Le DG des Blackhawks, Stan Bowman, démissionne

Bowman a déclaré qu’il quittait ses fonctions parce qu’il ne voulait pas être une source de distraction pour l’équipe.
Photo: Amr Alfiky Associated Press Bowman a déclaré qu’il quittait ses fonctions parce qu’il ne voulait pas être une source de distraction pour l’équipe.

Le directeur général et président des opérations hockey des Blackhawks de Chicago, Stan Bowman, a démissionné dans la foulée d’une enquête qui a révélé qu’il faisait partie d’un groupe de dirigeants qui n’ont pas répondu rapidement aux allégations selon lesquelles un entraîneur adjoint aurait agressé sexuellement un joueur en 2010.

Les Blackhawks ont mandaté la firme Jenner & Block pour mener une enquête indépendante à la suite du dépôt de deux poursuites contre l’équipe : l’une alléguant une agression sexuelle par l’entraîneur adjoint Bradley Aldrich lors du parcours de l’équipe vers la Coupe Stanley en 2010 et une autre celle d’un ancien étudiant d’Aldrich pour laquelle il a été reconnu coupable d’agression au Michigan.

Aldrich a quitté les Blackhawks après la saison 2009-2010.

Le président et chef de la direction de l’équipe, Danny Wirtz, a mentionné que le rapport « est à la fois troublant et difficile à lire », et la LNH a imposé une amende de deux millions de dollars à l’équipe pour avoir mal géré les allégations.

Bowman a déclaré qu’il quittait ses fonctions parce qu’il ne voulait pas être une source de distraction pour l’équipe. « Il y a 11 ans, alors que j’en étais à ma première année en tant que directeur général, j’ai été mis au courant d’un comportement inapproprié potentiel de l’instructeur vidéo impliquant un joueur, a-t-il déclaré dans un communiqué publié par l’équipe. J’ai rapidement signalé l’affaire au président et chef de la direction de l’époque, qui s’est engagé à gérer l’affaire. »

« J’ai appris cette année que le comportement inapproprié impliquait une grave allégation d’agression sexuelle. Je me suis fié à la direction de mon supérieur pour qu’il prenne les mesures appropriées. Avec le recul, sachant maintenant qu’il n’a pas traité la question rapidement, je regrette d’avoir supposé qu’il le ferait. »

« Omission » relevée

L’ancien procureur fédéral Reid Schar, qui a mené l’enquête, a déclaré que Bowman, l’ancien président de l’équipe John McDonough, le directeur des opérations hockey Al MacIsaac, l’ancien vice-président exécutif Jay Blunk et le directeur général adjoint de l’époque, Kevin Cheveldayoff, ont rencontré l’entraîneur de l’époque, Joel Quenneville, et le responsable à la préparation mentale, Jim Gary, pour discuter des allégations selon lesquelles l’entraîneur adjoint Brad Aldrich aurait agressé un joueur.

L’actuel directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, qui était directeur du personnel des joueurs à Chicago à l’époque, n’est pas nommé dans le rapport, mais il a figuré au nombre des 139 témoins rencontrés dans le cadre de l’enquête.

Schar a ajouté que les comptes rendus de la réunion « variaient considérablement ».

« Ce qui est clair, c’est qu’après avoir été informé du harcèlement sexuel et de l’inconduite présumés d’Aldrich avec un joueur, aucune mesure n’a été prise pendant trois semaines », a déclaré Schar.

Le commissaire de la LNH Gary Bettman a dit que le rapport « rend clair que la gestion par la haute direction de l’incident allégué comporte une omission d’en avoir informé les propriétaires des Blackhawks, aussi bien ce qui était allégué et comment cela était traité. »

Bettman a ajouté qu’il ne porterait pas de jugement dans l’immédiat à propos de Quenneville et Cheveldayoff, et qu’il prévoit les rencontrer au sujet de leurs rôles dans cette affaire.

Hockey USA n’a pas immédiatement fait de commentaire sur le statut de Bowman, qui occupe la fonction de directeur général de l’équipe en prévision de Jeux olympiques d’hiver de 2022.

Troublantes allégations

Un ancien joueur a affirmé qu’Aldrich l’avait agressé et que l’équipe n’avait rien fait après avoir informé un employé. La poursuite, amorcée le 7 mai devant le tribunal du comté de Cook, allègue qu’Aldrich a également agressé un autre joueur des Blackhawks non identifié. L’ancien joueur qui a intenté une action en justice réclame plus de 150 000 $ de dommages et intérêts et il est identifié dans le document sous le nom de « John Doe ».

La poursuite de huit pages indique qu’Aldrich, alors entraîneur vidéo pour les Blackhawks, « a montré du porno et a commencé à se masturber devant » le joueur sans son consentement. Il indique qu’Aldrich a également menacé de lui nuire « physiquement, financièrement et émotionnellement » s’il « ne s’engageait pas dans une activité sexuelle » avec lui.

Selon TSN, deux joueurs des Blackhawks ont confié à l’instructeur des habiletés de l’époque, Paul Vincent, en mai 2010, le comportement inapproprié d’Aldrich. Vincent a révélé qu’il avait demandé au préparateur mental, James Gary, de faire le suivi auprès des joueurs et de la direction.

Vincent a été convoqué à une réunion avec Bowman, McDonough, MacIsaac et Gary le lendemain, rapporte TSN, et a déclaré qu’il avait demandé à l’équipe de signaler les allégations à la police de Chicago, une demande qui a été refusée.

À voir en vidéo