Les intronisés de 2020 entrent finalement au Temple de la renommée

Après un an d’attente en raison de la pandémie de coronavirus, le Temple de la renommée du hockey a accueilli ses nouveaux membres, lundi soir, à Toronto.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Après un an d’attente en raison de la pandémie de coronavirus, le Temple de la renommée du hockey a accueilli ses nouveaux membres, lundi soir, à Toronto.

Les six intronisés du Temple de la renommée du hockey de 2020 ont enfin eu leur moment de gloire. Bien que ce fut plus long que prévu et voulu, l’attente en a valu la peine.

Jarome Iginla a été la tête d’affiche d’un groupe de cinq joueurs et un dirigeant qui ont été élevés à titre d’immortels du sport, lundi soir, un an après que la pandémie de COVID-19 eut retardé leur intronisation.

L’ancien capitaine des Flames de Calgary a été accompagné de Marian Hossa, Kevin Lowe, Doug Wilson et de la gardienne de but Kim St-Pierre tandis que Ken Holland a été intronisé en tant que bâtisseur par un comité de sélection composé de 18 membres.

« Une carrière dans le hockey, c’est une série de chapitres excitants au cours desquels tu apprends et tu passes d’une recrue aux yeux écarquillés à un vétéran aguerri, a mentionné Iginla. Ensuite, en un clin d’œil, c’est terminé. Quand je repense à ces chapitres, chacun me rappelle tellement de choses pour lesquelles je dois dire merci. »

Un pilier des Flames de 1996 à 2013, Iginla a été le meilleur pointeur de son équipe à 11 reprises, remportant à deux occasions le trophée Maurice-Richard, remis au meilleur buteur de la LNH.

Natif d’Edmonton, Iginla a également mis la main sur le trophée Art-Ross, remis au meilleur pointeur de la LNH, en 2001-2002. L’ailier a conclu sa carrière avec 625 buts et 1300 points en 1554 parties.

Iginla s’est rendu en finale de la Coupe Stanley en 2004, mais les Flames ont perdu contre le Lightning de Tampa Bay. Il a toutefois eu du succès sur la scène internationale, devenant le premier athlète noir à gagner une médaille d’or aux Jeux d’hiver lorsqu’il a aidé le Canada à mettre fin à une disette de 50 ans sans titre olympique, en 2002.

Iginla a également mis la table pour un des buts les plus marquants du pays : celui en or de Sidney Crosby lors des Jeux olympiques de Vancouver, en 2010.

« C’était vraiment extraordinaire », a-t-il dit à propos de ce moment.

Iginla a rejoint Grant Fuhr, la joueuse canadienne Angela James et le pionnier Willie O’Ree en tant que quatrième Noir à être intronisé au Temple de la renommée du hockey.

« Étant un jeune joueur de hockey noir, il était important pour moi de voir d’autres joueurs noirs dans la LNH, a déclaré Iginla. Au cours de ma première année au hockey, à l’âge de sept ans, un enfant est venu vers moi et il m’a demandé pourquoi je jouais au hockey. Au fil des années, j’entendais souvent des gens se demander quelles étaient mes chances d’atteindre la LNH. Il n’y avait pas beaucoup de joueurs noirs. J’ai entendu d’autres choses. Par chance, ce n’est arrivé que quelques fois. »

Hossa est le seul joueur de l’histoire de la LNH à avoir participé à trois finales de la Coupe Stanley avec trois équipes différentes. Il a mis la main sur le précieux trophée en 2010, avec les Blackhawks de Chicago, après des échecs en 2008, avec les Penguins de Pittsburgh, et en 2009, avec les Red Wings de Detroit.

« Je suis reconnaissant du sport que j’aime pour tout ce qu’il m’a donné, a affirmé Hossa. Les défaites m’ont plus appris que les victoires, les joueurs et les entraîneurs qui ont tant contribué à mon succès. »

L’ailier slovaque a porté les couleurs de cinq équipes, enregistrant 525 buts et 1134 points en 1309 matchs.

