La question du boycottage diplomatique des JO refait surface

Les États-Unis songent à un boycottage diplomatique des JO, pour manifester contre le traitement réservé à la minorité musulmane des Ouïghours par les autorités chinoises.
Photo: Frederic J. Brown Agence France-Presse Les États-Unis songent à un boycottage diplomatique des JO, pour manifester contre le traitement réservé à la minorité musulmane des Ouïghours par les autorités chinoises.

Le Canada doit-il procéder à un éventuel boycottage diplomatique des Jeux olympiques de Pékin ? C’est l’épineuse question à laquelle plusieurs politiciens ont été confrontés, mercredi matin, à Ottawa.

L’ex-Olympien Adam van Koeverden, maintenant député libéral fédéral de Milton, en Ontario, a rappelé que ce genre de discussion au sujet de la Chine ne date pas d’hier.

« Ça fait 13 ou 14 ans qu’on en parle — j’ai été le porte-drapeau canadien aux JO de Pékin en 2008 — à savoir si mettre la Chine à l’avant-scène entraînerait des changements positifs. À l’époque, et encore aujourd’hui, je crois que c’est le cas. Nous avons cette discussion, car les prochains JO sont en Chine, et aussi à cause du génocide (des Ouïghours) qui est une réalité. Les JO mettent toujours en lumière des enjeux, partout sur la planète », a déclaré l’ex-kayakiste.

« Mettre en lumière les enjeux en Chine n’est que la première étape d’un processus, selon moi. Quant au boycottage diplomatique, nous laisserons ça aux diplomates et à notre leadership. J’insiste, cependant, pour dire que les athlètes ne doivent pas devenir des outils de la diplomatie internationale. Il existe bien d’autres façons de faire entendre son point », a poursuivi le médaillé d’or olympique, en précisant qu’il ne considère pas que les athlètes canadiens sont présentement utilisés à titre diplomatique.

Pour sa part, la ministre des Sports, Pascale St-Onge, a été plutôt évasive.

Les États-Unis songent à un boycottage diplomatique des JO, pour manifester contre le traitement réservé à la minorité musulmane des Ouïghours par les autorités chinoises.

Questionnée à savoir si le Canada allait emboîter le pas de son voisin à son arrivée au caucus libéral en matinée, la députée fédérale de Brome-Missisquoi, au Québec, a débité une réponse fourre-tout qui ne répond pas précisément aux intentions canadiennes par rapport aux JO, qui seront lancés le 4 février prochain.

« La décision n’a pas encore été prise. On est toujours en discussions avec les alliés. Le gouvernement respecte l’indépendance des Comités olympique et paralympique canadiens. En tant que ministre des Sports, ma priorité, c’est évidemment la sécurité des athlètes et leurs succès », a indiqué Mme St-Onge avant d’esquiver les journalistes.

C’était la première fois que Mme St-Onge commentait ce dossier depuis qu’elle a été nommée ministre des Sports. Elle est également ministre responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Mardi, les libéraux ont bloqué le dépôt d’une motion du député du Bloc québécois Alexis Brunelle-Duceppe demandant de reporter d’un an les Jeux olympiques de Pékin. Et à un peu moins de deux mois de la cérémonie d’ouverture, Ottawa n’a pas encore déterminé s’il y aura un boycottage diplomatique de l’évènement.

M. van Koeverden a cependant indiqué qu’il « a pris une bière » avec M. Brunelle-Duceppe mardi soir pour discuter de la situation, et a ajouté qu’il respectait sa position, même s’il ne la partageait pas.

De son côté, le chef des conservateurs, Erin O’Toole, s’est dit en faveur d’un boycottage diplomatique des JO de Pékin.

« Comme d’habitude, le Bloc québécois était lent. Il y a un an, on a proposé de déménager les Jeux olympiques parce qu’on doit envoyer un message pour la Chine. Maintenant juste avant les Jeux, on doit avoir un boycottage diplomatique et pas une approche de boycottage pour les athlètes. On doit agir en partenariat avec nos alliés », a-t-il déclaré à sa sortie de sa réunion de caucus.

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