Pierre-Luc Dubois veut rebondir cette saison

«Le vrai Pierre-Luc Dubois est de retour», a-t-il résumé.
Photo: Rich Lam/Getty Images/AFP «Le vrai Pierre-Luc Dubois est de retour», a-t-il résumé.

Pierre-Luc Dubois s’est senti comme un imposteur. Contraint de composer avec plusieurs quarantaines, un conflit très médiatisé avec son ex-entraîneur, un échange très suivi, des blessures et la solitude, le joueur de centre des Jets de Winnipeg n’a jamais été à l’aise lors d’une campagne 2020-2021 en montagnes russes dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

Et Dubois sait très bien que certains considéreront ces explications comme des excuses. Mais c’est sa réalité lorsqu’il repense à une saison éprouvante qui l’a épuisé à la fois physiquement et mentalement. « Je ne me sentais pas moi-même, a-t-il expliqué. Je sais que ce n’est pas le vrai moi. C’est presque comme si je portais un masque. »

Maintenant reposé et revigoré après un été plus habituel, le troisième choix au repêchage 2016 de la LNH est convaincu que cette saison sera différente.

« Enfin, le masque est tombé, a ajouté Dubois lors de la tournée médiatique de la LNH / AJLNH la semaine dernière. Je suis de retour à mon état normal. »

Adversité

La route a toutefois été parsemée d’embûches. Après une contribution exceptionnelle avec les Blue Jackets de Columbus dans la bulle des séries éliminatoires de la LNH en 2020, Dubois a eu du mal à s’entraîner et à trouver du temps de glace chez lui à Montréal en raison des restrictions liées au coronavirus.

Il n’était pas dans sa forme physique habituelle à son retour en Ohio l’automne dernier pour poursuivre les préparatifs d’un calendrier abrégé avant de se retrouver en quarantaine lorsqu’une éclosion de COVID-19 a sévi dans le vestiaire des Blue Jackets.

Ayant déjà demandé à quitter Columbus, les choses ont ensuite dégénéré une fois la saison commencée lors d’un match de janvier lorsqu’il a été cloué au banc pendant plus de deux périodes par John Tortorella, qui a estimé que le joueur ne mettait pas toute l’ardeur voulue au travail.

Dubois a ensuite été échangé aux Jets en retour de Patrick Laine et de Jack Roslovic deux jours plus tard, lors d’un transfert qui a également vu les Jets obtenir un choix de troisième ronde en 2022.

Mais au lieu de sauter immédiatement sur la patinoire et d’apprendre à connaître ses nouveaux coéquipiers, il a plutôt dû se soumettre à une autre quarantaine de deux semaines — celle-là exigée par le gouvernement canadien — dans un hôtel de Winnipeg.

Et même à la fin de ces 14 jours de confinement, Dubois n’a pas été en mesure de s’intégrer vraiment à sa nouvelle équipe en raison des restrictions dues à la COVID-19.

Il n’y avait pas de dîners avec les coéquipiers, pas de sorties en groupe lors des voyages à l’étranger, pas de discussions autour d’une bière, pas de cris de la foule locale.

« C’est difficile quand on ne connaît pas les gens, a poursuivi le joueur de 24 ans. Comment communiquez-vous ? Comment leur dites-vous que vous voulez la rondelle ici ? C’était difficile. J’ai essayé de les connaître le plus possible à l’aréna, mais tout le monde a sa propre vie. »

« J’ai l’impression d’être [encore] nouveau… J’ai l’impression que les gars ne savent pas vraiment qui je suis. J’ai l’impression de ne pas vraiment connaître mes coéquipiers. »

Avec un salaire qui compte pour 5 millions de $US au plafond salarial cette saison et admissible au marché des joueurs autonomes avec compensation en juillet, Dubois a fini par terminer une saison au cours de laquelle il a été ralenti par une blessure avec huit buts et 20 points en 41 matchs avec les Jets après avoir marqué une fois en cinq matchs à Colombus.

L’attaquant de six pieds deux pouces et 205 livres a ajouté trois mentions d’aide en sept matchs éliminatoires, alors que les Jets ont balayé les Oilers d’Edmonton avant d’être éliminés en quatre matchs consécutifs par le Canadien de Montréal.

« Tu es évidemment déçu parce que tu ne sais jamais quand tu peux gagner une Coupe Stanley, a confié Dubois. Une semaine plus tard, je me suis dit : “OK, je peux enfin réinitialiser”. »

« C’est difficile de remettre tout à zéro au milieu d’une saison. »

Mais l’athlète, qui a réussi un sommet en carrière de 27 buts, 34 passes et 61 points en 2018-2019, pense qu’il est maintenant là.

« Je me sens comme le vrai Pierre-Luc Dubois et non comme le gars qui est préoccupé de se remettre en forme, préoccupé de s’intégrer, a ajouté le natif de Sainte-Agathe-des-Monts. Beaucoup de ces choses que je n’avais jamais vécues dans ma vie, tout s’est passé en même temps. Dire que je suis excité serait un euphémisme. »

Confiance de l’entraîneur

Et cela est de bon augure pour les Jets et l’entraîneur-chef Paul Maurice, impressionné lorsqu’on lui a dit que Dubois était prêt à assumer la responsabilité de ce qui s’est passé la saison dernière, au moment où l’équipe s’apprête à entreprendre son camp d’entraînement, mercredi.

« Cela demande beaucoup de courage à un jeune homme, a-t-il dit. C’est tellement rare qu’on trouve des gens qui veulent prendre la responsabilité des choses qui ne se sont pas bien passées. »

Maurice se dit également encouragé par un joueur qui n’a pas encore atteint tout son potentiel, lui qui entame sa cinquième campagne dans la LNH.

« J’ai pleinement confiance en ce jeune homme, a avancé Maurice, qui s’apprête à entamer sa 24e saison comme entraîneur-chef dans la LNH, et sa 9e à Winnipeg. Lors de notre rencontre à la fin de la dernière saison [en juin], je savais exactement ce qu’il ressentait à propos de son année. Il avait une très bonne compréhension de la situation. Beaucoup de gens peuvent parler, mais le plus important pour moi, c’est lorsque notre entraîneur du conditionnement physique revient et dit : “Oh, mon Dieu, il a fière allure”. Vous ne pouvez pas faire semblant. »

Dubois totalise 74 buts et 179 points en 280 matchs dans la LNH avec huit buts et 14 aides en 33 matchs éliminatoires, y compris cette performance de 10 points en 10 matchs dans la bulle estivale en 2020.

Après avoir traversé sa saison la plus difficile à ce jour, Dubois se sent à nouveau comme ce joueur. « Le vrai Pierre-Luc Dubois est de retour », a-t-il résumé.

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