Thibault veut changer la culture du hockey mineur

Point de presse de Jocelyn Thibault, le 8 novembre 2021
Photo: Courtoisie Hockey Québec Point de presse de Jocelyn Thibault, le 8 novembre 2021

Jocelyn Thibault n’entame pas son mandat comme directeur général de Hockey Québec avec la prétention d’avoir les solutions à tous les problèmes. Il s’est toutefois donné pour mission de changer la culture de l’organisme et la culture qui règne dans le hockey mineur québécois.

L’ancien gardien est officiellement entré en poste lundi. Thibault succède à Paul Ménard, qui l’accompagnera toutefois dans la transition.

« Un des travaux importants à la fédération, et je veux m’y attaquer dès maintenant, c’est changer le ton dans le hockey mineur, changer l’élément folklorique, a dit Thibault en conférence de presse au Complexe sportif Bell. J’ai vu récemment que nous perdons des joueurs et des joueuses, des officiels et des arbitres. Le mandat que je me donne est de ramener les jeunes sur la patinoire, de ramener le plaisir, de repenser le développement des joueurs et des joueuses et de faire entrer Hockey Québec dans l’ère moderne. »

Celui qui a évolué dans la LNH de 1994 à 2008, et qui était plus récemment directeur général du Phoenix de Sherbrooke dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, croit que pour faire ce changement, il faudra d’abord se sortir sa tête du sable.

« Nous sommes d’accord que nous avons tous été témoins de plus de belles expériences que de moins bonnes, mais il faut en parler, a-t-il dit. Il y a une crise des officiels, nous avons récemment vécu un manque dans l’arbitrage. »

« Si nous ne nous disons pas les vraies choses, ça ne changera pas. C’est pour cette raison que je me suis impliqué. »

Les derniers mois ont été éprouvants chez Hockey Québec. Une enquête de Radio-Canada publiée en décembre 2020 avait levé le voile sur un climat de travail toxique, alors que plusieurs employés quittaient la fédération sportive.

 

Un processus de médiation a depuis été mis en place. « Le fond des discussions que j’ai eues ce matin est que je souhaite que travailler pour Hockey Québec soit un élément de fierté, a dit Thibault en revenant sur le premier contact officiel avec sa nouvelle équipe de travail. Moi, je suis fier de m’impliquer auprès de la fédération, d’avoir une incidence et une influence sur notre sport national. »

« Je souhaite que nos employés redeviennent fiers de participer à l’effort quand ils viennent au bureau. »

Thibault a aussi souligné qu’il souhaitait valoriser l’expertise des employés. « Moi, je suis le coordonnateur, a-t-il rappelé. Je suis le leader de l’organisation, mais les idées ne viendront pas toutes de moi. Je veux que les employés fassent partie de la solution. »

Un retour parmi l’élite

Thibault souhaite également s’attaquer au défi de ramener le Québec parmi l’élite du développement des joueurs et des joueuses de pointe.

Il s’est dit conscient des difficultés sur son chemin. Année après année, la LHJMQ est la ligue junior majeure canadienne la moins prisée en première ronde du repêchage de la LNH. Seulement trois Québécoises ont été sélectionnées au sein de l’équipe canadienne de hockey féminin lors du plus récent Championnat du monde.

« J’étais aux Jeux du Canada à Red Deer [en Alberta] il y a deux ans parce que ma fille était là et que je voulais aussi observer les gars de 15 ans, a raconté Thibault. Les gars ont gagné l’or, et les filles, l’argent. Nous faisons donc de bonnes choses. »

« Il n’y a pas juste deux ou trois ajustements à faire, mais je veux voir comment amener les jeunes dans le respect et le plaisir vers un crescendo au moment où ils approchent de leur apogée. Je n’ai pas la réponse, mais j’ai une équipe qui va nous aider. »

Thibault a également souligné que les disputes avec les programmes de hockey scolaire étaient inutiles. Il a ajouté qu’il voyait plutôt le hockey civil et le hockey scolaire simplement comme une offre différente de service.

Tout indique que Thibault profitera d’une certaine vague de sympathie à son entrée en poste à Hockey Québec en raison de son statut d’ancien joueur et de sa notoriété. Aujourd’hui âgé de 46 ans, et maintenant que ses trois filles ne sont plus à la maison, il croit être prêt à relever ce défi grâce à sa passion pour le hockey, qui est toujours la même.

« Je me suis senti interpellé par ma passion du hockey. Je veux rassembler la communauté hockey et amener notre fédération à un niveau où elle sera une référence, non seulement à travers les fédérations sportives québécoises, mais à travers le monde », a-t-il conclu.

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