Les Alouettes et l’art de se compliquer la vie

De premier qu’il était en début de journée, le club montréalais a glissé au troisième rang.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne De premier qu’il était en début de journée, le club montréalais a glissé au troisième rang.

En s’inclinant 19-14 devant les Roughriders de la Saskatchewan samedi, les Alouettes de Montréal se sont drôlement compliqué la vie. Et l’entraîneur-chef Khari Jones a possiblement relancé la question du poste de quart partant.

La défaite de samedi a fait reculer de deux rangs les Alouettes (6-5) au classement dans l’Est. De premier qu’il était en début de journée, le club montréalais a glissé au troisième rang à la suite des victoires des Argonauts de Toronto (7-4) et des Tiger-Cats de Hamilton (6-5) ce week-end.

Les Alouettes sont passées derrière les Ti-Cats en raison du différentiel de points dans les matchs entre ces deux formations. Hamilton a l’avantage par 14 points.

Avec les deux rencontres consécutives face aux Blue Bombers (10-1) — samedi prochaine à Winnipeg, le suivant à Montréal —, une victoire de plus au compteur n’aurait pas fait de mal aux Alouettes.

Sans dire que ces deux rencontres sont perdues d’avance, elles seront parmi les plus difficiles de la saison, sans l’ombre d’un doute. Pendant ce temps, les Tiger-Cats affronteront les Lions de la Colombie-Britannique (4-7) et les Argos, qui affronteront le Rouge et Noir (2-10) dans deux semaines.

Jones a aussi relancé la question du quart partant des Alouettes en retirant rapidement Matthew Shiltz par Trevor Harris au troisième quart de cette rencontre.

 

Il est vrai que Shiltz, qui a le no 1 en l’absence de Vernon Adams fils, blessé à l’épaule gauche au moins jusqu’à la fin de la saison, a commis une interception qui a changé l’allure de cette rencontre. Il s’agissait toutefois de la première véritable bourde du no 18 en trois départs.

« C’est la décision de l’entraîneur, a commenté Shiltz quand on lui a demandé s’il avait trouvé que son entraîneur avait eu la gâchette rapide avec lui. Nous avons eu une chance de l’emporter à la fin : je ne peux donc pas le blâmer. »

« À titre de compétiteur, je veux toujours être sur le terrain. En même temps, je joue quand on appelle mon numéro ; il ne l’a pas été ce coup-là. J’appuie Khari, j’appuie Trevor : je veux qu’on gagne des matchs. En plus, cette interception a été l’un des points tournants de la rencontre. »

« J’avais besoin de voir un changement de rythme [en attaque], a pour sa part expliqué Jones. Je n’aimais pas ce que je voyais de notre attaque, alors j’ai voulu changer le rythme. Si Matt n’avait pas été mal en point, j’aurais sûrement continué avec lui plus longtemps. »

Maintenant, qui de Shiltz ou du vétéran de neuf saisons Harris amorcera la rencontre de samedi, à Winnipeg ?

« J’attendrai jusqu’à la semaine prochaine [pour le dire], a indiqué Jones. J’ai déjà décidé, mais je ne veux pas le dire tout de suite. »

« Je me prépare comme si j’allais être le partant la semaine prochaine », a pour sa part déclaré Shiltz.

« Ce sera à coach Jones de décider, a ajouté Harris, qui a joué la carte de la diplomatie. Je trouve que Matt a fait un travail fabuleux en remplacement de Vernon. Il a gagné le match contre Ottawa et la très importante rencontre contre Toronto. Si on fait appel à moi, je ferai le mieux que je peux pour l’emporter. Mais on joue pour les Alouettes, pas pour nous. »

Pressé de nouveau plus tard dans l’entrevue, Jones n’a pas voulu davantage ouvrir son jeu.

« Je ne dirais pas que Trevor me donne davantage [que Matt ou Vernon], mais il apporte quelque chose de différent. J’ai dirigé contre lui de nombreuses années, alors je sais ce qu’il apporte. C’est un gars intelligent, qui prend de bonnes décisions. C’est pourquoi nous avons fait la transaction pour aller le chercher. J’aime Trevor comme quart, mais j’aime aussi Matt et Vernon. C’est un quart de qualité. »

La question reste entière.

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