Une entente de 380 millions pour les victimes de Larry Nassar

De gauche à droite, les gymnastes américaines Aly Raisman, Simone Biles, McKayla Maroney et Maggie Nichols, lors de leur témoignage devant le Sénat en septembre dernier, à Washington
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse De gauche à droite, les gymnastes américaines Aly Raisman, Simone Biles, McKayla Maroney et Maggie Nichols, lors de leur témoignage devant le Sénat en septembre dernier, à Washington

Le litige juridique entre USA Gymnastics et les centaines de victimes de sévices sexuels commis entre autres par l’ancien médecin de l’équipe nationale Larry Nassar est terminé. Une entente d’indemnisation s’élevant à 380 millions de dollars a été entérinée.

Un tribunal fédéral des faillites d’Indianapolis a confirmé lundi le règlement entre USA Gymnastics, le Comité olympique et paralympique américain ainsi que plus de 500 victimes.

Cela survient dans la foulée du plus grand scandale d’abus sexuels de l’histoire du mouvement olympique américain.

Plus de 90 % des victimes ont voté en faveur de l’accord de principe conclu en septembre. Cet accord prévoyait 425 millions de dollars américains en dommages et intérêts, mais un règlement modifié de 380 millions a été approuvé sous condition par les tribunaux.

Plus de 300 victimes ont subi des abus de Nassar ; les autres cas impliquent des personnes affiliées à USA Gymnastics.

L’indemnisation financière ne représente qu’un aspect de l’entente. Dans le cadre de celle-ci, une série de dispositions non pécuniaires feront des victimes des parties prenantes à USA Gymnastics. Les dispositions comprennent un siège au conseil d’administration de l’organisation et un examen de la culture et des pratiques qui ont rendu possible que des agresseurs sévissent durant des années.

« Individuellement et collectivement, les survivantes ont courageusement plaidé en faveur d’un changement durable, a dit par communiqué la présidente d’USA Gymnastics, Li Li Leung, à la suite de l’approbation du règlement.

« Nous nous engageons à travailler avec elles, et avec l’ensemble de la communauté de la gymnastique, pour donner la priorité à la sécurité, la santé et le bien-être de nos athlètes et de la communauté avant tout. »

« Pour la prochaine génération »

Rachael Denhollander, qui à l’automne 2016 a été la première à parler publiquement de sévices infligés par Nassar, a affirmé en entrevue lundi que ces dispositions ont été un élément crucial de la médiation. « Ce n’est pas une question d’argent, mais de changement, a-t-elle dit. Il faut une évaluation précise de ce qui n’a pas fonctionné, pour que l’environnement soit plus sécuritaire pour la prochaine génération. »

L’une des victimes de Nassar les plus actives sur la place publique, Rachael Denhollander a insisté sur l’importance de boucler les procédures judiciaires pour que les femmes affectées par ce scandale puissent cheminer personnellement et obtenir l’aide dont elles ont besoin.

« Plus le processus s’étend, plus c’est difficile à vivre pour les survivantes, a-t-elle résumé. Un grand nombre de ces femmes n’ont pas accès à des soins de santé avant qu’une entente soit conclue. Il fallait considérer à la fois cette réalité et la longueur des procédures. Nous étions d’avis que c’était dans l’intérêt supérieur de tout le monde d’accepter cette entente, pour que les survivantes aient droit à un semblant de justice. »

Le règlement du litige survient près de quatre ans après les audiences déchirantes de victimes qui ont eu lieu au Michigan, où des centaines de femmes ont détaillé les épisodes qu’elles avaient vécus avec Nassar et les répercussions majeures qu’ils avaient eues sur leurs vies.

Des centaines de filles et de femmes ont déclaré que Nassar les avait agressées sexuellement sous couvert de traitement médical lorsqu’il travaillait pour la Michigan State University, USA Gymnastics et un centre sportif du Michigan, affilié à USA Gymnastics.

Devant un tribunal fédéral, Nassar a plaidé coupable de crimes de pornographie juvénile avant de plaider coupable devant un tribunal d’État d’agression sexuelle contre des gymnastes féminines. En 2018, il a été condamné à un emprisonnement allant de 40 à 175 ans.

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