Le Canadien pris dans le piège des séries

Le Tricolore a commencé sa campagne en encaissant deux revers de suite pour une première fois depuis la saison 2000-2001.
Photo: La Presse canadienne Le Tricolore a commencé sa campagne en encaissant deux revers de suite pour une première fois depuis la saison 2000-2001.

La saison de hockey n’est vieille que de deux matchs, mais les membres du Canadien de Montréal reconnaissent que l’équipe n’a pas encore retrouvé son identité, celle qui lui a permis d’atteindre la finale de la Coupe Stanley l’été dernier.

Le Tricolore a commencé sa campagne en encaissant deux revers de suite pour une première fois depuis la saison 2000-2001. La défaite de 5-1 subie jeudi soir face aux Sabres de Buffalo — une des pires équipes de la LNH sur papier — a été une véritable claque au visage des joueurs.

« Chaque fois que vous perdez 5-1, c’est comme un coup dans le ventre, un signal comme quoi vous devez vous réveiller, a admis le défenseur Ben Chiarot. On peut faire beaucoup mieux. »

L’entraîneur-chef, Dominique Ducharme, avait affirmé le week-end dernier que ses joueurs savaient ce qu’ils devaient faire sur la patinoire, mais qu’il était temps de retrouver le bon état d’esprit.

« Nous sommes une équipe qui a besoin de 20 joueurs engagés dans notre style, notre structure, notre façon de faire, a réitéré Ducharme vendredi. Nous devons retourner à la base. Quand la recette est bonne, il ne faut pas la changer. »

Après la défaite, jeudi soir, Dominique Ducharme a encore une fois soutenu que sa troupe était tombée dans un piège après avoir connu du succès en séries. Il a affirmé qu’il avait beau avoir prévenu les joueurs de ce piège à maintes reprises, il fallait parfois vivre soi-même l’expérience pour bien comprendre la situation.

Chiarot a indiqué qu’il fallait un peu de temps en début de saison pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. « Nous devons être engagés à jouer de la bonne façon défensivement. C’est ce qui nous a permis d’avoir du succès en séries. Nous nous assurions que “Pricey” [Carey Price] pouvait voir la rondelle, a expliqué Chiarot en revenant sur l’identité de l’équipe. Tout le monde était sur la même longueur d’onde, et c’est ce vers quoi nous devons revenir. C’est un processus. »

Chaque fois que vous perdez 5-1, c’est comme un coup dans le ventre, un signal comme quoi vous devez vous réveiller.

De son côté, Ducharme a réfuté toutethéorie selon laquelle les joueurs avaient de la difficulté à intégrer son système de jeu, insistant sur le fait que tout est dans la préparation mentale.

« Regardez contre Toronto, nous avons donné quatre chances sur des changements, a-t-il noté. Si vous ne savez pas quand changer dans la LNH… c’est mental. Je peux penser à 15 séquences où nous avons été parfaits dans notre échec avant en zone neutre. Pourquoi n’avons-nous pas été parfaits lors de 15 autres ? Ça en prend beaucoup pour être constamment alerte. Mais dans cette ligue, la ligne est tellement mince entre la victoire et la défaite. Notre concentration doit être meilleure, notre état d’esprit doit être meilleur, notre engagement doit être meilleur pour que notre structure soit meilleure et notre jeu dans les batailles soit meilleur. »

« À Toronto, il y a un trio qui a été très bon. Quelques défenseurs ont été bons et Jake [Allen, le gardien] a été bon. Mais nous n’avons pas eu 20 joueurs qui ont joué un match solide, a ajouté Ducharme. Nous ne demandons pas aux joueurs d’être des superhéros. Nous voulons qu’ils soient solides, qu’ils soient bons. [Jeudi face aux Sabres,] ç’a été 0 sur 20. Vous ne pouvez pas avoir de succès de cette manière, et ça commence par l’état d’esprit. »

La bonne nouvelle est qu’il reste 80 matchs à la saison. Ducharme ne s’est d’ailleurs pas dit inquiet de l’état de la situation malgré ses commentaires acerbes au sujet des deux premiers matchs. « Si nous commencions déjà à ressentir de la pression, la saison serait très longue, a souligné Chiarot. Nous devons rester positifs et garder notre sang-froid. »

Le Canadien retrouvera ses partisans samedi, lors d’une joute les opposant aux Rangers de New York. Il n’y aura aucune restriction du nombre de spectateurs admis au Centre Bell, ce qui signifie qu’il y aura plus de 7500 personnes dans les gradins pour la première fois depuis le 10 mars 2020.

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