Le départ de Marc Bergevin difficile à accepter pour les joueurs

L’ailier gauche des Canadiens de Montréal Artturi Lehkonen reçoit un câlin du directeur général Marc Bergevin après avoir marqué le but gagnant qui a éliminé les Golden Knights de Vegas lors de la demi-finale des séries éliminatoires, au printemps dernier.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne L’ailier gauche des Canadiens de Montréal Artturi Lehkonen reçoit un câlin du directeur général Marc Bergevin après avoir marqué le but gagnant qui a éliminé les Golden Knights de Vegas lors de la demi-finale des séries éliminatoires, au printemps dernier.

Marc Bergevin était très proche de ses joueurs, et c’est peut-être pour cette raison que son départ est difficile à encaisser pour les membres du Canadien de Montréal.

Deux jours après le congédiement du directeur général du Tricolore, les joueurs rencontrés semblaient avoir encore de la difficulté à digérer ce changement, qui en amènera certainement d’autres au sein de l’équipe.

« Quand un directeur général ou un entraîneur est renvoyé, ç’a aussi rapport avec le jeu sur la glace, a rappelé Jonathan Drouin, mardi. C’est dur à accepter pour les joueurs. Marc a été excellent. Chaque été, il améliorait l’équipe. J’ai un respect énorme pour lui, pour sa gestion de l’équipe. Peu importent les situations individuelles ou de groupe, il était incroyable ici. Ça va être dur de ne pas le voir à l’aréna. »

Le défenseur Ben Chiarot a admis que Bergevin était peut-être plus près de ses joueurs que la plupart des directeurs généraux de la LNH. On n'a qu’à penser aux célébrations du 24 juin dernier, quand le Canadien venait d’éliminer les Golden Knights de Vegas pour atteindre la finale de la Coupe Stanley. Bergevin avait fait l’accolade à chacun de ses joueurs dans un moment d’extase.

« Il est celui qui nous a tous amenés ici. Il a assemblé cette équipe, une équipe qui a atteint la finale, a rappelé Chiarot. Il a fait partie de quelque chose de spécial le printemps dernier. Ce n’est pas facile de le voir partir. Il était quelqu’un de spécial pour moi et pour beaucoup de joueurs dans le vestiaire. »

Bergevin a consenti un contrat de trois saisons et 10,5 millions de dollars américains à Chiarot le 4 juillet 2019. Le défenseur ontarien n’était qu’un joueur de soutien chez les Jets de Winnipeg. Il est devenu un défenseur de premier plan chez le Tricolore, voyant son temps de jeu moyen passer de 18:37 à sa dernière campagne avec les Jets à 23:08 à sa première saison avec le Canadien.

« Il a cru en moi. Il m’a amené ici en tant que joueur autonome, il a cru en ce que je pouvais devenir, a souligné le défenseur âgé de 30 ans. Il m’a aidé dans ma carrière. Il était dans l’entourage de l’équipe chaque jour. Je pouvais lui parler quand ça allait bien ou moins bien. Il pouvait me dire ce qu’il voyait. Il a connu une longue carrière comme joueur, et j’ai un style de jeu similaire à celui qu’il avait. Il a eu un impact important sur ma carrière, et je lui serai toujours reconnaissant. »

Héritage de Bergevin

 

Bergevin a passé un peu plus de neuf ans et demi à la tête du Canadien. Il a tenté de créer une culture gagnante autour de joueurs avec une éthique de travail irréprochable comme Brendan Gallagher, Carey Price et Shea Weber.

Lors de son bilan de fin de saison après l’élimination du Canadien face aux Flyers de Philadelphie en 2020, Bergevin avait noté que le passage de joueurs comme Weber et Price serait ressenti pendant de nombreuses années. Et alors que le Tricolore se retrouve un peu à la case départ avec les changements au sein de la direction, l’héritage de Bergevin et des joueurs avec qui il a créé une culture sera ressenti pendant encore longtemps.

« C’est une culture qui va rester, a souligné Drouin. Carey Price et Shea Weber sont de très bons leaders. »

« (Weber) a passé le flambeau à certains joueurs en montrant comment gérer son corps comme un pro et tout le personnel de l’équipe avec respect. Ça, ça ne changera pas. Peut-être que le côté hockey va changer avec les nouveaux dirigeants, mais je pense que cette culture-là va rester. »

Les joueurs se trouvent maintenant dans l’incertitude concernant les plans de la nouvelle direction de l’équipe. Le nouveau premier vice-président des opérations hockey, Jeff Gorton, doit commencer mercredi. Le propriétaire et président Geoff Molson a affirmé lundi ne pas avoir peur d’une reconstruction si Gorton et le prochain directeur général jugent qu’il s’agit de la meilleure chose à faire dans l’objectif de remporter une vingt-cinquième coupe Stanley.

Chiarot et Drouin ont noté que ces décisions sont hors du contrôle des joueurs. Drouin a toutefois rappelé qu’il sera important que les choses soient claires pour les joueurs concernant les intentions des nouveaux dirigeants. Il a également ajouté que les joueurs voudront faire une bonne première impression auprès de leurs nouveaux patrons.

Edmundson toujours à l’écart

Le défenseur Joel Edmundson est à l’écart du jeu en raison d’une blessure au dos qui l’embête depuis le début du camp d’entraînement, et les nouvelles ne sont guère encourageantes.

Edmundson avait accompagné ses coéquipiers lors du plus récent voyage du Tricolore. Il avait même participé à un premier entraînement avec ses coéquipiers à Buffalo.

Le défenseur manitobain âgé de 28 ans a rencontré les médecins de l’équipe lundi soir et il profitait d’une journée de traitements mardi. Son état de santé sera réévalué dans les prochains jours.

Les nouvelles étaient plus positives pour l’attaquant Mathieu Perreault (œil) et les défenseurs Brett Kulak (bas du corps) et Chris Wideman (non dévoilé). Ils se sont entraînés avec le groupe mardi, mais ils devaient éviter les contacts.

Pour sa part, l’attaquant Mike Hoffman (haut du corps) a patiné avant ses coéquipiers et il pourrait reprendre l’entraînement habituel dans les prochains jours.

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