Kingsbury se garde quelques surprises pour 2021-2022

Le «King» des bosses ne compte pas lever le pied, alors qu’il entamera sa 13e saison sur le circuit.
Photo: Rick Bowmer Associated Press Le «King» des bosses ne compte pas lever le pied, alors qu’il entamera sa 13e saison sur le circuit.

Mauvaise nouvelle pour les hommes disputant la Coupe du monde de bosses cette saison : Mikaël Kingsbury a fourbi ses armes et il est prêt.

Le « King » des bosses, vainqueur de tous les globes de cristal de la discipline et au classement général de 2012 à 2020, ne compte pas lever le pied alors qu’il entamera sa 13e saison sur le circuit.

Et ses adversaires qui espéreraient que Kingsbury mette tous ses œufs sur la défense de son titre olympique à Pékin, en février prochain, devront se faire à l’idée : sa préparation olympique commencera dès la Coupe du monde de Ruka, en Finlande, au début de décembre.

« C’est la troisième fois que je commence une saison d’une année olympique : je sais à quoi m’attendre, a-t-il dit en visioconférence, mercredi, à la veille de s’envoler pour un camp d’entraînement de 10 jours en Suède. Le but, c’est de bien commencer la saison, mais vraiment d’être au sommet à la fin de janvier ou au début de février. Pour arriver là, c’est important pour moi de commencer la saison du bon pied. »

« J’ai toujours été bon en début de saison. Je ne pense pas seulement aux JO, mais à effectuer une bonne compétition à Ruka. Je suis un gars qui aime y aller une compétition à la fois, alors je mets toute ma concentration sur Ruka, ensuite ce sera la Suède, puis la France. Après une petite pause, nous amorcerons la portion nord-américaine. On va probablement prendre une autre pause avant les Jeux. Je veux arriver au sommet de ma forme à Pékin. »

La pause forcée provoquée par la pandémie de COVID-19 la saison dernière, au cours de laquelle Kingsbury n’a disputé que la Coupe du monde de Deer Valley, le forçant à céder momentanément son trône à l’Australien Matt Graham, lui aura été salutaire. Il ne croit d’ailleurs pas que ce temps hors des pistes viendra le hanter cette saison.

« C’était un peu un bon moment pour ma carrière de prendre cette pause. J’ai 29 ans et je fais cela depuis 12 ans. Je crois que ma mémoire musculaire est assez développée pour me permettre d’être à un bon niveau même sans avoir pris part à autant de compétitions. Je me sens très bien présentement. Mon ski va bien et mon corps aussi. Je suis exactement là où je veux être. »

Une autre mauvaise nouvelle pour les adversaires

 

« L’été dernier, je n’avais pas réalisé à quel point mon corps avait besoin d’une pause. J’ai skié non stop pendant près de 12 ans. Ça m’a permis de prendre un pas de recul et d’établir plus clairement mes objectifs pour cette saison. C’est plutôt évident ce que je veux, mais afin d’être champion olympique et de gagner chaque fois que tu te présentes dans le portillon de départ, tu dois t’assurer de cocher plusieurs cases. Ces pauses ont fait du bien. J’ai pu passer plus de temps au gym cet été. De cette façon, ça va me prendre moins de temps à retrouver mon niveau sur la neige. »

Kingsbury entamera également une quatrième saison sous les conseils de l’entraîneur Michel Hamelin.

« On s’est connus il y a longtemps, sur l’équipe de développement. Il a déjà été mon compétiteur, quand il entraînait Alexandre Bilodeau. C’est le fun de travailler ensemble. Il m’a amené à un nouveau niveau. »

Tout en pensant à récolter des points sur le circuit de la Coupe du monde, Kingsbury affichera ses couleurs en skiant pratiquement toute la saison la descente qu’il compte présenter à Pékin. Pas de surprise, donc, pour ses adversaires.

« La plupart des gens connaissent les sauts que je peux faire, a-t-il expliqué. J’ai aussi beaucoup d’armes dans ma poche arrière. C’est clair que le double full-1080 (un double périlleux avec trois vrilles complètes), c’est le saut avec lequel j’ai gagné le plus souvent et reste la descente qui, selon moi, va gagner les Jeux olympiques. Maintenant, je verrai aussi quelle stratégie utilisent mes adversaires en début de saison. »

« J’ai le 1440 qui va vraiment bien dernièrement, je l’atterris constamment. Ça me demande moins d’énergie à faire. J’ai travaillé sur beaucoup de sauts avec des prises de carres. Ces sauts-là sont les plus difficiles sur le plan du coefficient de difficulté sur le circuit. Ce n’est pas mon plan A, mais je sais qu’ils sont prêts et que si j’ai besoin de les utiliser, ils sont là. Mais pour l’instant, je me concentre sur le double full-1080. »

« Pour ce qui est des points, sur 20, j’ai déjà été capable d’aller chercher 19 points, je reçois donc pratiquement le maximum en sauts et je suis capable d’être rapide avec cette descente. Tu réduis donc au minimum les erreurs techniques. Ça reste mon meilleur score potentiel, mais si j’ai des risques à prendre, si quelqu’un a reçu un gros pointage, j’ai des options pour me sortir du lot. »

Le médaillé d’argent à Sotchi et d’or à Pyeongchang tentera à Pékin de devenir le deuxième bosseur seulement, après le Français Edgar Grospiron, à monter une troisième fois sur un podium olympique.

Mentor

 

Au fil des ans, Kingsbury a perdu l’apport des vétérans de l’équipe de ski acrobatique : les Pierre-Alexandre Rousseau, Vincent Marquis, et même Alexandre Bilodeau. En fait, c’est maintenant à lui d’agir comme mentor auprès des Laurent Dumais, Gabriel Dufresne, Kerrian Chunlaud et Brenden Kelly. C’est un rôle qu’il aime.

« Ça demeure un sport individuel où je dois me soucier de mes trucs d’abord. Mais notre esprit d’équipe est vraiment fort. Tous mes coéquipiers savent que ma porte est toujours ouverte. Plusieurs viennent me poser des questions, sur la technique ou sur des volets psychologiques du sport, et ça me fait toujours plaisir de leur répondre. »

« Mon plus grand rôle de mentor, c’est dans mes gestes que je le fais. Au gym, je donne toujours mon 100 %, et à la montagne, j’aime toujours ce que je fais. C’est le fun d’être dans la position où je suis : je suis le plus vieux, j’ai le plus d’expérience. C’est gratifiant d’aider quelqu’un et de voir qu’une petite chose qui te semble évidente peut aider un autre skieur à progresser. Des gens d’autres pays viennent parfois me poser des questions, mais je vais toujours privilégier mes coéquipiers ! »

Tout en tentant de les battre.

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