Rivard est prête pour les gradins vides de Tokyo

Les Jeux paralympiques de Tokyo pourraient être les derniers de Rivard, qui envisage de prendre une pause après l’événement pour songer à son avenir immédiat.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les Jeux paralympiques de Tokyo pourraient être les derniers de Rivard, qui envisage de prendre une pause après l’événement pour songer à son avenir immédiat.

Aurélie Rivard a appris à nager sans partisans dans les gradins pour l’encourager.

L’étoile paralympique peut puiser dans ses ressources pour générer cette poussée d’adrénaline avant les courses.

Les organisateurs ont annoncé lundi que les Jeux paralympiques de Tokyo seront présentés devant des gradins vides en raison de la pandémie de COVID-19, comme ce fut le cas lors des récents Jeux olympiques.

 

Rivard n’est pas dérangée par le fait qu’il n’y aura personne pour la voir plonger dans l’eau du centre aquatique tout près de la baie de Tokyo. Elle est simplement heureuse d’avoir des rivales dans les couloirs autour d’elle, après 18 longs mois sans compétition.

« Au début, l’idée de ne pas avoir de poussée d’adrénaline grâce à la foule m’agaçait, a reconnu Rivard. Mais d’un autre côté, ça fait un an que je dois me motiver sans l’appui d’aide extérieure.

« Je pense donc que nous sommes habituées à la situation. Pour moi, le simple fait de retrouver mes rivales et une bonne chose, parce que je n’en ai pas eu depuis près de deux ans. »

La nageuse âgée de 25 ans, originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu, a été porte-drapeau du Canada après avoir gagné trois médailles d’or aux Jeux paralympiques de Rio, il y a cinq ans. Elle avait également gagné une médaille d’argent cette année-là, après avoir décroché une médaille d’argent à ses premiers jeux, à Londres en 2012 quand elle était âgée de 16 ans seulement.

Les Jeux paralympiques de Tokyo pourraient être les derniers de Rivard. Elle prévoit prendre une pause après l’événement pour songer à son avenir immédiat.

Puisque Rivard n’a pas participé à une seule compétition depuis le début de la pandémie, elle ne sait pas à quoi s’attendre à Tokyo.

Elle admet toutefois avoir été inspirée par ce qu’elle a vu lors des Jeux olympiques, qui ont pris fin le 8 août. Pendant longtemps, Rivard a douté de la présentation des Paralympiques.

« Pour une fois, j’étais vraiment heureuse que les Paralympiques soient après les Olympiques », a dit Rivard lors d’un camp de l’équipe de natation à Vancouver avant de prendre l’avion vers Tokyo mardi. « Personne ne savait à quoi s’attendre. Encore moins nous. Beaucoup de personnes suggéraient que si un événement était annulé, ce serait les Paralympiques. Si quelque chose se passait durant les Olympiques, les Paralympiques seraient annulés puisqu’ils génèrent moins d’argent, notamment grâce à la télévision. »

« Ça ne tenait à pas grand-chose tout au long de l’année. »

Les athlètes canadiens ont surmonté des mois d’obstacles liés à la pandémie de COVID-19 pour finalement amasser 24 médailles aux Olympiques de Tokyo. Six de ces médailles ont été gagnées par l’équipe de natation.

« De voir les nageuses canadiennes livrer de telles performances malgré l’incertitude tout au long de l’année, ça nous offre un certain réconfort, a dit Rivard. Ça nous donne confiance. Si elles l’ont fait, nous pouvons le faire aussi. »

Malgré tout, Rivard n’a pas d’objectif précis en tête pour Tokyo. Il est trop difficile de faire des projections puisqu’elle n’a pas affronté ses adversaires depuis le début de la pandémie. Elle croit toutefois que les temps qu’elle espère inscrire seront suffisants pour monter sur le podium et peut-être fracasser des records mondiaux.

Rivard participera à cinq épreuves individuelles et un relais lors des Jeux paralympiques, qui auront lieu du 24 août au 5 septembre.

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