Guhle prêt à faire le saut chez les professionnels?

L’an dernier, Kaiden Guhle n’a disputé que deux matchs avec son club junior, les Raiders de Prince Albert, et trois autres avec le club-école du Canadien, le Rocket de Laval.
Photo: Peter Power La Presse canadienne L’an dernier, Kaiden Guhle n’a disputé que deux matchs avec son club junior, les Raiders de Prince Albert, et trois autres avec le club-école du Canadien, le Rocket de Laval.

L’évaluation des espoirs du Canadien de Montréal n’aura pas été sans son lot de défis cette année. L’état-major de l’organisation montréalaise ne cesse de le répéter depuis le début du camp des recrues plus tôt cette semaine : nous vivons une période très étrange, provoquée par la pandémie de coronavirus.

Mais le défenseur Kaiden Guhle, un premier choix, 16e au total, du CH lors du repêchage de la LNH en 2020, n’a pas ménagé ses efforts pour se démarquer. L’Albertain a certes le physique de l’emploi, à 6 pieds, 3 pouces et 203 livres à 19 ans seulement. Il s’est également démarqué l’hiver dernier avec le Canada pendant le Championnat du monde de hockey junior. Mais voilà.

L’an dernier, il n’a disputé que deux matchs avec son club junior, les Raiders de Prince Albert, et trois autres avec le club-école du Canadien, le Rocket de Laval. En plus d’avoir été blessé à une main — une blessure qui a nécessité plusieurs semaines de rééducation. Pas exactement l’idéal pour préparer un jeune à jouer pendant 82 parties contre des hommes.

Mais comme l’a répété à plusieurs reprises Rob Ramage, le directeur du développement des joueurs du Canadien au début du camp, Guhle n’est pas le seul dans cette position. Et ce n’est peut-être pas aussi grave qu’on le croit.

« Nous verrons. Je me suis rendu à London il y a quelques semaines, et ils ont les mêmes problèmes, remarque Rob Ramage. Les jeunes n’ont pas joué l’an dernier ; ils cherchaient un étang où patiner. Concernant Kaiden, il se comporte comme un professionnel, donc il sera prêt. Mais il y aura de la rouille, c’est certain, comme bien des jeunes joueurs au camp ».

Même si l’échantillon est encore mince, le capitaine des Raiders a admis plus tôt cette semaine avoir remarqué un fossé énorme entre les rangs juniors et professionnels.

« Le rythme du jeu était beaucoup plus élevé chez le Rocket l’an dernier. Ces joueurs sont gros et rapides, et ils te font payer tes erreurs. Ici, j’essaierai donc de miser sur cette expérience et de les limiter [les erreurs] », a-t-il confié.

« Ils m’ont dit l’an dernier de limiter le temps que je mets pour manier la rondelle. C’est là-dessus que j’ai essayé de travailler pendant mon passage à Laval l’an dernier. C’est le genre de détail que je devrai améliorer », a poursuivi Guhle, en ajoutant qu’il effectuait des exercices spécifiques à ce sujet pendant les entraînements avec son club junior.

Et c’est ce qu’il a mis en pratique lors du premier match des recrues du Canadien, dans une défaite de 4-3 contre les Sénateurs d’Ottawa samedi soir. Malgré le résultat final, l’entraîneur-chef du Rocket, Jean-François Houle, a semblé satisfait de sa performance.

« Il a un bon coup de patin. Il a effectué quelques bonnes montées avec la rondelle aujourd’hui. Il a décoché quelques bons tirs. Mais nous ne nous sommes pas suffisamment regroupés aujourd’hui, et ç’a été difficile à ce chapitre-là pour tous les défenseurs. Nos attaquants doivent revenir et offrir des options de passe à nos défenseurs. Cela dit, de manière générale, il a connu un bon match », a noté Houle.

William Trudeau, qui a joué sporadiquement en sa compagnie sur la deuxième vague de supériorité numérique samedi, n’a pas tari d’éloges envers son coéquipier.

« C’est un excellent défenseur, on le voit dans les entraînements et sur la glace aujourd’hui. C’est toujours très difficile de le déjouer ; la rondelle peut passer, mais pas le joueur. C’est un bon patineur, et il fait une bonne première passe », a noté Trudeau.

Guhle a ainsi laissé une bonne première impression, tant auprès de la direction que de ses coéquipiers.

Il s’agira maintenant de déterminer s’il peut maintenir le rythme, tout en corrigeant ses petites lacunes, afin d’obtenir son billet pour le camp officiel du Canadien. Sinon, il pourra toujours retourner chez les Raiders. Le principal intéressé, plutôt discret, a toutefois refusé de s’avancer à ce sujet.

« C’est difficile à dire. Il y a tant de bons joueurs ici. Tout ce que je peux faire, c’est me concentrer sur mon jeu et être intense sur la patinoire », a-t-il conclu, modestement.

 

À voir en vidéo