La jeune génération se taille une place à Indian Wells

La Britannique Emma Raducanu, 18 ans et issue des qualifications, a décroché aux Internationaux des États-Unis son premier Grand Chelem, en battant en finale la Canadienne de 19 ans Leylah Fernandez.
Photo: Clive Brunskill/Getty Images/AFP La Britannique Emma Raducanu, 18 ans et issue des qualifications, a décroché aux Internationaux des États-Unis son premier Grand Chelem, en battant en finale la Canadienne de 19 ans Leylah Fernandez.

Novak Djokovic, Roger Federer, Rafael Nadal, Dominic Thiem, Serena Williams, Naomi Osaka et Ashleigh Barty absents, le tournoi d’Indian Wells sera l’occasion pour la jeune génération, incarnée par Daniil Medvedev et Emma Raducanu, sacrés aux Internationaux des États-Unis, de confirmer sa mainmise sur le tennis mondial.

Le tournoi de catégorie Masters 1000, qui débute mercredi, a été reporté en raison de la pandémie de COVID-19, après avoir dû être annulé l’an passé. D’ordinaire, il est un rendez-vous incontournable du mois de mars, mais en cette fin de saison, entre le poids des ans chez certains et les vagues à l’âme chez d’autres, ce n’est pas le cas.

Si les forfaits de Federer, convalescent après une troisième opération au genou droit, de Nadal, qui soigne son pied gauche, et de Thiem, blessé à un poignet, étaient connus depuis plusieurs semaines, celui de Djokovic date de la semaine passée.

Le Serbe, no 1 mondial, ne souffre d’aucune blessure, mais a ressenti le besoin de souffler après un été très difficile pour les nerfs, durant lequel il a été stoppé en demi-finale des Jeux olympiques de Tokyo par Alexander Zverev, futur médaillé d’or, avant d’être battu en finale des Internationaux des États-Unis contre Medvedev, échouant à réaliser le Grand Chelem calendaire, exploit qui n’a pas été réalisé chez les messieurs depuis Rod Laver en 1969.

Medvedev favori

 

Sans ceux qui incarnaient le « Big Three » et qui se sont partagé depuis 2004 13 victoires à Indian Wells, 14 si on ajoute celle de Thiem en 2019, l’événement californien, considéré comme le cinquième tournoi majeur du circuit, perd un peu de sa superbe.

Mais pas de son intérêt. Car un mois après sa performance éclatante à Flushing Meadows, le Russe Medvedev (no 2) va devoir assumer son statut de favori s’il veut s’approcher de la première place mondiale. Or, celui qui briguera un cinquième Masters 1000 n’a jamais passé le troisième tour dans le désert californien.

Ses principaux rivaux seront Stefanos Tsitsipas (no 3) et Alexander Zverev (no 4), qui tenteront de se refaire un moral.

 

Le Grec est revanchard après des Internationaux des États-Unis difficiles, entre critiques pour ses longues pauses au vestiaire et élimination surprise au troisième tour contre le prodige espagnol Carlos Alcaraz.

L’Allemand, longtemps considéré comme l’homme en forme de l’été, avec ses victoires à Tokyo puis à Cincinnati, a fini par chuter en demi-finale à New York contre Djokovic, et fait surtout l’objet d’une enquête de la part de l’ATP, après des allégations de violence conjugale formulées par son ex-compagne.

Dans ce contexte, le Russe Andrey Rublev (no 5) et l’Italien Matteo Berretini (no 7) se verraient bien s’installer un peu plus dans les cimes du paysage actuel. Une ambition qui anime aussi Casper Ruud (no 10), sacré vainqueur dimanche à San Diego, sa cinquième victoire de l’année.

Le Norvégien de 22 ans incarne la fameuse « Next-Gen », qui a montré de quoi elle était capable aux Internationaux des États-Unis, à l’image du Canadien Félix Auger-Aliassime (21 ans), demi-finaliste, de la révélation Alcaraz (18 ans), quart-de-finaliste, ou encore de l’Italien Jannik Sinner (20 ans), qui a atteint les huitièmes de finale et qui vient de s’adjuger le tournoi de Sofia.

Clijsters, la revenante

 

Un vent de fraîcheur qui a soufflé encore plus fort chez les dames, puisque la Britannique Emma Raducanu, 18 ans et issue des qualifications, y avait décroché son premier Grand Chelem, en battant en finale la Canadienne de 19 ans Leylah Fernandez, elle aussi quasi inconnue jusque-là. Ces deux étoiles devront confirmer qu’elles ne sont pas filantes.

D’autant que le tableau sera encore plus ouvert : outre Serena Williams (no 41), blessée à une cuisse et pour laquelle l’incertitude plane pour la suite de sa carrière, Naomi Osaka (no 12) et Ashleigh Barty (no 1) ne seront pas en lice.

La première, en proie à des problèmes récurrents d’anxiété, fait une pause. La seconde également, après neuf mois loin de chez elle, en Australie. Autre absente de dernière minute, la Biélorusse (no 2) Aryna Sabalenka, qui a contracté la COVID-19.

« Roulez jeunesse ! » pourrait bien être le leitmotiv de cet Indian Wells, mais les organisateurs n’en ont pas moins pris la peine d’y ajouter une touche vintage en invitant la Belge Kim Clijsters, lauréate en 2003 et 2005, qui tente à 38 ans un énième retour.

Quatre Canadiens éliminés en qualifications

La Canadienne Rebecca Marino et ses compatriotes Brayden Schnur, Peter Polansky et Steven Diez ont été éliminés, mardi, lors des qualifications en vue du Tournoi de tennis d’Indian Wells. Marino a baissé pavillon contre la Polonaise Magdalena Frech qui l’a emporté en trois manches de 6-3, 4-6, 6-3 dans un match de deuxième ronde. De son côté, Schnur s’est incliné 4-6, 7-6 (5), 7-6 (7) contre Ivo Karlovic, un vétéran croate de 42 ans, dans un duel de premier tour. Plus tard mardi, également en première ronde, Polansky a eu beaucoup de difficultés à s’imposer à son service et a perdu en deux manches de 6-3, 6-3 contre le Néerlandais Botic Van De Zandschulp. Quant à Diez, il a abdiqué alors qu’il accusait un recul de 2-5 en première manche, dans un autre duel de premier tour, face à Mikhail Kukushkin, du Kazakhstan. Le Canada comptera trois représentants au tableau du simple masculin, soit le Montréalais Félix Auger-Aliassime, septième tête de série, et l’Ontarien Denis Shapovalov, classé neuvième. Le Britanno-Colombien Vasek Pospisil est aussi du nombre. Bianca Andreescu, championne en titre du tournoi après son triomphe en 2019, et la Québécoise Leylah Fernandez, se retrouvent au sein du tableau principal du simple féminin.


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