Gorton insiste, le directeur général du Canadien prendra les décisions

Le premier mandat de Jeff Gorton sera de dénicher le prochain directeur général, mais il a noté que le processus pourrait s’étirer au-delà de la période des Fêtes. Il devra aussi embaucher un nouveau responsable du repêchage.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le premier mandat de Jeff Gorton sera de dénicher le prochain directeur général, mais il a noté que le processus pourrait s’étirer au-delà de la période des Fêtes. Il devra aussi embaucher un nouveau responsable du repêchage.

Il n’y a pas de confusion dans la tête de Jeff Gorton. Le prochain directeur général du Canadien de Montréal aura le dernier mot lors de la prise de décisions.

Le nouveau vice-président exécutif des opérations hockey du Tricolore a dû clarifier la situation, après que le président Geoff Molson a été incapable de chasser le doute de l’esprit de la plupart des observateurs en début de semaine.

« Le directeur général aura une ligne directe avec Geoff Molson et pourra prendre des décisions, a dit Gorton vendredi, lors de sa première conférence de presse depuis sa nomination, dimanche dernier. Mon rôle sera de partager mon expérience et d’aider cette personne, d’aider l’équipe à gagner. Je n’ai pas un gros ego, je me fous un peu des titres. Je veux simplement être un gars impliqué dans les décisions de hockey. Je crois pouvoir aider l’équipe. »

« En tant qu’ancien directeur général, je peux vous dire que je n’aurais pas accepté d’être directeur général à moins d’avoir les pouvoirs d’un directeur général », a-t-il ajouté, insistant donc pour dire que la personne à ce poste ne sera pas sa marionnette.

Le premier mandat de Gorton sera justement de dénicher le prochain directeur général, mais il a noté que le processus pourrait s’étirer au-delà de la période des Fêtes. Gorton devra aussi embaucher un nouveau responsable du repêchage. Il a cependant assuré que le poste de l’entraîneur-chef, Dominique Ducharme, n’était pas en danger.

Gorton a souligné qu’il n’hésitera pas à sortir du moule pour trouver le prochain directeur général, affirmant même qu’il pourrait s’agir d’un agent de joueurs. Il a toutefois indiqué qu’il cherchera une personne avec des qualités complémentaires aux siennes.

Un nouveau défi

 

« Je veux trouver quelqu’un qui aura une perspective différente de la mienne. C’est mieux que d’avoir quelqu’un qui sera toujours d’accord avec moi, a expliqué Gorton. Nous avons tous déjà été dans une salle où ça s’est envoyé promener en parlant de ce qui devait être fait. Mais à la fin de la journée, vous prenez la meilleure décision en groupe. »

Gorton s’est dit bien au courant des récentes déclarations de Patrick Roy, qui a manifesté publiquement son intérêt pour le poste vacant de directeur général du Canadien. Il a noté bien connaître la réputation de l’ancien gardien vedette, mais s’est contenté d’affirmer qu’il n’excluait personne du processus de sélection pour l’instant.

Gorton, qui est originaire du Massachusetts, a affirmé être bien conscient des particularités du marché dans lequel il se retrouve, après avoir travaillé à Boston et New York. Il a d’ailleurs commencé sa conférence de presse avec une déclaration en français.

« Bonjour à tous. C’est avec beaucoup de fierté que j’ai accepté le rôle de vice-président des opérations hockey avec les Canadiens de Montréal, la plus grande franchise dans l’histoire du hockey, avec le but de ramener la coupe Stanley à Montréal. Merci à Geoff Molson pour cette confiance », a-t-il dit avec un fort accent.

Gorton a promis de faire l’effort d’apprendre la langue de Molière, mais n’a pas voulu créer trop d’attentes à ce sujet.

« Il y a 30 ans, je voulais devenir bon au golf et je continue à en arracher », a-t-il dit, pince-sans-rire.

Il a cependant affirmé comprendre cet enjeu dans le marché montréalais et être conscient que le prochain directeur général devra être bilingue, comme annoncé par Molson.

 

Évaluer l’équipe en place

En plus de rechercher son futur allié, Gorton entend également prendre les prochaines semaines pour évaluer l’équipe en place.

La tâche s’annonce colossale, alors que le Canadien n’a que six victoires au compteur après 25 rencontres (6-17-2).

Gorton est reconnu comme un bon évaluateur de talent. Il a participé à la reconstruction des Rangers au cours des dernières années.

Il devra éventuellement décider, en compagnie du directeur général, si le Canadien doit faire table rase ou si un processus plus rapide sera suffisant pour relancer l’équipe.

La tâche de Gorton et du directeur général ne sera pas simple, de nombreux joueurs ayant des contrats à long terme. Et l’accueil reçu par Gorton n’a pas été particulièrement chaleureux, alors qu’un partisan a lancé son chandail sur la glace du Centre Bell, jeudi soir dans la défaite de 4-1 contre l’Avalanche du Colorado. Gorton assistait alors à un premier match dans ses nouvelles fonctions.

« Je suis conscient que l’équipe connaît un début de saison difficile, a-t-il dit. Ç’a été un peu une tempête parfaite avec les blessures. C’est comme si tout ce qui pouvait mal aller s’était produit.

« En arrivant dans l’édifice, je pouvais sentir que l’énergie était à la baisse et que l’attitude n’était pas à point. J’espère amener un peu d’espoir et d’énergie positive pour renverser la vapeur. Mon objectif à court terme est de parler à tous les joueurs pour comprendre ce qui se passe. »

Gorton a également indiqué qu’il prévoyait développer un département de statistiques avancées chez le Canadien. Il compte aussi embaucher des personnes supplémentaires du côté du développement des joueurs, soulignant qu’il était important d’accompagner les espoirs de l’équipe au quotidien.

Gorton a donc beaucoup de pain sur la planche, mais il devrait avoir de l’aide bientôt.

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