JO de Pékin pour dénoncer les violations des droits de la personne en Chine, notamment dans sa région à majorité musulmane du Xinjiang (Nord-Ouest). Le régime chinois a averti qu’ils en paieraient « le prix ».

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