Le Canadien montre la porte à Marc Bergevin

Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin.
Photo: Graham Hugues La Presse candienne Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin.

Un grand ménage s’opère chez le Canadien de Montréal. L’organisation congédie son directeur général, Marc Bergevin, de même que deux autres membres de l’état-major de l’équipe.

Trevor Timmins, directeur général adjoint, ainsi que Paul Wilson, vice-président principal, affaires publiques et communications, ont été relevés de leurs fonctions respectives. Scott Mellanby, le bras droit de Marc Bergevin depuis 2014, avait démissionné de son poste samedi soir.

« Le moment est venu de procéder à un changement de leadership dans notre département hockey qui sera porteur d’une nouvelle vision afin que nos partisans et partenaires puissent continuer d’encourager une équipe pouvant rivaliser avec les meilleures de la ligue », a indiqué Geoff Molson dans un communiqué diffusé dimanche après-midi.

Marc Bergevin a commenté son congédiement dans un message publié de la même manière. «  Faire ses adieux à une organisation telle que le Canadien de Montréal n’est pas chose facile. Je veux quitter l’organisation de la même façon que j’y suis entré… c’est-à-dire avec beaucoup de fierté. S’il y a un mot qui me vient à l’esprit en ce moment, c’est “merci”.  »

Bergevin en était à une dixième saison à son poste avec le Canadien. Son contrat venait à échéance au terme de cette saison. La dernière fois qu’un tel vent de changement avait soufflé sur l’organisation de la Sainte-Flanelle, Serge Savard, Jacques Demers, André Boudrias et Carol Vadnais avaient été licenciés en bloc en 1995.

Geoff Molson rencontrera la presse lundi matin pour faire le point sur ces congédiements.

Un nouvel « architecte »

Un nouveau gestionnaire a déjà été embauché par le Canadien pour relancer l’équipe. Il s’agit de Jeff Gorton, qui se joint à l’organisation à titre de premier vice-président aux opérations hockey.

Ce dernier a occupé les postes de directeur du recrutement, de directeur général adjoint et de directeur général par intérim avec les Bruins de Boston, aidant à bâtir l’équipe qui allait finalement soulever la coupe Stanley en 2011. Gorton s’est ensuite joint aux Rangers de New York, avec qui il a été dépisteur, directeur du personnel des joueurs, directeur général adjoint et directeur général.

L’ancien vice-président des communications du Canadien durant un quart de siècle, Donald Beauchamp, connaît bien Jeff Gorton. Il parle de lui comme d’un « chic type, un homme brillant » qui « semble faire l’unanimité dans le monde du hockey ».

Jeff Gorton sera donc le prochain « architecte » du Canadien de Montréal, indique-t-il. « Au-delà des congédiements, l’organisation regarde vers l’avenir. C’est clair qu’ils ont un plan. Là, ils veulent peut-être se donner du temps pour trouver [le directeur général] qu’ils veulent avoir. »

Les partisans ne doivent pas s’attendre à de grands changements sur la patinoire, prévient un autre ancien directeur des communications du Canadien, Bernard Brisset. « Tu ne changes pas une équipe de hockey en deux temps, trois mouvements. Je ne pense pas que c’est un changement qui peut se faire avec des transactions à ce moment-ci. »

« On pouvait peut-être tous s’attendre à ce que l’entraîneur saute, mais dans la tête du propriétaire, le problème est plus profond », poursuit M. Brisset. « Si le problème est l’entraîneur, ils vont s’en rendre compte vite. Il va y avoir d’autres décisions qui vont être prises. »

La machine à rumeur s’emballe

Aussitôt le congédiement de Marc Bergevin annoncé, les spéculations ont fusé de toutes parts autour de l’identité du prochain directeur général. Ce dernier devra parler français, a assuré Geoff Molson.

Mathieu Darche pourrait être appelé à remplacer Marc Bergevin. Cet ancien joueur du Canadien de Montréal travaille maintenant comme directeur adjoint du Lightning de Tampa Bay. L’actuel directeur général du Lightning, Julien BriseBois, pourrait aussi faire le saut chez le Tricolore.

Martin Madden Jr figure lui aussi sur la liste des candidats potentiels. Après 14 ans chez les Ducks d’Anaheim, ce natif de Québec est devenu à l’été 2020 le directeur adjoint de l’équipe. Son père, Martin Madden, a occupé autrefois le poste de directeur général des Nordiques et de directeur général adjoint du Canadien.

Les noms de Stéphane Quintal, Vincent Damphousse ou encore Patrick Roy circulent également. L’agent de ce dernier a toutefois démenti les rumeurs voulant que l’ancien gardien vedette retourne dans la LNH.

Selon Bernard Brisset, le prochain directeur général sera « un jeune avec peu d’expérience et à qui Gorton va montrer le métier », de façon à opérer un véritable changement de culture. « À moins que le Canadien ne sorte un lapin de son chapeau. »

Un bilan en demi-teinte

Maintenant conseiller spécial chez la firme de communication TACT, Donald Beauchamp parle de la « fin d’une époque » qui fut « probablement précipitée en raison des performances de l’équipe ». Le Tricolore croupit en 29e position du classement général de la LNH après avoir pourtant frôlé le Graal la saison dernière en atteignant la finale de la Coupe Stanley. « Personne dans l’organisation ne s’attendait à avoir des résultats comme ça. Personne. »

Embauché le 2 mai 2012, Bergevin est devenu le 17e directeur général de l’histoire du Canadien. Rapidement, le Tricolore a retrouvé ses lettres de noblesse après avoir conclu la saison 2011-2012 avec la troisième pire fiche de la LNH.

Le Bleu-blanc-rouge a remporté le titre de la section Nord-Est en 2013, il a atteint la finale de l’Association Est en 2014 et il a gagné le titre de la section Atlantique en 2015.

Après une saison 2015-2016 difficile, au cours de laquelle le gardien étoile Carey Price n’a disputé que 12 parties, le Canadien est revenu en force pour remporter une fois de plus le titre de la section Atlantique, en 2017.

Les résultats en séries éliminatoires ont été très mitigés pendant le règne de Bergevin comme directeur général. Avant la saison 2020-2021, l’équipe montréalaise n’avait gagné que trois tours éliminatoires et un tour de qualification, se faisant montrer la porte de sortie au premier tour à trois occasions en plus d’avoir raté les séries à trois autres reprises.

Avec La Presse canadienne

 

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