« Ayant grandi dans une Tchécoslovaquie communiste, je ne connaissais pas grand-chose à la LNH, a admis Hossa. Mes premiers rêves se concentraient entièrement sur le fait de représenter mon pays. Tout a changé lorsque j’ai mis la main sur une cassette VHS de Wayne Gretzky. J’étais hypnotisé. »

Une longue attente pour Wilson et Lowe

 

Contrairement à Iginla et Hossa, intronisés à leur première année d’admissibilité, Lowe et Wilson ont dû patienter avant de recevoir l’appel du Temple.

Wilson a attendu 24 ans alors que Lowe a étiré sa patience pendant 19 printemps.

Âgé de 62 ans, Lowe a remporté la coupe Stanley à cinq reprises en 13 saisons avec les Oilers d’Edmonton, mais il a été éclipsé par les exploits offensifs de ses coéquipiers comme Gretzky, Mark Messier, Paul Coffey et Jari Kurri.

« Ma sélection au Temple de la renommée ne se fait pas en raison de mes statistiques, a-t-il exprimé. Je tiens à remercier le comité de sélection d’avoir reconnu l’apport d’un joueur comme moi. »

Septième joueur de la dynastie des Oilers à avoir été intronisé au Temple de la renommée, le natif de Lachute a ajouté un sixième titre de la coupe Stanley en la soulevant avec les Rangers de New York, en 1994.

« Les gens me demandaient comment je me sentais de ne pas être au Temple de la renommée et je leur répondais que six bagues de la coupe Stanley, c’était bien et que j’avais assez de satisfaction personnelle. Et bien, je mentais. »

Wilson a disputé 14 saisons avec les Blackhawks, gagnant le trophée Norris en 1982. Il a terminé sa carrière en jouant deux saisons avec les Sharks de San Jose. Il est le directeur général de l’équipe depuis 2003.

À 64 ans, Wilson a salué plusieurs mentors dans son discours d’intronisation, dont Brian Kilrea, qui l’a dirigé dans les rangs juniors avec les 67’s d’Ottawa.

« Il était plus qu’un entraîneur, il était un enseignant de la vie », a expliqué Wilson à propos de celui qui a été intronisé au Temple de la renommée en 2003.

Une Québécoise au panthéon

 

Huitième femme — et première gardienne — à être intronisée, St-Pierre a joué au hockey avec les garçons jusqu’à l’âge de 18 ans.

« Il y a des décisions qui peuvent changer votre vie, a-t-elle insisté. Quand j’avais huit ans, j’ai demandé à mes parents si je pouvais jouer au hockey. Ils étaient probablement très, très surpris, mais je suis tellement heureuse qu’ils aient décidé de me laisser jouer. La première fois que j’ai mis mes jambières de gardienne, le hockey féminin était loin d’être un sport olympique. »

St-Pierre est devenue la gardienne de l’équipe féminine de l’Université McGill avant d’aider le Canada à remporter trois médailles d’or aux Jeux olympiques et cinq au Championnat mondial de hockey féminin.

« C’est notre responsabilité de nous assurer que le hockey féminin continue à grandir. Nous avons rêvé à une ligue professionnelle de hockey féminin et il est temps d’en faire une réalité », a soutenu St-Pierre.

Après avoir terminé sa carrière de joueur, Holland a agi comme recruteur des Red Wings avant de devenir directeur général adjoint. Nommé directeur général des Red Wings en 1997, il a passé 22 saisons avec l’équipe, gagnant trois coupes Stanley.

Maintenant directeur général des Oilers, Holland a souligné que mardi, cela fera exactement 41 ans qu’il a fait ses débuts dans la LNH comme gardien des Whalers de Hartford, au Madison Square Garden.

« J’avais 25 ans, l’occasion d’une vie, a déclaré Holland, aujourd’hui âgé de 66 ans. Après la première période, je sentais que j’étais là pour rester. En deuxième période, j’ai accordé cinq buts et nous tirions de l’arrière 6-1 avant la troisième période. Pendant l’entracte, je me disais que je ne serais plus jamais dans la LNH. Le hockey a été très bon pour moi lorsque j’ai arrêté d’essayer d’y jouer. »

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